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Fallout : voici pourquoi la saison 2 refuse d’adapter New Vegas

Geneva Robertson-Dworet, showrunneuse de la série Fallout, nous dévoile en quoi adapter New Vegas était un trop gros risque.

Adapter un jeu vidéo en série est déjà un exercice périlleux, mais quand il s’agit d’adapter Fallout New Vegas, cela relève presque du numéro d’équilibriste. C’est bien pour ça que les showrunners de la série ont décidé de ne pas le faire, et ce pour une bonne raison.

Plus que pour beaucoup d’autres jeux, cet épisode culte repose sur la promesse fondamentale de laisser le joueur décider de tout. De ses alliances, à ses valeurs, en passant par la fin de l’aventure. Une liberté totale qui a nourri, pendant plus d’une décennie, une communauté passionnée, parfois très attachée à sa version de l’histoire.

À chaque joueur sa vérité

C’est précisément ce point que Geneva Robertson-Dworet, co-showrunneuse de la série Fallout, a évoqué en interview lorsqu’on l’a interrogée sur la difficulté d’aborder la saison 2, située après les événements de Fallout New Vegas. Sa réponse est limpide :

Nous n’avons jamais voulu faire une adaptation directe d’un jeu, car nous estimions que cela ne serait pas honnête, car mon expérience de jeu est différente de la vôtre.”

Adapter une seule des trajectoires reviendrait donc à en invalider des milliers d’autres. Plutôt que de trancher, l’équipe créative a fait un pas de côté. La série se déroule environ quinze ans après les événements de Fallout New Vegas. La showrunneuse nous explique comment, en avançant la chronologie, la série se libère de l’obligation de figer une fin canon.

Le temps a passé et, par conséquent, rien n’est jamais statique dans les Terres Désolées. Il y a des tribus en guerre, des factions rivales qui se disputent constamment le pouvoir, s’approprient les régions les unes des autres, s’entretuent. Il y a donc des bouleversements constants. Nous avons donc essayé d’imaginer un avenir qui se situerait environ 15 ans après les jeux, et qui, espérons-le, ne contredirait pas l’expérience d’un trop grand nombre de joueurs.

L’histoire est écrite par les vainqueurs

C’est là qu’intervient ce que Geneva décrit comme une approche “fog of war“, littéralement un brouillard de guerre narratif. Dans cet univers, il n’existe pas de vérité historique objective. Chaque groupe, chaque survivant, chaque faction possède sa propre version des faits. Une manière élégante de respecter l’esprit du jeu, où l’information est souvent biaisée et profondément politique.

Forcément, certains éléments diffèrent de ce dont les joueurs se souviennent de leur partie. Mais là encore, rien n’est laissé au hasard. Ces changements sont pensés comme des indices narratifs, des traces d’événements passés que la série invite à interpréter. Ce que l’on voit à l’écran n’efface pas l’expérience des joueurs, elle la prolonge. Elle déclare :

J’espère que, lorsque nous avons apporté des changements par rapport à ce dont les joueurs se souviennent de la fin de leur partie de Fallout New Vegas, ils comprennent que nous espérons suggérer une histoire à travers ces différences, afin qu’elles aient un sens. […] Et j’espère que les fans ont le sentiment que nous avons fait des choix amusants partout où nous le pouvions.”

En choisissant cette voie, Fallout saison 2 ne cherche donc pas à plaire à tout le monde en imposant une réponse définitive et contourne le souci de la fin ouverte. Avec brio ? Pour répondre à cette question, il faudra attendre d’avoir plus d’épisodes à visionner sur Prime Video, car c’est sur la durée que la saison 2 confirmera son succès.

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