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Heures super creuses : êtes-vous concernés par l’électricité à -60 % ?

Les fournisseurs promettent jusqu’à 60 % de réduction sur le prix du kWh pendant l’été. Une bonne affaire, à condition de pouvoir consommer son électricité au bon moment.

À 60 € le mégawattheure sur le marché, la France produit déjà l’une des électricités les moins chères d’Europe. Pourtant, les consommateurs ne le sentent pas vraiment passer sur la facture. C’est justement là qu’intervient le projet des heures « super creuses ».

Des « heures super creuses » pour faire fondre la facture de 60 %

Concrètement, plusieurs fournisseurs (EDF, TotalEnergies, Engie ou encore Octopus) s’engagent à lancer des offres incluant des « heures super creuses », soit des plages horaires où le kWh dégringole jusqu’à 60 % sous son prix habituel. L’idée n’a rien d’altruiste : elle vise à pousser les Français à consommer quand l’électricité est abondante et bon marché à produire, typiquement l’été, en plein après-midi, quand les panneaux solaires inondent le réseau.

Dans le détail, les offres sont déjà sur la table depuis quelques mois. Engie propose une « Référence 3 ans » qui rembourse la moitié de la consommation enregistrée entre 13h et 17h durant tout l’été, jusqu’au 30 septembre. Au même moment, EDF a dégainé « Zen Estival », pensée pour les foyers sans chauffage électrique, avec une baisse de facture annuelle de l’ordre de 9 % par rapport au tarif réglementé. TotalEnergies, de son côté, cible la recharge des voitures électriques avec « Charge’Heures » et ses fameuses heures super creuses entre 2h et 6h du matin, deux fois moins chères que les heures pleines.

Sur le papier, la mécanique est imparable. Le réseau a besoin de lisser sa demande, le solaire produit massivement aux heures où personne ne consomme, et le consommateur récupère quelques euros au passage. Tout le monde y gagne, à un détail près.

Tout le monde ne pourra pas en profiter

Ces tarifs alléchants reposent sur une condition rarement mise en avant : pour les consommateurs, il faut être en mesure de consommer son électricité au moment précis où elle est bradée. Recharger une voiture électrique entre 2h et 6h, programmer son ballon d’eau chaude l’après-midi, lancer son lave-linge à 14h ou faire tourner sa pompe de piscine quand le soleil est le plus fort. Autant dire que ces offres parlent d’abord aux foyers déjà équipés, propriétaires de leur logement, dotés d’appareils programmables et, souvent, présents chez eux en journée.
Pour un locataire de studio chauffé au gaz qui part travailler à 8h et rentre à 19h, le concept est difficile à appliquer.

Le chiffre, brandi comme un argument choc, reste un plafond théorique qui ne s’applique qu’à une fraction des kilowattheures consommés. Le reste de la journée, c’est le tarif plein qui s’appliquera. Selon les estimations, il faudra consommer au moins 26 % de son électricité en heures creuses pour que l’option devienne rentable.

Une réforme déjà bien engagée

Ce que l’annonce passe également sous silence, c’est que le terrain était déjà labouré. Depuis le 1er novembre 2025, la Commission de régulation de l’énergie a lancé une refonte progressive des heures creuses qui concerne entre onze et quatorze millions et demi de foyers, et qui s’étalera jusqu’à fin 2027. Objectif : déplacer une partie des créneaux avantageux vers l’après-midi pour absorber la production solaire, là où ils étaient historiquement calés sur la nuit. Les « heures super creuses » des fournisseurs ne tombent donc pas du ciel, mais s’inscrivent dans une logique déjà en marche.

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