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Dacia Hipster : c’est lent, c’est laid, mais c’est (vraiment) pas cher

Ce concept de voiture électrique au prix imbattable pourrait bien devenir la nouvelle star du marché… à condition qu’elle réussisse à se faufiler entre les réglementations européennes comme elle promet de le faire dans le trafic.

L’industrie de l’automobile électrique semble entrer dans une phase de démocratisation massive, où la plupart des constructeurs jouent des coudes pour proposer des véhicules à des prix aussi attractifs que possible. La semaine dernière, c’est Dacia, une marque déjà connue pour ses voitures low-cost, qui a repoussé les limites de l’idée avec son Hipster, un concept pour le moins… déroutant.

La première chose qui frappe lorsqu’on pose les yeux sur ce nouveau concept, annoncé le 6 octobre dernier, c’est son look décidément unique. Avec sa silhouette anguleuse, qui tient davantage du conteneur maritime sur roues que de la voiture européenne typique, Dacia a immédiatement donné le ton : son Hipster est une ode à la sobriété, une véritable déclaration de guerre au superflu.

Dacia Hipster Side
© Dacia / Renault SAS

La voiture électrique la moins chère du marché

Et cela ne concerne pas que la carrosserie : tout le véhicule est entièrement dépourvu de la moindre fioriture. Les poignées de porte ont été remplacées par des sangles, les vitres sont actionnées à la main comme dans la 4L de vos grands-parents, les sièges sont construits en tissu maillé… En résumé, tout a été fait pour diminuer la taille et la masse du véhicule. Alors que Dacia promet quatre “vraies places” et un coffre modulable de 70 à 500 litres une fois la banquette arrière rabattue, l’ensemble ne pèse que 800 kg et ne mesure que 3 m de long, pour à peine plus d’1,50 m dans les deux autres dimensions — de quoi faire passer une Twingo pour un semi-remorque.

Mais surtout, cette démarche a permis au constructeur de proposer sa citadine à un prix d’appel ultra-compétitif : seulement 13 000 €, soit encore moins que la Dacia Spring (16 900 €). Cela en ferait la voiture électrique la moins chère du marché, si l’on fait abstraction des quadricycles comme la Citroën Ami, qui ne nécessitent pas de permis B.

Autant dire qu’il s’agit de l’argument numéro un de la Hipster, car en parallèle, le constructeur roumain a dû faire de nombreuses concessions sous le capot pour réduire la facture à ce point.

Une autonomie et une vitesse modestes

La plus importante, c’est l’autonomie, qui est assez rachitique : le communiqué officiel revendique 150 kilomètres au maximum, tout juste assez pour enchaîner des allers-retours domicile-travail de 40 kilomètres avec deux recharges par semaine.

Dacia Hipster Inside
© Dacia / Renault SAS

La bonne nouvelle, c’est que les futur(e)s propriétaires ne risqueront pas de dépasser les limitations de vitesse. Cet engin atypique devrait être limité à un peu plus de 90 km/h, même si quelques sources, comme Gocar, mentionnent plutôt 110 km/h. Par conséquent, il s’agit d’un véhicule à vocation plutôt citadine ; même s’il pourra sans doute rendre de fiers services à la campagne, ce n’est certainement pas l’engin idéal pour planifier un long voyage sur autoroute vers l’autre bout de la France.

Quoi qu’il en soit, il pourrait s’agir d’un véhicule très intéressant pour les particuliers ou même les petites entreprises qui privilégient la mobilité à moindre frais… à supposer qu’il arrive un jour sur le marché français. Et ce n’est pas encore une garantie, car la Dacia Hipster va d’abord devoir surmonter un obstacle réglementaire assez sérieux.

Un problème de normes ?

En effet, comme toutes les autres voitures, la Hipster devra répondre aux normes de sécurité en vigueur, en prouvant notamment sa capacité à protéger le conducteur lors d’un accident grâce à des crash-tests. Or, cette obligation sera sans doute difficile à concilier avec la philosophie de cet engin, qui mise largement sur son identité minimaliste : structurellement parlant, l’équation risque d’être difficile à résoudre.

Par ailleurs, la réglementation européenne sur les véhicules particuliers impose aux constructeurs d’intégrer un ensemble d’équipements de sécurité obligatoires, comme un système de freinage d’urgence automatique et un dispositif de détection de somnolence du conducteur. Ces fonctionnalités reposent sur des composants parfois lourds et coûteux qui, là encore, auront peut-être du mal à se trouver une place à bord de ce poids plume.

Mis bout à bout, ces éléments dessinent les contours d’un immense casse-tête d’ingénierie potentiellement insoluble. Ce n’est pas un hasard si Stellantis et Renault ont lancé une campagne de lobbying pour obtenir un assouplissement de ces règles. Rendez-vous en 2027, date de sortie prévisionnelle de la Dacia Hipster, pour voir si le constructeur roumain aura réussi à trouver une solution.

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Source : Dacia

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