Une des meilleures séries de 2024 fait son retour demain avec une nouvelle salve d’épisodes particulièrement attendue. La première saison avait su séduire les fans du jeu vidéo, mais aussi les spectateurs néophytes, en témoignent les chiffres spectaculaires partagés par Amazon. Fallout revient avec une saison 2 qui change sensiblement d’échelle et d’ambition, alors que ses personnages se déplacent vers Las Vegas en quête de réponses.
Hank, le père de Lucy qui s’avère être un employé de Vault-Tec dont le but était de contrôler les habitants des abris, est en fuite après que sa véritable identité ait été révélée à sa fille. Cette dernière fait équipe avec la Goule, qui en sait plus sur le monde d’avant-guerre que n’importe qui d’autre, et qui espère retrouver sa famille 200 ans après leur disparition. De l’autre côté, le membre de la Confrérie d’Acier Maximus est vu comme un héros par ses pairs malgré des débuts difficiles.
Nous avons pu visionner les trois premiers épisodes de la saison 2 de Fallout, et une chose est sûre, la tension monte d’un cran. Si on ne peut pas se faire un avis définitif sur le reste de la série, ces chapitres nous donnent à voir le ton adopté par les showrunners pour cette adaptation inédite qui se veut également canonique. Un départ sur les chapeaux de roues pour Fallout saison 2 ? Critique.
Comme dans un road movie
Comme pour la première saison, chacun des personnages suit un objectif bien précis ce qui donne une dynamique particulière à la série. La saison 2 se concentre davantage sur l’éclatement des récits après avoir tenté de les faire converger. Au cours des trois premiers épisodes, plusieurs bases narratives prennent place, dont certaines sont totalement inédites. L’arrivée de nouveaux personnages, et l’exploration plus en profondeur de certains autres laissés de côté jusqu’à présent, renforce un peu plus la richesse de l’univers qui n’a de cesse de s’étendre.

L’action n’est plus cloisonnée par les abris et Fallout s’ouvre pleinement sur le désert du Mojave, avec une trajectoire claire en ligne de mire : la ville de New Vegas. Cet endroit est à la fois symbolique et prometteur tant il regorge de choses à explorer. Ce déplacement géographique donne à la série une respiration bienvenue. Les Terres Désolées ne sont plus un simple décor hostile, mais deviennent un véritable espace politique, idéologique et moral, traversé par des personnages et factions aux intérêts divergents.
Ce cadre plus ouvert permet aux personnages d’exister autrement. La série profite de cette liberté pour s’attarder davantage sur leurs motivations personnelles, leurs contradictions et leurs zones d’ombre. Là où la saison 1 n’avait fait qu’effleurer les conflits internes et les objectifs profonds de ses protagonistes, cette saison 2 se montre beaucoup plus insistante sur ces points. Chaque trajectoire individuelle vient désormais nourrir un enjeu plus large, presque systémique, propre à l’univers de Fallout.
Au cœur de la politique de Fallout
Ce choix narratif ne sera pas du goût de tout le monde. D’aucuns pourront reprocher à la série de laisser l’action régulièrement céder la place au dialogue et aux réflexions politiques. Fallout assume ici une dimension plus contemplative, parfois même plus bavarde, qui tranche avec l’énergie brute de certains épisodes de la première saison où tout n’était que découverte. Cette dynamique devra d’ailleurs être évaluée sur l’ensemble des huit épisodes, tant l’équilibre entre action et réflexion varie d’un chapitre à l’autre.

L’évolution des personnages, en revanche, gagne en cohérence. Les arcs narratifs sont mieux équilibrés et plus lisibles, et on prend un réel plaisir à suivre le cheminement de chacun. En contrepartie, les récits se croisent moins qu’auparavant. La saison 2 préfère creuser des trajectoires parallèles plutôt que de les entremêler constamment, ce qui renforce l’attachement aux personnages, mais peut aussi donner l’impression d’un monde un peu plus fragmenté.
Ce sentiment est accentué par le format de diffusion hebdomadaire, qui ne semble pas toujours parfaitement adapté à la structure des épisodes. Certains personnages disparaissent presque totalement d’un chapitre à l’autre, tandis que d’autres monopolisent l’écran pendant de longues séquences.
Le temps d’écran devient parfois déséquilibré, et l’attente entre deux épisodes pourra certainement accentuer cette impression de manque, là où un visionnage en continu gommerait sans doute ces failles. Mais seul le temps pourra réellement confirmer ou infirmer cet aspect.
On en veut encore plus
Reste que Fallout n’oublie jamais ce qui fait son identité. L’humour est toujours présent, savamment dosé et surtout surgissant là où on ne l’attend pas. Mais il s’accompagne désormais d’une profondeur nouvelle, interrogeant plus frontalement ce qui relève du bien, du mal, et surtout de tout ce qui se situe entre les deux.
Les certitudes morales ne sont pas acquises tandis que les idéaux se confrontent à la réalité du monde, et chaque choix semble porter un poids plus lourd que jamais. L’enjeu est nettement renforcé dans cette deuxième saison qui s’annonce d’ores et déjà riche en rebondissements.

Avec ces nouveaux épisodes, Fallout confirme qu’elle ne se contente pas d’être une adaptation réussie. Elle s’affirme comme une série à part entière, et ce qu’on a pu en voir nous conforte dans l’idée que de grandes choses arrivent pour tous les personnages. Là où la saison 1 a pris le soin de bâtir un microcosme avec ses propres lois, ses règles, ses entités, la saison 2 lui donne la liberté d’exister par lui-même et c’est toute la magie de l’écriture des personnages qui prend vie.
S’il fallait tirer une conclusion de ce début de saison, ce serait sans doute que Fallout est aujourd’hui l’une des adaptations vidéoludiques les plus réussies précisément parce qu’elle refuse d’en être une au sens littéral. Les showrunner ont très vite compris que l’univers des jeux avaient plus à offrir que ce que ces derniers ont déjà raconté. La série ne cherche donc jamais à rejouer plan par plan l’expérience originelle et c’est une réussite.
C’est là que le savoir-faire de Jonathan Nolan et de ses équipes fait toute la différence. Comme dans Westworld, Fallout repose sur une écriture d’ensemble, parfois exigeante, où chaque trajectoire individuelle vient nourrir un récit plus vaste sur des notions presque philosophiques.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.