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Une escapade à 25 km d’altitude ? C’est le pari fou du français Zephalto

La start-up française Zephalto accélère sur son projet de vols en ballon dans la stratosphère. Avec sa capsule Altaïr, elle annonce une expérience jamais vue : six heures à 25 kilomètres au-dessus de la Terre. Premiers essais attendus d’ici quelques mois, avec une commercialisation pour 2027.

Après plusieurs années de développement, Zephalto commence à lever le voile sur son projet un peu fou. L’entreprise fondée en 2016 par Vincent Farret d’Astiès a présenté sa première capsule, Altaïr, près de Toulouse. « C’est la concrétisation de dix ans de R&D », résume son dirigeant aux Echos.

Une capsule prête à prendre de la hauteur

Conçue pour embarquer quatre passagers et un pilote, la capsule affiche des dimensions généreuses (5,50 mètres de long pour 2,70 mètres de large) et une structure en composites de carbone. Une fois équipée, elle pèsera environ deux tonnes, avec à bord tous les éléments nécessaires à un vol de plusieurs heures : systèmes électriques, recyclage de l’air et équipements de confort.

Le défi technique est bien réel. Altaïr devra évoluer dans un environnement extrême, avec des températures proches de -80 °C et une pression très faible. Elle est donc pressurisée et conçue pour rester parfaitement étanche malgré l’écart entre les conditions au sol et celles à 25 kilomètres d’altitude. Zephalto n’en est pas à son premier essai : cinq prototypes plus modestes ont déjà été testés jusqu’à 6.000 mètres. La capsule actuelle doit encore être finalisée avant les premiers vols d’essai, prévus à la fin de l’été. Si tout se passe comme prévu, les premiers passagers pourraient embarquer fin 2027.

Le concept repose sur un ballon stratosphérique, loin des technologies classiques du spatial. Ici, pas de moteur : la montée et la descente sont pilotées en jouant sur la quantité de gaz et la masse de la capsule. Le ballon, fabriqué en polymères très fins, pourra être réutilisé, ce qui tranche avec les pratiques habituelles. À titre de comparaison, les missions menées par le Centre national d’études spatiales reposent sur des ballons à usage unique, détruits après leur mission.

Zephalto fait aussi le choix de l’hydrogène « vert » plutôt que de l’hélium, un gaz plus rare et très sollicité dans d’autres secteurs. À bord, trois grandes fenêtres permettront d’observer la courbure de la Terre dans un environnement proche de l’espace. L’expérience, forcément marquante, a déjà trouvé son public : une centaine de réservations ont été enregistrées, pour un billet à 180.000 euros. Le vol doit durer six heures, dont trois au point culminant.

La capsule ne se limite pas au tourisme. Elle pourra aussi embarquer des instruments scientifiques, notamment pour étudier la couche d’ozone ou tester des matériaux destinés aux satellites dans des conditions proches de l’espace. Au-delà des vols, Zephalto prépare déjà la suite. L’entreprise prévoit de construire une usine près de l’aérodrome de Muret d’ici à 2028, dédiée à la production de ballons et de capsules.

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Source : Les Échos

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