La directive DAC8 (dite de coopération administrative dans le domaine fiscal), transposée en France par l’article 54 de la loi de finances 2025, marque un tournant radical pour les investisseurs crypto. Si vous ne connaissiez pas son existence, elle va très vite s’imposer à vous. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les prestataires de services sur crypto doivent rapporter annuellement à la DGFiP l’identité des clients, mais aussi l’intégralité de leurs échanges, soldes et transactions réalisées.
Cette mesure entend supprimer la fraude et les oublis déclaratifs en automatisant les flux d’informations entre les différentes administrations fiscales européennes. Car le projet ne se limite pas seulement à la France, mais il concerne bien toute l’Europe, et notamment certaines destinations privilégiées des amateurs d’optimisation fiscale, comme Malte ou Chypre.
Qu’est-ce qui va changer pour vous ?
Les Français détenteurs de cryptos avaient déjà l’obligation de signaler leurs comptes crypto via le formulaire 3916-bis, sous peine de 750€ d’amende par omission. La directive DAC8 élève le jeu : les plateformes transmettront directement les informations afin de permettre permettant des redressements précis sur plus-values. À cela s’ajoutent des sanctions plus lourdes : 15€ par transaction manquante (plafond 2 millions annuels), jusqu’à 50 000€ pour manquement, et interdiction d’opérer après deux rappels.
Tous les résidents fiscaux français avec un compte crypto européen ou étranger entrent dans le radar, même si ces derniers sont actuellement non imposables. C’est le moment de vous préparer : conservez historiques CSV, simulez vos plus-values, et déclarez de manière proactive, sous peine de subir un douloureux redressement. À noter que seules les transactions effectuées à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 seront transmises au fisc, avec un premier exercice de déclaration qui aura lieu au plus tard le 30 septembre 2027. Vous avez donc un peu de temps avant de devoir passer à la caisse, mais serez imposés dès le mois prochain.
Faut-il déclarer dès le premier euro ?
En France, les cryptomonnaies ne passent pas entre les mailles du filet fiscal : chaque année, il faut déclarer tous les achats effectués avec des cryptos, que ce soit pour régler un service ou un bien. Mais bonne nouvelle pour les petits portefeuilles : si le total de ces paiements en cryptos reste en dessous de 305€ par an, vous échappez complètement à la “flat tax” de 30% – ce prélèvement forfaitaire unique (PFU) qui s’applique sur la somme des plus-values réalisées lors des cessions. Cette exonération s’entend sur l’ensemble des ventes annuelles, même si une plus-value est dégagée : pas d’impôt tant que ce seuil n’est pas franchi.
Au-delà, la flat tax entre en piste à 30% (12,8% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux), calculée sur les gains nets après compensation des moins-values. Depuis 2023, les investisseurs occasionnels peuvent même choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu si leur tranche marginale est basse, pour potentiellement payer moins. Attention, les comptes sur les plateformes d’échange doivent aussi être déclarés annuellement, via un formulaire dédié.
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