Hollywood découvre qu’un youtubeur avec une communauté vaut parfois davantage qu’une star de cinéma. L’industrie cinématographique n’est pas encore remise du succès d’Obsession que déjà un autre métrage d’épouvante fait sensation dans les salles obscures. A24 vient de réaliser le meilleur démarrage de son histoire avec Backrooms porté par Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve et Mark Duplass. En seulement trois jours, le projet a engrangé 118 millions de dollars. Son budget ? À peine 10 millions. S’il n’a pas encore investi tous les écrans du monde, il arrive le 17 juin en France, le studio commence déjà à préparer la suite. La rentabilité du projet pousse le studio à vouloir exploiter la licence le plus possible, il aurait tort de s’en priver. Il confirme une tendance qui s’installe de l’autre côté de l’Atlantique et en France.
Le retour en salles de la génération YouTube
L’industrie tente depuis plusieurs années de faire revenir la génération Z au cinéma. Après plusieurs tentatives infructueuses, le grand écran semble avoir trouvé la recette miracle. Cette année a été marquée par le succès d’Iron Lung, produit et réalisé par un créateur de contenu américain. Obsession est aussi le produit d’une culture YouTube, son metteur en scène a fait éclore de nombreux courts-métrages horrifiques avant d’investir le grand écran. Il affiche désormais 106 millions de dollars au box-office mondial pour moins d’un million de budget.
Backrooms de son côté, puise dans la culture “reddit” pour faire fonctionner sa magie. Son réalisateur Kane Parsons s’est emparé d’une légende urbaine popularisé sur un thread pour créer une mini-série YouTube avant d’investir le cinéma sous l’égide d’A24.
Ce n’est pas vraiment la première fois qu’Hollywood ouvre les portes à la génération internet. On se souvient de David F.Sandberg, réalisateur qui a débuté sa carrière sur YouTube avec des courts-métrages horrifiques avant de taper dans l’œil de James Wan. Ce dernier adaptera son Lights Out. Sandberg s’emparera de son côté d’Annabelle 2 et ira même s’inviter chez DC Studio aux manettes de Shazam!.
Mais alors qu’est-ce qui change ? Les succès d’Iron Lung, Backrooms et Obsession est à part car il évolue en marge des circuits traditionnels. Leurs minuscules budgets leur permettent d’atteindre la rentabilité en un éclair. Par la même occasion, ils peuvent compter sur leurs communautés pour se déplacer massivement au cinéma. Si l’ère des acteurs — celles capables de faire se déplacer les foules — semble révolue, les créateurs et influenceurs ont toujours ce pouvoir.
Rien de bien étonnant quand on sait que le public, et les utilisateurs sur les réseaux sociaux sont à la recherche de plus d’authenticité. Les liens parasociaux, cette illusion d’une proximité entre une personnalité et les fans, pourraient être la meilleure arme dont dispose Hollywood pour attirer les jeunes spectateurs. Markiplier, plutôt que de donner des interviews pour promouvoir son projet, s’était emparé de sa caméra pour raconter les coulisses de son film. Il fait sa propre promotion et le public est au rendez-vous.
En France d’ailleurs, ce phénomène trouve aussi un écho alors que le premier long-métrage de Will Aime est proposé sur Disney+ ou que le documentaire de Seb a été présenté en avant-première à Cannes.
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