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Pour qu’on vous réponde, ajoutez ces deux mots à la fin d’un e-mail

Si vous avez l’habitude de terminer vos emails par un simple “Cordialement”, vous pourriez bien perdre des dizaines de réponses chaque année sans le savoir.

Une étude menée par Boomerang, outil de productivité intégré à Gmail et Outlook, a analysé plus de 350 000 fils de discussion pour mesurer l’impact de la formule de clôture sur le taux de réponse des emails. Le résultat est sans appel : la dernière ligne d’un email influence directement les chances qu’on vous réponde, et pas qu’un peu.

Ce que l’étude révèle vraiment

Les emails qui se terminent par une formule de gratitude, quelle qu’en soit la forme, obtiennent un taux de réponse moyen de 62 %, contre 46 % pour ceux qui se ferment par une formule neutre. C’est une hausse relative de 36 %.

Dans le détail, le fameux “merci d’avance”, (“thanks in advance” dans l’étude qui se base sur des conversations anglophones) arrive en tête avec un taux de réponse de 65,7 %, suivi de “thanks” à 63 % et “thank you” à 57,9 %. À l’inverse, “best” ou “cordialement” ferme la marche à 51,2 %. La différence entre la meilleure et la moins bonne formule dépasse donc 14 points. Sur des centaines de milliers d’emails, c’est un écart très significatif.

Boomerang a également filtré son analyse sur les seuls emails contenant un point d’interrogation, pour s’assurer que les résultats ne soient pas faussés par des messages qui n’attendaient pas forcément de réponse. Le classement reste identique, la corrélation est donc solide.

La seule limite de cette étude, c’est que les emails analysés proviennent surtout d’archives de listes de diffusion liées à des logiciels open source et à des contextes académiques anglophones. Elle ne reflète donc pas tous les secteurs professionnels, mais les mécanismes psychologiques sous-jacents restent universels, car ils sont basés sur le comportement humain.

Pourquoi ça fonctionne : la psychologie derrière la formule

L’augmentation du taux de réponse est basée sur la réciprocité et la gratitude. Une étude de 2010 publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology a montré que des participants recevant un email leur demandant de l’aide étaient deux fois plus enclins à répondre favorablement quand le message contenait une expression de gratitude. Pas un long discours, juste un “merci”.

Le mécanisme est simple : lorsque vous remerciez quelqu’un pour une réponse qu’il n’a pas encore écrite, vous réduisez la friction psychologique liée à la demande. L’interlocuteur n’a plus l’impression qu’on lui réclame quelque chose, il pense plutôt qu’on lui fait confiance.

Les chercheurs notent aussi qu’une formule de clôture absente est perçue comme une rupture sociale abrupte, comparable à raccrocher au téléphone sans dire au revoir. Les emails sans formule de clôture obtiennent en moyenne 43 % de réponses, contre 52 à 66 % pour ceux qui en contiennent une. Même une formule neutre vaut mieux que rien.

Transposer ça en français : les équivalents qui fonctionnent

L’étude est anglophone, mais ses mécanismes sont universels, à condition de choisir les bonnes formules. “Thanks in advance” se traduit littéralement par “merci d’avance”, et c’est effectivement son équivalent le plus naturel en français professionnel. Mais il faut noter qu’en français, ce “merci d’avance” peut parfois susciter un léger agacement, car la formule sous-entend que l’action est déjà acquise et que l’interlocuteur n’aurait plus vraiment le choix de refuser. C’est d’autant plus sensible si le reste du message est sec ou trop direct. Certaines formules peuvent adoucir le message :

“Merci pour votre réponse quand vous le pourrez”, ou encore “je vous remercie par avance” sont des tournures plus douces qui évitent l’effet de pression implicite que certains associent au remerciement anticipé.

Les autres facteurs qui font monter le taux de réponse

La formule de clôture est efficace, mais elle n’agit pas seule. D’autres éléments du message peuvent avoir un impact direct sur les chances d’obtenir une réponse. Aujourd’hui, le fameux “Cordialement” isolé ne passe plus partout : il est perçu comme assez froid dans un contexte commercial chaleureux, et à l’inverse, un “Bien à vous” peut paraître déplacé dans un échange formel. Adapter sa formule au registre de la relation est donc le premier ajustement à faire.

Formuler une demande avec une date précise augmente aussi les chances de réponse : “Pourriez-vous me revenir avant jeudi ?” est plus efficace qu’une demande ouverte, sans créer pour autant le sentiment de pression qu’implique un “merci d’avance” mal utilisé. Enfin, remercier plusieurs fois dans un même e-mail produit l’effet inverse : l’excès de gratitude est perçu comme une tentative de manipulation, et réduit le taux de réponse plutôt qu’il ne l’augmente. Un seul remerciement, bien placé, suffit.

La longueur de l’e-mail compte autant que la formule de clôture

Boomerang ne s’est pas arrêté aux formules de politesse. Dans une étude précédente, la même équipe a analysé des millions d’e-mails pour mesurer l’impact de la longueur du texte sur le taux de réponse, et les résultats sont tout aussi instructifs : La plage optimale se situe entre 50 et 125 mots. Dans cet intervalle, les taux de réponse culminent autour de 50 à 51 %. En dessous de 25 mots, ils chutent à 44 %. En dessous de 10 mots, à 36 % seulement. Un e-mail trop court donne l’impression d’un message bâclé, voire incomplet. À l’inverse, au-delà de 200 mots, le taux de réponse redescend à 48 %, car l’attention du destinataire se perd avant d’arriver à la demande. Il faut donc éviter de tourner autour du pot, tout en restant clair et succinct.

Le niveau de langage joue également un rôle : les e-mails rédigés dans un registre simple, proche du langage parlé, affichent un taux de réponse 17 % supérieur à ceux écrits dans un registre soutenu. En pratique, il est préférable d’utiliser des phrases courtes, des mots courants, et une structure qui va droit au but.

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