Pendant trois jours, les usagers franciliens se sont enflammés. Le Pass Navigo sur iPhone via l’application Wallet, utilisé par des millions d’usagers chaque jour et adopté en un temps record, était sur le point de disparaître. Et puis, mardi matin, tout est rentré dans l’ordre. Comme si de rien n’était.
Un scénario catastrophe pour rien ?
Au centre de l’affaire, le pass Navigo intégré à l’application Wallet de l’iPhone, qui permet depuis le printemps 2024 d’acheter et de recharger ses titres de transport sans passer par une application tierce, puis de valider d’un simple geste en approchant son téléphone du portique. Le succès a été immédiat : selon Île-de-France Mobilités, un achat de titre sur quatre passe désormais par l’iPhone.
C’est précisément ce succès qui a fini par poser problème. Saisie par les filiales numériques de la RATP et de la SNCF, l’Autorité de régulation des transports (ART) a rendu le 18 février une décision réclamant un traitement équitable entre les différents canaux de vente de titres. En clair, l’autorité reprochait à Apple de complexifier le processus d’achat hors Wallet, créant de fait une concurrence déloyale. L’idée était donc de revenir sur une situation favorable aux utilisateurs d’iPhone, mais moins au reste des acteurs du marché.
En début de semaine, la présidente d’Île-de-France Mobilités publiait un message virulent sur LinkedIn, dénonçant un « imbroglio réglementaire absurde » et un dispositif « ubuesque », avant d’en appeler directement au président de la République et au Premier ministre pour faire voter en urgence une clarification législative. Le Sénat avait d’ailleurs déjà adopté en avril un amendement requalifiant Apple en simple « apporteur de solutions digitales », et non en opérateur de transport.
Plus de peur que de mal
Dès la fin mars, la cour d’appel de Paris avait déjà tranché : l’ART n’avait pas le pouvoir d’imposer quoi que ce soit à Apple, le régulateur ne pouvant impliquer de force le fabricant de l’iPhone dans un litige qui opposait, à l’origine, des opérateurs de transport entre eux. Ce jugement, pourtant décisif, était passé largement sous les radars. À tel point que le Sénat a légiféré en avril pour contourner une décision déjà prise.
Le dénouement n’a donc rien d’un miracle de dernière minute. Mardi matin, le régulateur a fini par acter ce que la justice avait établi bien avant. Le pass Navigo reste dans Wallet, et la RATP comme la SNCF renoncent à faire appel. Il s’agira désormais de déterminer si la RATP et la SNCF peuvent vendre, via leurs propres applications, l’intégralité des titres franciliens, jusqu’au Navigo annuel. L’enjeu financier, côté Île-de-France Mobilités, se chiffre en dizaines de millions d’euros.
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