Et si l’ordinateur quantique tenait demain dans une armoire de bureau ? C’est ce que promet le Hanyuan-2 chinois, dont la technologie à atomes neutres se passe de laboratoires cryogéniques et consomme moins d’électricité que quelques appareils électroménagers. Ce qui semblait relever de la science-fiction est désormais une réalité, et ce, grâce aux ingénieurs chinois.
C’est la société chinoise CAS Cold Atom Technology, affiliée à l’Académie chinoise des Sciences, qui est derrière cette prouesse technologique. Elle a récemment présenté le tout premier ordinateur quantique au monde à architecture double cœur.
De prime abord, cela peut sembler assez nébuleux pour quelqu’un qui n’est pas un minimum initié à l’informatique. De base, le Hanyuan-2 s’inspire des processeurs informatiques multicœurs plus traditionnels, comme ceux de Qualcomm ou d’Apple. Les deux cœurs ont pour vocation à travailler ensemble, et de deux manières différentes. Ils pourront d’une part travailler en parallèle, avec chaque coeur qui traite une partie des calculs en simultané pour accélérer les performances. D’autre part, ils pourront se compléter l’un l’autre, avec un cœur qui assure le calcul tandis que le second se charge de résoudre les erreurs du premier.
Et c’est ce qui fait l’originalité du Hanyuan-2. Jusqu’ici, tous les ordinateurs quantiques fonctionnaient avec un seul bloc de qubits qui devait à la fois calculer et gérer les erreurs. Un exemple très simple est celui d’un cuisinier qui doit à la fois préparer les plats et faire la vaisselle, mais en même temps. Le Hanyuan-2, lui, répartit les deux tâches entre ses deux cœurs.
Il pourrait tenir dans une petite armoire
Mais là n’est pas la seule évolution technique importante accomplie par les ingénieurs de la CAS Cold Atom Technology. Le Hanyuan-2 utilise deux isotopes différents de rubidium pour le qubit, un métal rare et électriquement neutre. Les atomes de rubidium sont électriquement neutres, ce qui signifie qu’ils n’ont pas de charge électrique. On ne peut donc pas les déplacer avec des champs électriques comme on le ferait avec des ions. À la place, on utilise des lasers qui exercent une pression sur les atomes et permettent de les piéger et les manipuler avec une précision extraordinaire.
China unveiled on May 7 the country's first dual-core neutral atomic quantum computer, the "Hanyuan-2," marking a new stage for the country's neutral atomic quantum computing technology, transitioning from the earlier single-core era to dual-core collaboration. #ChinaEconRoadmap… pic.twitter.com/652oxfeIRl
— CCTV+ (@CCTV_Plus) May 10, 2026
Les ordinateurs quantiques de la concurrence, comme ceux d’IBM ou de Google, utilisent des circuits supraconducteurs à base de fils métalliques qui doivent être refroidis à -273°C, plus froid que l’espace intersidéral, pour fonctionner. Ça nécessite des réfrigérateurs quantiques énormes, coûteux et énergivores.
Avec le Hanyuan-2 et sa technologie de manipulation par lasers, l’installation ressemble à une simple armoire de serveur comme on en trouve des milliers dans les salles d’informatique. Il ne consomme “que” 7kW, soit l’équivalent d’un four, d’un lave-linge et de quelques ordinateurs qui fonctionnent en même temps.
Mais au fait, c’est quoi un ordinateur quantique ?
En informatique, la règle traditionnelle veut qu’un ordinateur classique (ou tout autre appareil informatique, comme un smartphone ou une tablette) fonctionne avec des bits. Tous ses calculs se basent sur le principe de petits interrupteurs qui ont soit pour valeur 0, soit 1. Un ordinateur quantique, lui, travaille en qubits, qui peuvent, eux, être à 0, 1 ou les deux à la fois grâce à la physique quantique. L’intérêt cette technologique est simple : les puissances de calculs sont nettement supérieures à celles d’un ordinateur classique.
Le problème, c’est qu’un ordinateur quantique est aujourd’hui très compliqué à commercialiser en grands volumes en raison de l’importante fragilité des qubits. Ceux-ci sont facilement perturbables, et la moindre vibration ou variation de température peut fausser le moindre calcul.
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