Le C21 est disponible à 899 euros sur le site Fiido et chez quelques revendeurs dans une seule coloris, noir anthracite, et en trois tailles de cadre (M, L et XL).
C’est quoi un vélo gravel ?
Le gravel est une catégorie de vélo née entre le vélo de route et le VTT. Conçu pour rouler sur plusieurs surfaces (asphalte, chemins de terre, pistes forestières, sentiers tassés) il se distingue par ses pneus plus larges que le vélo de course (35 à 50 mm en général) avec un léger crantage, sa géométrie confortable sur la durée et son cadre robuste pour encaisser les vibrations. Le guidon peut être plat (comme sur un VTC) ou cintré de type course. Le Fiido C21 appartient à cette famille car c’est un vélo électrique pensé pour la ville et les chemins légers, avec les atouts de légèreté et de polyvalence qui définissent la catégorie.
Un design épuré qui cache bien son jeu
Le cadre en aluminium pèse 17,5 kg au total. Pour un VAE, c’est léger, et ça se ressent immédiatement à la prise en main et en selle. Le cadre est de type diamant avec une légère inclinaison du tube supérieur qui lui donne ce profil intermédiaire entre le vélo de course et le VTC. Tous les câbles passent à l’intérieur du cadre, sans aucun élément qui dépasse. Les soudures sont propres et polies sur la partie haute, un peu moins visibles sur la partie basse.
Un bémol sur les garde-boue fournis, en plastique souple, leur qualité de finition tranche avec le soin apporté au reste du vélo. Le montage est peu intuitif et demande de la patience. On aurait apprécié quelque chose de plus solide et mieux ajusté sur une machine à 899 euros.
La batterie de 208,8 Wh est intégrée directement dans le tube diagonal, quasiment invisible. Elle n’est pas amovible pour l’usage quotidien, ce qui est le principal point à accepter avant l’achat car impossible d’emporter la batterie dans un café ou au bureau pour la recharger. Il faut amener le vélo entier, ou disposer d’une prise accessible dans son garage. Une trappe de service en dessous du cadre permet cependant le remplacement en cas de panne. La charge se fait via un port latéral protégé par un obturateur en caoutchouc, et la durée de recharge est de 3 heures.

Le capteur de couple Mivice : l’argument qui tient la route
Le moteur arrière de 250 W est couplé à un capteur de couple Mivice. En conditions réelles, l’assistance est bonne, avec une légère différence par rapport à un vélo classique. Ce n’est pas la sensation magique que certains décrivent, mais c’est nettement au-dessus d’un simple capteur de cadence. L’assistance monte progressivement selon l’effort exercé sur les pédales, sans à-coups. Le démarrage à feu rouge est propre. La coupure à 25 km/h est progressive plutôt qu’abrupte.
Cinq modes d’assistance sont disponibles : éco, normal, sport, turbo et turbo plus. Les niveaux 1 et 2 sont quasi imperceptibles, le niveau 3 (normal) est le point d’équilibre quotidien. Le moteur est remarquablement silencieux. Le bruit des pneus sur la route couvre complètement celui du moteur. Il dispose de 9 vitesses L2 RS avec une transmission fluide et précise, les changements sont nets, sans à-coups ni bruits parasites. Notez que la marque L2 est fondée par un ex-ingénieur Shimano, et ça se sent dans la qualité du dérailleur.
Le guidon plat n’est pas réglable en hauteur, seulement en angle. La position de conduite est légèrement sportive et avancée, entre le VTC et le vélo de route. Elle convient bien pour un usage quotidien actif, mais peut être inconfortable pour des dos fragiles sur de longues distances. La selle d’origine est correcte, mais une selle plus ergonomique s’impose pour des sorties régulières.
Une autonomie honnête sur la durée
Fiido annonce 80 km en mode éco. En conditions réelles, on obtient entre 24 et 55 km selon le mode utilisé. En usage normal (mode 3, terrain mixte, utilisateur d’environ 80 kg), l’autonomie tourne entre 40 et 55 km. En mode turbo intensif, elle descend à 24-30 km. Nous avons confronté nos chiffres avec d’autres tests indépendants menés sur plusieurs mois sur plusieurs milliers de kilomètres, et il sont assez cohérents.

