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Impôts 2026 : après les piscines et les garages, voici la nouvelle cible du fisc

Après les piscines et les vérandas, la DGFIP a activé son dispositif de surveillance IA pour traquer une nouvelle catégorie de constructions que la majorité des propriétaires français ne déclarent pas.

En 2024, l’administration fiscale française a récupéré 16,7 milliards d’euros d’impôts impayés. La même année, 140 000 constructions non déclarées ont été détectées sur l’ensemble du territoire, rien que dans la catégorie des piscines, ce qui a permis de rapporter 40 millions d’euros supplémentaires. En 2026, le fisc passe à la vitesse supérieure et s’intéresse à une autre construction que les contribuables oublient presque systématiquement de déclarer.

Les serres dans le viseur de l’intelligence artificielle

Le projet a été lancé par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le soutien de Gemini, l’IA de Google, il consiste à analyser les photographies aériennes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), puis à confier l’ensemble à des algorithmes capables de repérer automatiquement ce qui n’a pas été déclaré. La méthode a d’abord servi à traquer les piscines, avec des résultats pour le moins spectaculaires. Elle s’est ensuite élargie aux vérandas et aux garages. En 2026, ce sont les serres de jardin qui rejoignent la liste des cibles.

Le timing n’est pas anodin. Le jardinage a connu une explosion en France depuis 2020, porté par la pandémie de Covid-19 autant que l’inflation et le retour du fait-maison. Résultat : des centaines de milliers de serres ont été installées sur des parcelles privées sans autorisation ni déclaration.

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, une serre n’est pas un simple accessoire de jardin. Dès qu’elle modifie la valeur cadastrale d’un terrain, cette dernière doit être déclarée aux impôts. Le problème, c’est que personne n’a l’air au courant de la situation. La règle est pourtant claire : une serre dont la surface au sol dépasse 5m² et dont la hauteur atteint quatre mètres exige une déclaration préalable de travaux en mairie. Au-delà de 20m², c’est un permis de construire qui s’impose.

Un oubli qui peut vous coûter serre

La taxe d’aménagement, souvent surnommée « taxe sur les abris de jardin », s’applique à toute construction close et couverte de plus de cinq mètres carrés. En 2026, son calcul repose sur la surface au sol avec des valeurs forfaitaires fixées à 892 € par mètre carré hors Île-de-France et à 1 011 € par mètre carré pour la région parisienne. Certaines communes prévoient toutefois des exonérations pour les serres démontables ou à usage agricole non commercial, ce qui peut alléger significativement la facture pour les propriétaires.

Pour les autres, les sanctions prévues sont lourdes. Les majorations de taxe peuvent atteindre 80 %, et les amendes prévues par le Code de l’urbanisme oscillent entre 1 200 et 6 000 € par mètre carré. Dans les cas les plus graves, une démolition peut être ordonnée.

Depuis juin 2024, le projet « Foncier innovant » est entré dans une phase d’exploitation systématique : de nouvelles photos satellites fournies régulièrement par l’IGN alimentent les algorithmes, qui deviennent de plus en plus précis chaque année.

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