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Citadel saison 2 : l’échec est-il inévitable ?

Citadel, ça vous parle ? L’une des séries les plus chères jamais produites, menée par les frères Russo (les gars d’Avengers), qui a connu un joli succès sur Prime Video. Malgré les feux au vert, la saison 2 débarque aujourd’hui sur la plateforme avec l’envie d’avoir envie, mais surtout la nécessité.

Le problème d’ingurgiter des séries ou des films de plateformes encore et encore et encore, c’est que par ricochet, ils sont tout aussi nombreux à passer directement par le côlon une fois digérés. Et ce, peu importe la qualité du plat. Bien que l’absence de certains noms dans nos mémoires sous-entend, néanmoins, que l’expérience gustative n’était pas fofolle.

Prime vidéo abo

Voilà comment on se sent lorsqu’on démarre cette seconde saison de Citadel sur Prime Video. On n’a strictement aucun souvenir, ou si peu, de la première, apparue en 2023. Au point où on s’est revisionnés le dernier épisode de jadis la saison 1 pour remettre les pendules à l’heure.

En coulisses, on se serre les fesses

Certes, sur l’échelle de certaines productions, trois ans ce n’est rien. Toutefois, il faut remettre la Citadel au milieu du village. En 2023, les Russo sont les Duffer de Prime Video en mettant la main à la poche et en partie derrière la caméra pour le plus gros projet jamais conçu par la plateforme de streaming. Un budget de 300 millions, soit le plus élevé avec Les Anneaux de Pouvoir et un succès public malgré des critiques mitigées. Aujourd’hui encore, la série reste l’une des plus visionnées de Prime Video, même si le service d’Amazon s’est bien gardé de partager des chiffres.

Citadel saison 2 : l'échec est-il inévitable ?
© Prime Video

L’ambition est affichée : faire de Citadel le point d’ancrage d’un univers étendu qui ne tarde pas à éclore. D’abord Citadel : Diana en Italie, puis le préquel Citadel : Honey Bunny en Inde. Là aussi les retours ne sont pas foncièrement négatifs et l’ambition d’origine pourrait bien accoucher sur quelque chose de concret.

Néanmoins, en coulisses, les murs se fissurent. Les bons résultats ne sont pas à la hauteur des millions investis et les coûts commencent à faire sérieusement grincer des dents au sommet de la pyramide. Le départ de Jennifer Salke, directrice d’Amazon Studios et premier soutien de la licence, provoque une remise en question complète de la stratégie. Au point où Citadel saison 2 prend du retard, les investisseurs n’étant pas du tout satisfaits, selon The Hollywood Reporter, de ce qu’ils avaient sous les yeux. On réécrit, on retourne, et voilà comment trois ans s’écoulent.

L’autre échec est plus évident, bien que moins facile à quantifier. Citadel n’est absolument pas devenu le phénomène espéré. À l’heure où les abonnés Prime Video se passionnent pour la fin de The Boys, Citadel semble désormais le parent pauvre, celui qui peine à rappeler son existence au grand public. La série s’est noyée dans un océan de programmes similaires et même la campagne promotionnelle de cette seconde fournée a été très tardive et tout aussi légère.

Citadel saison 2 : l'échec est-il inévitable ?
© Prime Video

Tout semble indiquer qu’aujourd’hui, cette saison 2 de Citadel se présente comme la tentative de la dernière chance. Diana et Honey Bunny ont été annulées en avril 2025 avec la promesse que leurs arcs se concluraient chez leur série-mère. Joe Russo a décidé de réaliser l’ensemble des sept épisodes et la diffusion passe d’un épisode hebdomadaire à une mise à disposition de l’intégralité du show en ce 6 mai. Toutes les billes sont désormais dans le même panier avec la peur au ventre.

Un résultat pas si pire, mais insuffisant ?

C’est bien joli tout ça, mais le résultat alors ? Il faut faire preuve d’honnêteté, dès notre revisionnage de la conclusion de 2023 on s’est dit qu’on avait peut-être été trop sévère à l’époque. Même si le coût de production est aléatoire à l’écran, elle a de l’ambition et des belles gueules au casting. Un constat que partage cette seconde fournée.

Le duo Richard Madden / Priyanka Chopra Jonas a du charme, Stanley Tucci a gagné (beaucoup) de temps d’écran et les ajouts de Jack Reynor, Matt Berry et de la française Lina El Arabi apportent de la fraîcheur et beaucoup d’humour. Les lieux, les tenues, l’action… on a bien ce sentiment que de l’argent a été dépensé. Côté action, rebondissements et trucs d’espions, le cahier des charges est respecté. On peut facilement trouver bien pire sur les services SVoD.

Citadel saison 2 : l'échec est-il inévitable ?
© Prime Video

C’est peut-être là le cœur du problème. N’est-on pas conciliants uniquement parce qu’on a vu plus déplorable en trois ans ? D’ailleurs, on a vu mieux également (rien que The Day of the Jackal enterre son camarade). Plus les épisodes défilent et plus on se rend compte que l’ensemble tient d’une supercherie. D’une pierre polie se déguisant en pierre précieuse.

Les épisodes s’enchaînent vite parce que le récit ne prend jamais le temps de se poser. Une scène se succède à une autre et certaines sous-intrigues sont balayées d’un revers de la main une séquence plus tard. L’action est omniprésente, mais charcutée si énergiquement qu’on n’aurait pas cru possible de faire six à sept plans pour un seul coup de poing. Sur chacun de ses aspects, on a davantage la sensation que Citadel mime une qualité qu’elle n’a pas. Et soudain, on se souvient pourquoi la première saison n’était pas restée dans nos mémoires…

À ce stade, il n’est pas difficile d’imaginer Citadel saison 2 connaître un certain succès, rien que pour son apparat et ses ingrédients capables d’attirer. Mais on comprendrait tout autant que les patrons de Prime Video décident de fermer définitivement les vannes en se disant que ce n’est pas un échec, ça n’a pas marché. Trop cher pour ce que c’est.

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