À ses débuts, Wero avait un objectif simple : permettre des paiements de particulier à particulier, rapidement, sans carte bancaire et sans passer par les réseaux américains. L’initiative, portée par l’European Payments Initiative (EPI), réunit 40 grandes banques et institutions financières européennes, avec Worldline comme partenaire clé. L’idée est de bâtir une solution 100 % européenne, moins dépendante des infrastructures de Visa et Mastercard.
Wero bientôt à la caisse
Un an après son lancement à la mi-2024, le service revendique 43,5 millions d’utilisateurs en Allemagne, en France et en Belgique. Plus de 100 millions de transactions ont été traitées, pour un total supérieur à 7,5 milliards d’euros. Pour une solution partie des seuls transferts entre particuliers, ce n’est plus un simple essai grandeur nature : un réseau commence à prendre forme.
Mais le vrai terrain de jeu ne se limite pas aux remboursements de dîner entre amis. Les commissions intéressantes, celles qui font tourner les grandes machines des paiements, se trouvent ailleurs : dans l’e-commerce et au point de vente. C’est précisément là où Wero veut désormais se faire une place.
Depuis la fin de l’année dernière en Allemagne, Wero est utilisable pour régler des achats en ligne. Le déploiement s’étend en 2026 à la Belgique et à la France. Plusieurs grandes enseignes françaises — Air France, E.Leclerc, Orange, Veepee ou encore Dott — ont signé pour accepter ce nouveau mode de paiement. Même l’administration fiscale française (DGFIP) prévoit son intégration pour certains services publics. Difficile de faire plus institutionnel.
Le parcours se veut simple : au moment de payer, l’utilisateur choisit Wero, ouvre son application bancaire ou l’application dédiée, scanne un QR code, confirme la transaction et valide l’authentification. Les données sont stockées dans le portefeuille numérique, ce qui évite de ressaisir ses coordonnées à chaque achat. Le système repose sur des paiements de compte à compte, avec chiffrement et respect des standards européens en matière de protection des données.
La prochaine étape est encore plus stratégique : le paiement sans contact en magasin via NFC, attendu entre 2026 et 2027. Si l’expérience est aussi fluide qu’un règlement via Apple Pay ou une carte bancaire sans contact, Wero se retrouvera directement face à Visa et Mastercard sur leur terrain favori. Rien n’est joué pour autant. Les paiements sont une affaire d’habitudes. Les consommateurs utilisent ce que les commerçants acceptent, et inversement. Pour convaincre, Wero devra proposer non seulement une solution fonctionnelle, mais aussi attractive : des frais compétitifs pour les marchands, et de la rapidité, de la sécurité et de la simplicité pour les consommateurs.
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