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Une raquette Tesla vendue à 350 dollars : doit-on en rire ou pleurer ?

Quitte à frôler le ridicule, autant lui mettre une bonne grosse fessée : quoi de mieux pour ça qu’une raquette ? Tesla se met au sport, mais, comme toujours, elle le fait à sa manière.

Après la bière, le sifflet, le quad électrique pour enfants, le mug « CyberStein », Tesla se lance dans la vente d’équipements sportifs avec sa première raquette de pickleball. Si ce sport ne vous dit rien, rassurez-vous, c’est normal, vous êtes simplement… Français. Le pickleball est un sport hybride né aux USA dans les années 1960, qui mélange tennis, badminton et ping-pong. On y joue sur un terrain plus petit qu’un court de tennis, avec une balle en plastique perforée et des raquettes pleines, sans cordage.

Adorée dans les centres de loisirs et les maisons de retraite, cette discipline est devenue récemment un phénomène culturel outre-Atlantique. Tom Brady, LeBron James adorent s’y adonner, comme un certain… Elon Musk, qui annonçait en 2023, avec son assurance habituelle, que le pickleball allait supplanter le tennis. C’est donc sur ce terrain (sans mauvais jeu de mot) que Tesla a décidé de mettre un pied, en proposant une raquette estampillée de son logo à 350 dollars. La voiture à 25 000 dollars attendra encore un peu !

Un partenariat sérieux pour un produit qui ne l’est pas du tout

Tesla s’est donc alliée à Selkirk Sport, l’un des fabricants les plus connus du secteur pour développer sa raquette, qu’elle présente évidemment comme un produit « premium », conçu pour améliorer la vitesse de frappe et être plus résistante. Pour y parvenir, les équipes auraient usé des mêmes tecnhiques que pour designer les voitures du constructeur : modélisation aérodynamique, calcul du coefficient de traînée, analyse des turbulences générées lors du mouvement, tout cela, en soufflerie. Du flex d’ingénieur pur et dur.

La raquette est esthétiquement réussie, il faut le dire : pas de cadre qui dépasse, du carbone de partout, un design plutôt futuriste et au centre un « power ring », censé réduire les vibrations lors des frappes.

Le problème, c’est son prix : une raquette haut de gamme de pickleball coûte généralement moins de 150 dollars. Même la raquette de tennis de Novak Djokovic (Head Speed Pro) se vend autour de 299 dollars. Ici, Tesla demande 350 dollars pour un sport qui, par essence, s’est popularisé parce qu’il est simple et bon marché.

Tom Barnes, directeur de la recherche et développement chez Selkirk, assume totalement cette démarche : « Ce projet est personnel pour moi. Ce qui a commencé comme une idée amusante entre amis est devenu une véritable collaboration avec leurs équipes de design et d’aérodynamique ».

On parle tout de même d’un sport où la balle est littéralement percée de dizaines de trous, vu qu’elle est spécialement conçue pour être lente. On peut mettre tout le génie de la NASA dans une raquette, la balle aura toujours la traînée aérodynamique d’un parachute ouvert dans un ouragan ; c’est d’une absurdité sans nom. Mais bon, on imagine bien qu’il fallait un peu justifier son prix stupidement élevé et la décorer d’un soupçon de vocabulaire scientifique pour la rendre présentable. Vivement le set de boules de pétanque SpaceX vendu à 1 000 dollars !

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