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Vous n’avez jamais vu Mars comme ça : la NASA dévoile 100 000 images spectaculaires de la planète rouge (vidéo)

Mars est peut-être un vaste désert stérile, mais cela ne l’empêche pas d’être splendide lorsqu’elle est photographiée avec les bons instruments.

Mars est sans doute la planète la plus photographiée du Système solaire : depuis 20 ans, une sonde de la NASA orbite sans relâche autour d’elle, photographiant sa surface dans les moindres détails. Cette sonde, c’est Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), et son œil principal s’appelle HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment), une caméra surpuissante de 65 kg.

L’aventure de MRO, cette semaine, a franchi un cap hautement symbolique. La 100 000ème image capturée par HiRISE, choisie à partir d’une suggestion d’un lycéen via une plateforme ouverte aux citoyens, a été dévoilée avec une rétrospective des vingt dernières années d’observation. Les clichés sont à couper le souffle (voir vidéo sur le post X du compte NASA Mars ci-dessous) et font de Mars « une planète plus familière et accessible à tous », selon les mots de Shane Byrne, responsable scientifique de HiRISE.

HiRISE : voir Mars autrement

Avant que MRO ne soit envoyée vers Mars en 2005, on ne disposait d’aucun instrument pour observer la planète avec une définition si élevée. HiRISE peut presque tout voir : du plus petit rocher mesurant à peine un mètre aux gigantesques dunes, les cratères parsemant la planète, les traces d’avalanches, des petits dépôts de glace. On compte aussi sur elle pour repérer des futurs sites d’atterrissage potentiels quand l’humanité sera prête à poser le pied pour la première fois à la surface de la planète.

La 100 000ème image a été capturée au mois d’octobre dernier au-dessus de Syrtis Major, une région volcanique située à environ 80 kilomètres du cratère Jezero, qu’explore actuellement le rover Perseverance. Cette zone présente une topographie très particulière, dominée par des mesas, des plateaux rocheux aux sommets plats, vestiges d’anciennes surfaces progressivement découpées par l’érosion.

À travers leurs parois abruptes s’engouffrent les vents martiens, qui arrachent les particules les plus fines de sable aux surfaces voisines, puis les déposent dans les zones de moindre énergie, où elles finissent par former des dunes.

Les chercheurs s’intéressent à l’origine de ces sables transportés par le vent, car ils sont de formidables témoins de l’évolution de la planète. « HiRISE ne nous a pas seulement montré à quel point la surface martienne est différente de celle de la Terre, elle nous a aussi révélé comment elle change avec le temps », explique Leslie Tamppari, scientifique du projet MRO.

Si Mars ne nous apparaît pas avec son rouge flamboyant habituel sur ces clichés, c’est parce que la caméra HiRISE travaille avec des bandes infrarouges pour révéler la diversité géologique du sol martien (réseaux fluviaux, deltas de cratères, calottes polaires, zones régolithiques, etc.). Un traitement qui la fait, par conséquent, apparaître avec de splendides et multiples couleurs qui flattent la rétine.

Puisqu’une bonne nouvelle ne vient jamais seule : les réserves de carburant de la sonde MRO sont encore suffisantes pour qu’elle poursuive sa mission jusqu’au milieu des années 2030. De quoi nous offrir encore quelques dizaines de milliers de clichés de ce genre, qui servent aussi de base de travail pour les équipes de scientifiques. En effet, ils sont une véritable mine d’or pour la recherche et sans eux, une très grande partie de l’exploration martienne se ferait à l’aveugle, HiRISE étant l’outil de référence pour suivre les processus géomorphologiques actifs à la surface de Mars. Tout le monde est gagnant dans l’histoire : la NASA qui documente Mars très fidèlement et les fans de l’espace qui peuvent, au passage, se rincer les yeux !

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