La Switch 2 commence à avoir un catalogue qui se tient et Nintendo continue d’alimenter la machine avec des exclusivités qu’on attendait de pied ferme. Après Pokémon Pokopia qui a clairement mis la barre très haut il y a quelques semaines, c’est au tour de Yoshi and the Mysterious Book de pointer le bout de son nez tout rond, profitant de l’engouement autour du film Super Mario Galaxy. La franchise Yoshi n’a pas toujours été la plus ambitieuse du catalogue Nintendo, oscillant souvent entre le sympathique et l’anecdotique. Alors forcément, quand le jeu a été annoncé comme une exclusivité Switch 2 avec des promesses de gameplay plus poussé que d’habitude, on était curieux de voir ce que ça donnait vraiment manette en main.
Un scénario qui tombe du ciel
Évidemment, il ne faut pas s’attendre à un scénario extrêmement travaillé dans un jeu Yoshi, mais le scénario est quand même plutôt original dans The Mysterious Book. Un beau jour, un livre appelé Mysterius tombe soudainement du ciel pour atterrir sur l’île où vivent les Yoshis. Seulement, le vieux bouquin semble avoir tout oublié, même le contenu de ses propres pages. Il invite donc Yoshi à plonger dans ses pages pour l’aider à retrouver la mémoire.
Le principe est simple, Yoshi doit prendre connaissance de toutes les créatures qui ornent les pages du livre groupées en chapitres, où chaque créature a son propre niveau. Les créatures ont des attributs uniques et une fois étudiés sous toutes les coutures, le jeu nous invite même à lui donner un nom, en acceptant la suggestion de Mysterius ou en inventant celui-ci.
Chaque chapitre de Mysterius transportera Yoshi vers une nouvelle destination avec des forêts verdoyantes, des montagnes balayées par les vents, en passant par des littoraux ensoleillés, sans oublier des jungles infestées d’insectes. C’est d’ailleurs dans ce cadre que Bowser Junior et Kamek font leur apparition, à la recherche d’une créature légendaire.
Une direction artistique mignonne à souhait
Commençons par ce qui saute aux yeux dès les premières minutes, Yoshi and the Mysterious Book est visuellement très réussi. La direction artistique est particulièrement soignée et franchement charmante, avec un univers qui respire la douceur et le soin du détail à chaque niveau. Sur un écran OLED en 4K, le jeu est carrément superbe et on prend un vrai plaisir à simplement se promener dans les environnements tellement ils sont bien construits.
Petit bémol tout de même, en 1080p sur l’écran de la console, certains effets visuels de la direction artistique peuvent donner une impression de pixelisation. Ce n’est pas un bug ni un vrai défaut technique, mais un parti pris esthétique délibéré qui peut surprendre au premier abord. On s’y fait assez vite, mais c’est le genre de chose qui mérite d’être mentionnée pour ne pas que vous pensiez avoir un problème d’affichage la première fois que vous lancez le jeu en mode portable. Ainsi, je ne peux que conseiller de jouer plutôt sur grand écran si vous en avez la possibilité.
Dans l’ensemble, l’identité visuelle est cohérente du début à la fin, et chaque nouveau niveau apporte son lot de surprises graphiques. C’est coloré, vivant, expressif, et clairement taillé pour impressionner sur la nouvelle machine de Nintendo.
Un gameplay vif, inventif et tout n’œuf
Sur le fond, Yoshi and the Mysterious Book reprend évidemment les grands fondamentaux de la série : l’attaque rodéo, le lancer d’œufs, les fleurs à récupérer… Tous les habitués retrouveront immédiatement leurs marques. Mais le jeu va clairement plus loin que la plupart des épisodes précédents en termes d’ambition et de variété.
Le gameplay répond au doigt et à l’œil, avec une précision appréciable dans les déplacements et les actions. Et surtout, il varie énormément d’un niveau à l’autre, ce qui est l’un des points forts du jeu. On ne s’ennuie jamais vraiment, parce que chaque nouveau tableau introduit une mécanique différente.
Le principe central du jeu tourne autour de l’étude des créatures rencontrées au fil de l’aventure. La plupart du temps, il est possible de les monter sur son dos, ce qui débloque des éléments de gameplay spécifiques à chacune. Certaines permettent de voler, d’autres de creuser, d’autres encore d’interagir avec des éléments précis du décor. C’est bien pensé, et ça donne une vraie profondeur à l’exploration.
Parce que oui, Yoshi and the Mysterious Book mise énormément sur l’exploration et la résolution d’énigmes. Il ne suffit pas de foncer jusqu’à la fin du niveau, il faut vraiment visiter chaque recoin des niveaux, tester les différentes solutions offertes par les créatures et parfois revenir en arrière pour débloquer des zones inaccessibles au premier passage. C’est une approche qui plaira aux joueurs curieux, et qui donne au titre une rejouabilité bien supérieure à ce qu’on attendait.
Les détails jusqu’au bout de la langue
Le jeu intègre un système de runes et de taches d’encre qui s’avère plutôt bien pensé une fois qu’on en comprend les rouages. De temps en temps, une tache d’encre fait son apparition dans un niveau déjà exploré pour mettre en lumière une découverte qu’on n’avait pas résolue. Ça permet de garder un œil sur ce qu’on a manqué sans avoir à tout refaire depuis le début et ça récompense les joueurs qui prennent le temps de bien chercher en leur offrant des runes supplémentaires.
Ces runes peuvent ensuite être dépensées pour prédire des découvertes à venir, ce qui ajoute une petite couche de gestion bienvenue sans jamais alourdir l’expérience. C’est le genre de système discret qui enrichit le jeu sans en compliquer l’accès.

