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Spotify, Mistral, Publicis, Capgemini, Siemens… Les États-Unis menacent plusieurs grandes entreprises européennes

Les États-Unis n’ont plus envie de prendre des pincettes avec l’Union européenne. Accusant Bruxelles de s’acharner sur les géants américains de la tech, l’administration Trump menace désormais de riposter en ciblant, à son tour, des entreprises européennes. Une sortie musclée qui tombe au plus mauvais moment dans des relations transatlantiques déjà bien froissées.

Tout est parti d’un message publié en début de semaine par le bureau du représentant américain au commerce (USTR). Un texte au ton inhabituellement sec, dans lequel Washington reproche à l’Union européenne et à certains de ses États membres de multiplier les « poursuites, taxes, amendes et directives » à l’encontre des entreprises américaines de la tech. Selon les autorités américaines, cette politique serait à la fois « discriminatoire » et « harcelante ».

La régulation est un sujet de friction

Les griefs ne sont pas nouveaux. Les États-Unis dénoncent depuis des années le zèle réglementaire européen, notamment à travers les enquêtes visant Google, X/Twitter, Amazon ou Meta. Mais cette fois, la patience est au bout du rouleau. L’USTR affirme avoir soulevé ces problèmes à plusieurs reprises « sans engagement significatif » de la part de Bruxelles, tout en rappelant que les entreprises européennes bénéficieraient, elles, d’un accès sans entrave au marché américain.

Conséquence directe : Washington brandit désormais la menace de représailles. « Tous les outils » seraient sur la table, y compris des taxes spécifiques ou des restrictions visant les sociétés de services. Plus surprenant encore, le communiqué cite noir sur blanc plusieurs groupes européens susceptibles d’être concernés : Accenture, DHL, Mistral, SAP, Siemens ou encore Spotify. Une liste qui donne soudainement un visage très concret à ce bras de fer commercial.

Du côté de la Commission européenne, la réponse se veut ferme mais mesurée. « Nos règles s’appliquent de manière égale et équitable à toutes les entreprises opérant dans l’Union européenne », a rappelé Thomas Regnier, porte-parole de l’exécutif européen. Bruxelles insiste sur le caractère non discriminatoire de son arsenal juridique et assure vouloir continuer à dialoguer avec Washington dans le cadre des discussions commerciales en cours.

Il est vrai que l’Union européenne a récemment laissé entendre qu’elle pourrait alléger certaines contraintes pour soutenir la croissance et encourager le développement de l’intelligence artificielle. Mais sur les grands textes encadrant les plateformes numériques, la concurrence ou la modération des contenus, la ligne reste inchangée. Des sujets particulièrement sensibles aux États-Unis, où ces règles sont souvent perçues comme des obstacles déguisés.

Les tensions se sont encore accentuées après l’amende de 120 millions d’euros infligée à X pour non-respect des règles de transparence. Une autre enquête est en cours et pourrait déboucher sur de nouvelles sanctions. « L’Europe doit être très prudente », a lancé Donald Trump la semaine dernière, ajoutant sa touche personnelle à un dossier déjà hautement inflammable.

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