Pendant des années, Ubisoft incarnait presque à lui seul le jeu vidéo français à l’international. Entre Assassin’s Creed, Far Cry, Rayman, Prince of Persia ou encore Watch Dogs, l’éditeur avait réussi à construire un empire mondial capable de rivaliser avec les plus grands noms américains et japonais. Mais aujourd”hui, Ubisoft traverse probablement la période la plus compliquée de son histoire.
Le groupe français vient d’annoncer une perte opérationnelle record de 1,3 milliard d’euros pour son exercice 2025-2026. Un chiffre colossal, confirmé par le directeur financier Frédérick Duguet, alors même que les réservations nettes du groupe ont chuté de plus de 17 %. Malheureusement pour Ubisoft, le pire ne semble pas encore derrière lui. L’entreprise prévoit déjà une nouvelle baisse des ventes pour l’année à venir, ainsi qu’un nouveau déficit opérationnel et jusqu’à 500 millions d’euros de cash burn, malgré la sortie de Black Flag Resynced qui est pourtant très attendue.
Une situation plus que précaire
Cette descente aux enfers ne sort pas de nulle part. Depuis plusieurs années, Ubisoft accumule les reports, les lancements décevants et les projets annulés. Plusieurs jeux majeurs ont disparu discrètement des radars, tandis que des productions pourtant ambitieuses ont été repoussées à répétition. Même les grosses licences historiques de la firme peinent à retrouver leur aura d’antan. L’entreprise a aussi multiplié les restructurations internes afin de réduire ses coûts, ce qui a mené à encore plus de confusion et d’échecs.
Ces derniers mois, Ubisoft a ainsi supprimé environ 1 200 postes dans le monde et fermé ou réduit plusieurs studios. Pour tenter de rebondir, Ubisoft mise désormais sur ses licences les plus fortes. Le remake Assassin’s Creed 4, désormais connu sous le nom officiel de Black Flag Resynced, fait partie des projets censés rassurer les investisseurs et relancer les revenus à court terme.
Mais une question importante reste en suspens. Ubisoft peut-il encore retrouver sa place de mastodonte du jeu vidéo ? Car au-delà des chiffres, c’est aussi une certaine image qui s’est effondrée. L’éditeur autrefois considéré comme l’un des studios les plus créatifs et ambitieux de l’industrie apparaît aujourd’hui comme une entreprise en manque de direction claire et qui multiplie les choix stratégiques peu pertinents.
Pour autant, il est encore trop tôt pour enterrer Ubisoft. Peu d’éditeurs dans le monde possèdent encore un catalogue de licences aussi puissant. Simplement, l’époque où le nom Ubisoft suffisait à lui seul à créer l’événement semble désormais bien loin.
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