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La durée maximale des arrêts maladie change, et ça va faire mal aux patients

Dès le 1er septembre 2026, votre médecin ne pourra plus vous prescrire un arrêt de travail supérieur à 31 jours.

12,1 milliards d’euros. C’est le montant des indemnités journalières liées aux arrêts maladie en France en 2025, selon les chiffres présentés par le gouvernement lors d’une conférence de presse tenue le 9 avril dernier par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, la ministre de la Santé Stéphanie Rist et le ministre des Comptes publics David Amiel. En ajoutant les dépenses liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, on frôle les 18 milliards d’euros. Une facture qui a progressé de près de 6 % par an entre 2019 et 2023, et que Bercy juge désormais insoutenable.

Nouvelle durée maximale pour un arrêt maladie

Le projet de décret transmis pour avis au conseil de la Caisse nationale d’Assurance maladie ce 15 avril vient préciser les contours de la mesure votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026 : à partir du 1er septembre prochain, la durée d’une première prescription d’arrêt maladie sera plafonnée à 31 jours, et celle d’un renouvellement à 62 jours.

La mesure concerne tous les professionnels habilités à prescrire un arrêt de travail. Concrètement, les arrêts prescrits pour six ou huit semaines dès la première consultation ne seront plus valides. Au-delà d’un mois, il faudra retourner consulter. Les médecins conservent la possibilité de déroger aux plafonds s’ils estiment que l’état de santé du patient le justifie, à condition de le mentionner expressément sur l’ordonnance.

Le gouvernement a aussi annoncé un renforcement des contrôles de l’Assurance maladie avec 740 000 actions prévues en 2026 (+6 % par rapport à l’année précédente), ciblant notamment les arrêts de plus de 18 mois et le nomadisme médical, qui consiste à se faire prescrire des arrêts par plusieurs professionnels de santé, sans suivi réel.

Les arrêts prescrits à distance sont déjà limités à trois jours depuis la loi de financement 2024, et cette limite ne pourra pas donner lieu à une prolongation sauf si c’est le médecin traitant du patient qui la prescrit. Les plateformes dédiées quasi exclusivement à la délivrance d’arrêts à distance sont quant à elles purement et simplement interdites.

Une logique budgétaire qui ne convainc pas

Le problème, c’est que la réforme s’attaque à la durée des arrêts sans véritablement s’intéresser à leurs causes. C’est d’ailleurs ce que reprochent les syndicats médicaux depuis le début des débats. Les chiffres disponibles viennent d’ailleurs nuancer l’idée selon laquelle les arrêts de complaisance seraient légion. Si les arrêts de plus de six mois représentent 45 % de la dépense totale, ils ne constituent que 7 % du nombre total d’arrêts.

Autre angle mort de la réforme : les déserts médicaux. Aujourd’hui, 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant. Dans ces territoires, imposer une consultation pour chaque renouvellement revient, dans les faits, à forcer certains patients à reprendre le travail faute de rendez-vous disponible. Le Parlement avait d’ailleurs déjà assoupli la mesure initiale du gouvernement, qui voulait limiter les premiers arrêts à 15 jours.

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