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RAM, SSD… pourquoi les prix de l’électronique pourraient grimper encore plus fort

Alors que les prix de la mémoire flambent, la guerre au Moyen-Orient est un nouveau casse-tête pour l’industrie électronique. L’aluminium et l’hélium sont sous tension : des matières premières essentielles à la fabrication des composants sont prises dans les turbulences du conflit.

Le conflit qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël commence à produire des effets bien au-delà de la région. Le prix de l’aluminium a bondi ces derniers jours, une hausse d’environ 8 % en moins de deux semaines. La raison principale tient aux tensions autour du détroit d’Ormuz. Un passage maritime stratégique, qui relie le golfe Persique au reste du monde et par lequel transite une grande partie des matières premières produites dans la région.

Mauvaise nouvelle pour les prix de la mémoire

Après les frappes aériennes américaines et israéliennes, l’Iran a menacé de perturber le trafic dans cette zone clé. Le Moyen-Orient ne représente « que » 9 % de la production mondiale d’aluminium. Mais ce chiffre devient nettement plus important si l’on met de côté la Chine, qui domine largement ce marché. Dans ce cas, la part de la région dépasse les 20 %. Comme la majorité de cet aluminium est exportée, les perturbations logistiques peuvent rapidement se répercuter sur les prix.

Pour l’industrie informatique, l’aluminium est absolument essentiel. On le retrouve dans les dissipateurs thermiques, certains châssis d’ordinateurs, les boîtiers de serveurs ou encore dans divers composants mécaniques des centres de données. Pour les fabricants, ce n’est pas forcément le coût le plus important… mais une hausse prolongée finit toujours par se faire sentir.

Un autre matériau beaucoup moins visible attire également l’attention : l’hélium. Ce gaz est utilisé dans plusieurs étapes de fabrication des semi-conducteurs, notamment pour refroidir les wafers ou pour certains procédés de gravure du silicium. Sans lui, difficile de produire les puces qui se retrouvent ensuite dans la RAM, les SSD, les smartphones ou les serveurs.

Or le Qatar représente environ 38 % de la production mondiale d’hélium. Le complexe industriel de Ras Laffan, exploité par QatarEnergy, est l’un des rares sites capables de produire de l’hélium de qualité semi-conducteur. Après des attaques de drones et de missiles attribuées à l’Iran, QatarEnergy a suspendu les opérations sur ce site début mars. Cette décision pourrait avoir un impact important : la guerre pourrait temporairement retirer jusqu’à un tiers de l’offre mondiale d’hélium.

Pour l’instant, l’industrie ne panique pas. Les grands fabricants de puces disposent de stocks et certains utilisent des systèmes de recyclage du gaz dans leurs usines. Mais ces réserves ne sont pas infinies. Le problème, c’est que ces tensions arrivent au pire moment pour l’industrie informatique : depuis plusieurs mois, les prix de la mémoire (DRAM pour la RAM et NAND pour les SSD) explosent à cause de la demande des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

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