Autre petit détail qu’on apprécie, la page d’accueil qui permet de choisir sa sauvegarde indique directement la dernière chose qu’on a faite lors de la session précédente. C’est tout bête, mais c’est franchement utile pour ceux qui ont tendance à ne plus trop savoir où ils en étaient après quelques jours sans jouer.
Il est aussi important de noter qu’il est possible de retourner explorer les niveaux une fois terminés et dans n’importe quel ordre, ce qui sera utile aux personnes qui chercheront à découvrir chaque secrets dissimulé en disposants d’indices donné par le jeu. Et si on veut arrêter l’exploration en cours de route, il suffit d’appuyer d’aller dans le menu pour mettre fin à la session sans avoir à refaire tout le chemin. Un choix de conception intelligent qui évite la frustration.

Jouez jusqu’au bout, c’est important
Sans trop en dévoiler, Yoshi and the Mysterious Book réserve une grosse surprise à ceux qui vont jusqu’au bout. Le jeu prend une tout autre tournure après les crédits, et c’est clairement là que les complétionnistes vont vraiment s’éclater. Il devient notamment possible de dépenser des fleurs souriantes contre des outils d’exploration, comme un radar qui indique en temps réel la direction de la fleur souriante la plus proche. Ces outils peuvent être placés librement sur les côtés de l’écran, ce qui est à la fois original et très bien intégré dans l’interface.
En termes de durée de vie, comptez environ 15 heures pour une première run à rythme moyen et au moins 10 heures supplémentaires pour débloquer l’intégralité des secrets. C’est plus long que ce que le jeu laisse présager au départ et c’est une bonne nouvelle.
Un challenge pour absolument tout le monde
Ce qui est peut-être le plus réussi dans Yoshi and the Mysterious Book, c’est la façon dont il gère l’équilibre entre les différents types de joueurs. Le jeu a trouvé un dosage quasi parfait entre ce que feront les enfants et ce que feront les adultes, notamment en termes de résolution d’énigmes. Les plus petits pourront avancer sans trop de difficulté et profiter du côté plateforme vif et accessible, tandis que les joueurs plus expérimentés trouveront leur compte dans les énigmes plus retorses et les secrets bien planqués.
Il n’y a pas de frustration chez l’un ni chez l’autre, ce qui est vraiment un équilibre difficile à trouver dans les jeux familiaux. C’est un peu comme un jeu à la carte, où chacun s’y retrouve à son niveau sans jamais avoir l’impression que le jeu n’est pas fait pour lui. Nintendo a clairement maîtrisé ce point à la perfection, et ça se ressent à chaque session.
« Awawawawawa 🙁 »
Malgré ses grandes qualités, Yoshi and the Mysterious Book, n’est évidemment pas exempt de quelques défauts nous ayant quelque peu irrités. Certaines idées de gameplay sont un peu trop loufoques et proposent une expérience brouillonne et imprécise manette en main, ce qui tranche avec la grande maîtrise affichée dans la majorité des niveaux. C’est suffisamment rare pour ne pas plomber l’ensemble, mais ça surprend désagréablement quand ça arrive, surtout dans un jeu aussi bien contrôlé par ailleurs.
La bande-son manque aussi de diversité. On aurait aimé une OST plus variée, mais c’est surtout une petite musique qui revient systématiquement en présence des ennemis qui finit par taper sur les nerfs à force. Ce n’est pas un défaut majeur, mais c’est suffisamment agaçant pour redouter chaque moment où l’on verra des abeilles dans le jeu.
Il y a aussi quelques incohérences dans les choix de design. Le jeu est globalement très doux, sans possibilité de mourir ou de perdre des vies, sauf dans un seul niveau précis où un monstre nous poursuit et peut nous éliminer d’un seul coup de griffe. Ce passage détonne clairement avec le reste de l’aventure et c’est probablement ce qui vaut au titre un PEGI 7 plutôt qu’un PEGI 3, alors que tout le reste du jeu est clairement orienté vers un public très jeune.
Et puis il y a l’absence de mode deux joueurs, qui reste le regret principal qu’on a ici. Avec le gameplay coopératif que la mécanique des créatures aurait pu permettre, Yoshi and the Mysterious Book aurait clairement pu s’imposer comme l’un des meilleurs jeux coop de ces dernières années. C’est vraiment dommage, et on espère que Nintendo y pensera pour un éventuel prochain épisode.
Pourquoi ce Yoshi ne pouvait vraiment pas sortir sur Switch 1
C’est la question que beaucoup se posaient avant la sortie du jeu, et on a eu la réponse très rapidement en jouant. Certains niveaux demandent une puissance de calcul clairement supérieure à ce que la Switch première du nom aurait pu encaisser sans sourciller. L’exemple le plus frappant reste ce niveau où des centaines de boules de coton volent simultanément à l’écran avant de se déposer partout dans le décor, en temps réel, avec des interactions physiques. Sur Switch 1, ça n’aurait tout simplement pas tourné correctement et Nintendo aurait été obligé de revoir ses ambitions à la baisse.

C’est ce genre de séquence qui justifie à elle seule l’exclusivité Switch 2 et qui montre que les développeurs ont vraiment cherché à exploiter les capacités de la nouvelle console plutôt que de livrer un portage déguisé. On sent que le jeu a été pensé pour cette machine dès le départ, et ça se ressent dans l’expérience globale.
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