Pour ceux qui ont besoin de plus, une batterie additionnelle en forme de porte-bidon est disponible à 249 euros. Elle se fixe sur les deux vis prévues à cet effet dans le cadre, reste invisible dans le design du vélo, et double l’autonomie. Pas indispensable en usage urbain quotidien, mais utile pour les randonnées plus longues.
Les freins : un rodage à prévoir
On retrouve des freins hydrauliques Tektro M275 avec disques de 160 mm, avant et arrière. La puissance de freinage est très bonne une fois rodés. Les premiers kilomètres demandent un rodage : les plaquettes prennent du mordant progressivement. Après ce rodage, le freinage est précis, puissant et bien dosable, y compris en situation d’urgence. La roue avant est équipée d’un axe traversant (thru-axle), qui offre une meilleure sécurité que les fixations classiques et rend le retrait de la roue très simple en cas de crevaison. La roue arrière utilise un boulon classique.
Route et chemins : à l’aise sur les sentiers légers, pas fait pour le tout-terrain
Le C21 est commercialisé comme un vélo gravel électrique. En conditions réelles, c’est un excellent vélo urbain qui supporte les chemins légers. Les pneus 700×40 Kenda avec petits crampons permettent de s’aventurer sur des sentiers, des chemins de campagne et des routes en gravillon sans problème. Là où ça se complique, c’est sur du vrai gravel technique : sans suspension et avec un cadre rigide, chaque imperfection se ressent. Ce n’est pas désagréable sur les petits reliefs, mais ce n’est pas fait pour le tout-terrain exigeant. En ville en revanche, c’est excellent pour sa maniabilité, sa légèreté et sa réactivité au feu rouge.

Le verrouillage via l’application désactive la batterie et l’écran, mais n’empêche pas de pédaler mécaniquement, un antivol solide reste donc indispensable. Notons également qu’il n’y a pas de feu arrière relié à la batterie principale, le feu arrière fourni fonctionne sur sa propre batterie USB-C, avec une autonomie de 35 heures environ et il faut penser à le charger séparément. Alors que le phare avant est correct comme feu de position diurne, mais insuffisant pour une conduite de nuit sans éclairage urbain.
Finalement, l’application Fiido est fonctionnelle sans être indispensable puisque les informations disponibles dans l’app (vitesse, kilométrage, niveau batterie) sont déjà accessibles sur le compteur du vélo. Son principal intérêt est la fonction Bike Guard, qui désactive complètement le vélo via app et le rend inutilisable même si quelqu’un tente de l’utiliser. En mode Bike Guard activé, la mise en marche ne peut se faire que depuis l’application, pas depuis l’écran.
SAV, garantie et fabrication : Fiido mise sur la proximité européenne
C’est un argument qui compte de plus en plus dans le choix d’un vélo électrique à ce prix : que se passe-t-il si quelque chose ne va pas ? Fiido répond à cette question avec une garantie de 24 mois sur le vélo et 36 mois sur le cadre, complétée par une politique de retour sous 30 jours. Les pièces détachées sont disponibles sur le site officiel, et les retours clients sur le SAV français sont globalement positifs en termes de réactivité.
Ce qui change vraiment la donne depuis peu, c’est l’ouverture d’un site de production en France. Ce n’est pas un simple entrepôt de distribution car Fiido a installé une véritable capacité de fabrication, de test et de service sur le sol européen. L’objectif affiché n’est pas de réduire les coûts, mais de construire un système de fabrication et de service après-vente plus stable, plus fiable et plus réactif pour les clients européens.
Concrètement pour l’acheteur, cela se traduit par des délais de livraison réduits (2 à 10 jours selon les entrepôts européens), une meilleure réactivité sur les problèmes de conformité réglementaire, et une boucle de service après-vente plus courte. Les vélos fabriqués en France sont identiques en performance et en qualité à ceux produits ailleurs, seule la livraison étant plus rapide.
Tous les modèles vendus sur le site français sont certifiés CE et EN 15194, avec un moteur bridé à 250 W et une assistance limitée à 25 km/h. Ils sont assimilés à des VAE standards en France, sans obligation d’immatriculation ni d’assurance spécifique, et éligibles aux aides locales à l’achat lorsqu’elles existent.
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