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Pourquoi votre intestin est-il en danger à cause de ce que vous mangez ?

Manger bio, éviter les emballages plastiques… Les efforts individuels semblent dérisoires face à 360 millions de tonnes de plastique produites chaque année. Tant que la production mondiale ne sera pas drastiquement réduite, aucune thérapie ne suffira à contrer ce que nous ingérons malgré nous.

Sait-on vraiment ce que l’on ingurgite et insère dans notre estomac ? Certains disent que l’on a beau manger bio et vegan, il y aura toujours une part de mystère dans notre assiette. Malheureusement, une étude publiée récemment dans le Journal of Hazardous Materials tend à confirmer cet adage.

Les résultats de l’étude sont effrayants. Chaque être humain ingèrerait en moyenne 5 grammes de plastique par semaine, avec des chiffres bien supérieurs dans des régions polluées et densément peuplées. Des microplastiques ont en effet été détectés dans l’urine, les selles, le sang, le placenta, le méconium (premières selles du nouveau-né) et dans des tissus de colectomie, confirmant une exposition généralisée et précoce de la population.

A une époque où près de 360 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, les conséquences semblent aller bien au-delà de la “simple” catastrophe écologique, avec de véritables répercussions sur la santé humaine. Au-delà de potentielles maladies graves développables sur le long terme, ces microplastiques présents dans l’organisme auraient un effet plus inattendu sur la population : ils perturbent l’axe microbiote-butyrate-PPARy.

Des tests sur souris équivoques

L’axe microbiote-butyrate-PPARy est en réalité une chaîne de réactions biologiques qui protège naturellement l’intestin des inflammations. Le microbiote représente les bactéries de l’intestin et le butyrate correspond à l’acide gras produit par ces bactéries et qui fait office de barrière naturelle pour la paroi intestinale. Enfin, la PPARy est une protéine présente dans les cellules de la paroi intestinale qui active des mécanismes anti-inflammatoires.

Les microplastiques, eux, brisent cette chaîne dès le premier maillon. Ils réduisent les bonnes bactéries, ce qui a pour effet de diminuer la production de butyrate et donc d’amoindrir la quantité de PPARy activée. La conséquence est simple : l’intestin est plus vulnérable aux inflammations.

Schéma Microplastiques
Ce schéma explique comment les chercheurs sont parvenus à corroborer leur thèse. © Gemini

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont réalisé des tests sur 148 souris mâles qui ont été exposées à des microplastiques de polystyrène de quatre tailles différentes (5, 50, 100 et 200 µm), correspondant peu ou prou à l’exposition humaine. Si ces microplastiques ne provoquent pas directement l’inflammation de l’intestin, on a découvert qu’ils avaient pour effet de le rendre plus vulnérable. Pour corroborer leur thèse, les chercheurs ont détruit le microbiote avec des antibiotiques, diminuant les colites. Pire encore : ils ont transplanté le microbiote exposé aux microplastiques à des souris saines, qui ont ensuite développé des colites.

Des solutions existent

Alors que l’on estime à 12 milliards de tonnes de déchets plastiques non recyclables accumulés dans l’environnement d’ici à 2050, il est impératif de trouver des solutions. Les auteurs de l’étude estiment qu’une thérapie à base de butyrate permettrait de contrer les effets des microplastiques sur l’intestin de l’homme.

Nos résultats établissent l’axe microbiote-butyrate-PPARγ comme une cible critique pour contrecarrer les effets néfastes des microplastiques environnementaux, et proposent les thérapies à base de butyrate comme stratégie applicable contre les maladies inflammatoires de l’intestin. – Journal of Hazardous Materials.

Enfin, l’acide 5-aminosalicylique (5-ASA) est également identifié comme une potentielle solution face aux microplastiques présents dans l’organisme. Il s’agit d’un agoniste (substance qui se fixe sur un récepteur cellulaire spécifique et l’active pour produire une réponse biologique, NDLR.) qui a montré une efficacité comparable au butyrate dans le cadre de traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

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