La mission Comet Interceptor a franchi une nouvelle étape. L’IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) a livré le modèle de vol de son spectromètre LEES au Centre de recherche spatiale de l’Académie polonaise des sciences, à Varsovie. L’instrument va désormais participer aux essais de l’ensemble scientifique de la mission.
Un instrument français prêt à embarquer
LEES n’est pas là pour prendre de jolies photos. Sa spécialité, ce sont les électrons de basse énergie. L’appareil analysera les particules chargées présentes autour d’une comète afin d’aider les scientifiques à mieux comprendre son environnement. Il fait partie de la suite instrumentale DFP (« Dust, Fields and Particles »), chargée de mesurer tout ce qui se passe autour du noyau de la comète : champs magnétiques, champs électriques, densité du plasma, température, vitesse des particules ou encore impacts de poussières. De quoi dresser une carte d’identité assez complète de ces visiteurs venus des confins du système solaire.
Le développement de LEES a mobilisé plusieurs partenaires européens. L’université Charles de Prague a fourni une partie des alimentations électriques tandis que le Laboratoire d’astrophysique de Bordeaux a contribué à certains éléments mécaniques. Ce qui rend Comet Interceptor unique, c’est que personne ne sait encore précisément ce qu’elle observera. La sonde sera envoyée vers le point de Lagrange L2, à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre, où elle pourra patienter plusieurs années en attendant qu’une comète intéressante soit repérée.
L’objectif idéal ? Une comète « dynamiquement nouvelle », c’est-à-dire un objet qui effectuerait l’un de ses premiers passages dans le système solaire interne. Ces corps célestes sont particulièrement précieux car ils ont relativement peu changé depuis la naissance du système solaire. Pour étudier sa cible sous tous les angles, Comet Interceptor ne voyagera pas seule. La sonde principale déploiera deux petits satellites compagnons, dont l’un fourni par l’agence spatiale japonaise JAXA. Les trois engins effectueront des observations simultanées lors du survol, qui pourrait avoir lieu à des vitesses atteignant 70 km/s.
Et contre toute attente, un retard pourrait bien profiter à la mission. Initialement, Comet Interceptor devait partager son lancement avec Ariel, une autre mission scientifique européenne. Mais le calendrier d’Ariel a glissé jusqu’en 2031, alors que Comet Interceptor devrait être prête dès 2028. Laisser une sonde flambant neuve prendre la poussière pendant trois ans n’était pas vraiment l’option la plus séduisante. L’ESA a donc validé un nouveau scénario : un lancement entre août 2028 et juillet 2029. Et ce changement pourrait même améliorer les performances de la mission : grâce à une masse disponible plus importante, la sonde pourra embarquer davantage de carburant.
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