La BYD Seagull vient de se payer une mise à jour majeure. Lancée le 11 mai en Chine dans sa version 2026, la citadine qui fait trembler les constructeurs européens depuis deux ans intègre désormais un LiDAR et son prix en Chine reste inférieur à 9 000 euros. En France, ce sera une autre histoire, mais la Seagull arrive quand même.
Ce que la version 2026 apporte
BYD a officiellement lancé la Seagull 2026 le 11 mai. L’autonomie grimpe à 405 km selon le cycle CLTC chinois, et la citadine intègre désormais un système LiDAR en option, une première absolue dans la catégorie des voitures électriques d’entrée de gamme. Pour situer le niveau d’équipement, avec des systèmes LiDAR, on en trouve sur des Tesla Model S ou des BMW Série 7, mais pas sur des citadines à 9 000 euros ! BYD est en train de faire ce que Xiaomi fait aux smartphones premium c’est à dire embarquer des technologies haut de gamme dans des produits abordables pour rendre la concurrence intenable.
À l’intérieur, la Seagull conserve son écran rotatif de 10,1 pouces, la charge sans fil pour le smartphone et la climatisation. Rien n’a été sacrifié sur l’équipement pour tenir le prix.
Pourquoi ça cartonne autant en Chine ?
La Seagull a été mise sur le marché en Chine en avril 2023. En 2025, BYD est devenu le premier constructeur mondial de véhicules électriques avec 2,26 millions de BEV vendus. La Seagull est l’une des locomotives de ce succès : accessible, bien équipée, fiable, avec une batterie maison qui permet à BYD de comprimer les coûts là où ses concurrents achètent leurs cellules à l’extérieur.
En janvier 2026, BYD a réalisé 100 482 livraisons à l’export, soit plus de la moitié de ses ventes totales du mois. Ce pivot vers l’international s’accélère, et l’Europe est au centre de la stratégie.
En France, elle s’appellera Dolphin Surf mais coûtera 20 000 euros !
En Europe, la Seagull est commercialisée sous le nom BYD Dolphin Surf, un repositionnement lié aux exigences de sécurité européennes, notamment la norme GSR2. Le prix estimé en France est d’environ 20 000 euros, contre moins de 9 000 euros en Chine. L’écart est brutal, et il s’explique par plusieurs facteurs cumulés.
En octobre 2024, la Commission européenne a instauré des droits compensateurs supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, s’ajoutant aux droits d’importation standards de 10 %. Pour BYD, ces droits supplémentaires atteignent 17 %, portant la taxation totale à environ 27 % sur le prix d’usine ! Ajoutez les adaptations aux normes de sécurité européennes, les coûts de distribution, et les marges concessionnaire, les 9 000 euros deviennent 20 000 euros. C’est la réalité du marché européen pour les importations chinoises.
Mais BYD n’a pas dit son dernier mot et pourrait sortir sa botte secrète, son usine hongroise, et c’est là que la situation peut basculer. En étant produite dans la nouvelle usine hongroise de BYD, la Dolphin Surf pourrait prétendre au bonus écologique français, qui exige une production dans certaines zones géographiques. Si ce critère est validé, le prix pourrait descendre sous les 14 000 euros après aides. À ce tarif, c’est la Dacia Spring qui tremble, la Citroën ë-C3 aussi, et toute la gamme des citadines électriques d’entrée de gamme européenne avec.
BYD prévoit d’entrer sur 12 nouveaux marchés européens cette année et de porter son réseau à plus de 1 000 points de vente. Le maillage se construit, les prix se compriment, et la Dolphin Surf arrive dans les concessions françaises dans les prochains mois. Les constructeurs européens ont été prévenus depuis deux ans, la menace n’est donc plus théorique.
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