L’insuffisance rénale chronique est presque un passage obligé pour de nombreux chats âgés. Selon le Cornell Feline Health Center, elle touche jusqu’à 40 % des chats de plus de 10 ans, et grimpe à 80 % chez ceux qui dépassent les 15 ans. Une proportion élevée, qui en fait l’une des principales causes de décès chez ces animaux.
Une maladie fréquente et difficile à traiter
Le problème, c’est que cette maladie progresse lentement mais sûrement. Les reins perdent peu à peu leur capacité à fonctionner correctement, jusqu’à provoquer une insuffisance terminale ou une urémie. Et aujourd’hui, les vétérinaires doivent composer avec des solutions imparfaites : régimes alimentaires spécifiques, traitements symptomatiques… mais rien qui permette de guérir.
C’est dans ce contexte que le chercheur japonais Toru Miyazaki s’est lancé dans le développement d’un médicament. Ancien professeur à l’Université de Tokyo, il dirige désormais l’Institute for AIM Medicine. « La plupart des chats souffrent d’insuffisance rénale chronique, et beaucoup en meurent », explique-t-il. Son objectif est simple : prolonger la vie des animaux, tout en réduisant la charge pour leurs propriétaires.
L’équipe de Miyazaki vient de franchir une étape importante en déposant une demande d’autorisation auprès du ministère japonais de l’Agriculture. Cette démarche s’appuie sur un essai clinique dont les résultats ont été publiés en février dans la revue Veterinary Journal.
L’étude reste modeste, mais ses conclusions attirent l’attention. Sur 26 chats suivis pendant un an, 11 ont reçu le traitement expérimental, tandis que 15 n’en ont pas bénéficié. À l’arrivée, l’écart est net : entre 80 % et 83 % des chats traités étaient toujours en vie, contre seulement 20 % dans le groupe non traité. Ces chiffres ne suffisent pas encore à crier victoire, mais ils laissent entrevoir une piste sérieuse. Des essais plus larges seront nécessaires pour confirmer ces résultats et évaluer précisément les effets du médicament.
Le projet n’a pas été un long fleuve tranquille. Pendant la pandémie de Covid-19, les recherches ont été mises à l’arrêt faute de financements. Puis, coup de théâtre : après plusieurs articles dans la presse, les dons ont afflué. Entre 2021 et 2022, près de 300 millions de yens (environ 2 millions de dollars) ont été récoltés auprès de particuliers, souvent des amoureux des chats.
Cet élan a permis de relancer le programme et d’atteindre aujourd’hui cette phase importante. Il reste encore des étapes réglementaires à franchir, ce qui prendra du temps. Mais pour de nombreux propriétaires de félins, l’idée qu’un traitement puisse un jour ralentir, voire changer, l’évolution de cette maladie commence à paraître un peu moins lointaine.
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