C’est un projet difficile à ignorer, et pas seulement par sa taille. Pour alimenter son futur complexe de centres de données Hyperion, Meta a choisi une solution qui tranche avec les discours habituels sur la transition énergétique : financer dix centrales électriques au gaz.
De l’IA à grande échelle et du gaz pour la faire tourner
Le partenariat avec Entergy prévoit la construction de sept nouvelles centrales en Louisiane, qui s’ajoutent à trois déjà validées l’an dernier. Au total, ces installations doivent atteindre une capacité de 7,5 gigawatts, soit de quoi alimenter plus de 5 millions de foyers. À elles seules, elles augmenteraient de plus de 30 % la capacité du réseau électrique de l’État.
Dans un contexte de crise climatique et de pression croissante pour réduire les émissions, le choix du gaz, une énergie fossile, a de quoi surprendre. Meta met en avant, en parallèle, un soutien à des projets renouvelables pouvant atteindre 2,5 gigawatts, avec stockage par batteries. Mais l’équilibre reste clairement en faveur des centrales thermiques.
Hyperion, le campus qui justifie cet appétit énergétique, est lui aussi hors norme. Annoncé fin 2024 comme un investissement de 10 milliards de dollars, il s’étend déjà sur plus de 900 hectares, avec une extension récente de 550 hectares supplémentaires. Mark Zuckerberg évoque un site couvrant « une part significative de Manhattan ». Excusez du peu.
Pour financer l’ensemble, Meta s’est associé à des fonds gérés par Blue Owl Capital, dans une coentreprise pouvant atteindre 27 milliards de dollars. L’objectif est de faire d’Hyperion un pilier durable de ses infrastructures d’IA, avec un développement en plusieurs phases. Du côté d’Entergy, le discours se veut rassurant : ces centrales seront payées par Meta, pas par les autres clients. L’entreprise affirme même que l’opération permettra d’éviter des coûts supplémentaires pour les contribuables locaux.
Tout le monde ne partage pas l’enthousiasme de Meta ou d’Entergy. Le coût des dix centrales approche les 11 milliards de dollars, avec des contrats d’une durée d’environ 15 ans. Des observateurs craignent qu’à terme, si Meta réduit ses besoins énergétiques, la facture ne finisse par être refilée aux consommateurs.
Le projet doit par ailleurs encore passer l’étape réglementaire pour les nouvelles centrales, après une première validation obtenue l’an dernier pour les trois premières unités. Meta, de son côté, insiste sur la logique industrielle : « Nous construisons les fondations de l’innovation en IA aux États-Unis », assure Rachel Peterson, vice-présidente en charge des centres de données. Une innovation bâtie sur de l’énergie fossile.
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