Deux gisements d’or ont été identifiés en Chine, l’un dans la province du Hunan, l’autre dans le Liaoning, pour un total estimé à plus de 2 000 tonnes de métal précieux, soit environ 80 milliards de dollars. Le premier, Wangu, avait fait l’objet d’une annonce fin 2024 par l’agence d’État Xinhua, qui le qualifiait déjà de « supergéant ».
Le second, Dadonggou, vient d’être détaillé dans la revue China Mining Magazine et pourrait s’avérer encore plus gigantesque. Ensemble, ils constituent la plus grande découverte aurifère jamais enregistrée sur le territoire chinois, sous réserve que les relevés géologiques complémentaires confirment les estimations actuelles, encore provisoires. S’il s’avère qu’ils sont exploitables, la Chine pourra ajouter l’or à la liste des ressources essentielles sur lesquelles elle est confortablement assise, à l’image des terres rares, dont elle contrôle plus de 60 % de la production mondiale.
Deux gisements d’or… et déjà records
Parmi les deux gisements, Wangu est celui dont la validation officielle est la plus avancée dans le processus réglementaire chinois. À 2 000 mètres de profondeur, 300 tonnes de réserves ont été formellement confirmées et donc exploitables. Selon les estimations, 1 000 tonnes d’or seraient enfouies à 3 000 mètres.
Oui, parce que détecter un gisement d’or ne suffit pas à en faire un jackpot : il faut d’abord quantifier précisément les réserves à différentes profondeurs, évaluer la teneur du minerai mètre par mètre, modéliser la structure géologique du gisement dans son ensemble, puis valider l’ensemble par des organismes indépendants avant que le moindre gramme ne soit officiellement comptabilisé.
Chen Rulin, prospecteur du bureau géologique ayant conduit les relevés, s’est révélé très enthousiaste dès les premières investigations. « De nombreuses carottes forées présentaient de l’or visible à l’œil nu », explique-t-il. Dans la majorité des cas, un gisement ordinaire ne livre jamais d’or visible : à des teneurs inférieures à 1 gramme par tonne, le métal est dissous dans la roche à l’échelle atomique et ne se révèle qu’après traitement chimique en laboratoire. En apercevoir dès l’extraction des carottes signifie que sa concentration en or dépasse plusieurs fois ce seuil, plaçant Wangu dans une catégorie que peu de gisements mondiaux atteignent.
Dadonggou, découvert dans les années 1980 mais réévalué plus récemment, pourrait cacher des quantités encore plus indécentes. Les travaux publiés dans China Mining Magazine évaluent le volume d’or extractible à plus de 1 000 tonnes, chiffre que des briefings gouvernementaux ultérieurs ont révisé à la hausse, approchant les 1 500 tonnes.
La teneur du minerai reste faible (entre 0,3 et 1 partie par million, soit 0,3 à 1 gramme d’or par tonne de roche extraite) mais ce qui fait la valeur de Dadonggou, c’est son volume. Sur les 1 500 tonnes d’or estimées, même un minerai pauvre livre des quantités considérables, à condition que le procédé métallurgique permette d’en récupérer l’essentiel. C’est justement ce que les auteurs de l’étude ont annoncé, avec un taux de récupération estimé entre 65 et 91 % : sur 100 grammes d’or présents dans la roche, entre 65 et 91 grammes ressortiraient effectivement fondus et purifiés en bout de chaîne.
Certes, les deux gisements n’atteignent pas les estimations des plus grands gisements mondiaux comme Kerr-Sulphurets-Mitchell au Canada (4 790 tonnes) ou Pebble en Alaska (3 310 tonnes). Mais pour la Chine, qui produit déjà 380 tonnes d’or par an et se classe premier producteur mondial depuis plus d’une décennie, ils représentent tout de même l’équivalent de cinq années de production nationale supplémentaire. Un matelas très confortable qui l’aidera à réduire sa dépendance aux marchés internationaux et à « dédollariser » ses réserves aurifères. Une ambition que Pékin partage avec l’ensemble des BRICS+ (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Iran, Égypte, Émirats arabes unis, Indonésie et Éthiopie) pour qui l’or détenu sur leur sol est un actif que l’Oncle Sam ne pourra jamais sanctionner.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.