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L’IA reste à la porte des Oscars

Les règles des Oscars évoluent pour encadrer l’usage de l’IA. À partir de l’année prochaine, seuls les acteurs et scénaristes humains pourront prétendre à une statuette. Une mise au point bienvenue, alors que les outils de génération vidéo gagnent du terrain et secouent déjà Hollywood comme un cocotier.

L’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a décidé de clarifier les choses : l’IA pourra aider, mais pas gagner. Dans les règles publiées en fin de semaine dernière, l’institution précise que les performances récompensées devront être celles d’êtres humains, et que les scénarios devront être rédigés par des humains pour être éligibles.

L’Académie met les points sur les I(A)

Autrement dit, les studios peuvent continuer à utiliser des outils d’intelligence artificielle en coulisses, mais impossible de présenter un acteur entièrement synthétique ou un script généré automatiquement en espérant repartir avec une statuette. L’Académie se donne même la possibilité de demander des preuves supplémentaires pour s’assurer que les œuvres ont bien été créées par des humains.

Cette décision arrive dans un climat déjà tendu à Hollywood. Les syndicats s’inquiètent des expérimentations tous azimuts des studios, où l’IA s’invite partout parfois un peu trop au goût des professionnels. L’apparition d’acteurs virtuels comme « Tilly Norwood » a notamment suscité pas mal de débats ces derniers mois.

Certains projets récents illustrent bien ce virage technologique. Dans le film As Deep as the Grave, Val Kilmer apparaît à l’écran sans avoir tourné une seule scène. Décédé en 2025, l’acteur a été recréé grâce à l’IA pour tenir un rôle important dans le long métrage. Le réalisateur, Coerte Voorhees, explique avoir pris cette décision avec le soutien de la famille, assurant que Val Kilmer souhaitait participer au projet. Une situation qui a de quoi déranger, même si elle reste encore marginale.

C’est que les outils de génération vidéo continuent de progresser à grande vitesse. La dernière version de Seedance, développée par ByteDance, a fait parler d’elle avec des clips bluffants créés à partir de simples instructions textuelles. L’un d’eux met en scène un combat fictif entre Tom Cruise et Brad Pitt, le genre de séquence qui, il y a peu, aurait nécessité une production lourde et un sacré budget.

Forcément, ces démonstrations n’ont pas laissé l’industrie indifférente. Disney a rapidement réagi, accusant ByteDance d’utiliser des contenus protégés sans autorisation. D’autres acteurs du secteur, ainsi que la Motion Picture Association et le syndicat SAG-AFTRA, ont emboîté le pas en dénonçant des atteintes au droit d’auteur. ByteDance a promis de renforcer ses protections et a suspendu certaines fonctionnalités de Seedance histoire de temporiser, alors que les discussions sur l’encadrement de ces outils se multiplient.

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Source : Reuters

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