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EDF débloque 80 millions d’euros pour climatiser les écoles, mais ça ne va pas suffire

Trois mille cinq cents écoles fermées, des salles de classe à 36 °C : pour répondre à la canicule, EDF promet 80 millions d’euros de rafraîchissement aux établissements scolaires.

Depuis le 16 juin, la France est passée en mode cuisson lente. Ce jeudi 25 juin, 3 500 écoles ont affiché portes closes, quand 10 000 autres ont adapté leurs horaires pour épargner les enfants. Dans certaines salles de classe, le thermomètre est monté jusqu’à 36 °C. Pendant que des centaines de milliers de collégiens passaient le brevet dans des fournaises, EDF a sorti le carnet de chèques. L’entreprise a débloqué 80 millions d’euros pour équiper les écoles, les crèches et les centres de loisirs en « systèmes de rafraîchissement ».

Une aide en deux temps

L’aide se divise en deux volets de 40 millions d’euros chacun. Le premier vise l’urgence : une prime forfaitaire de 400 € par équipement (ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs mobiles ou fixes), dans la limite de dix appareils par établissement, et jusqu’au 30 septembre prochain. EDF promet ainsi de financer plus de 100 000 équipements dans plus de 10 000 établissements.

La seconde étape joue sur le long terme, avec des primes de 10 000 € par établissement pour des projets durables, comme des pompes à chaleur réversibles capables de chauffer l’hiver et de rafraîchir l’été. À cela s’ajoutent 50 millions d’euros mobilisés en parallèle par la Banque des Territoires, la Banque postale et l’organisme ACTEE, dans le cadre du programme Edurénov.

EDF signe un partenariat rentable

Car il y a un détail qu’on aurait tort d’oublier : EDF vend de l’électricité, et la climatisation en dévore en quantité industrielle. Offrir des climatiseurs aux écoles, c’est financer aujourd’hui des appareils qui gonfleront la facture demain, donc le chiffre d’affaires de l’entreprise. Et comme EDF est détenue à 100 % par l’État, c’est un pari gagnant pour tout le monde.

Face à ce mur, 80 millions d’euros pour quelques milliers d’établissements (sur près de 60 000 en France) tiennent du pansement plus que de la solution à long terme. Pire : l’ADEME le répète depuis des années, la climatisation devrait rester le dernier recours, après l’isolation, les protections solaires et la ventilation. Multiplier les climatiseurs, c’est rejeter encore plus de chaleur dehors et accentuer les îlots de chaleur urbains.

Reste que, sur le moment, un brumisateur électrique vaudra toujours mieux qu’une couverture de survie scotchée à la fenêtre. EDF l’a bien compris : son plan répond à une détresse réelle, immédiate, et personne ne crachera dessus en pleine vague de chaleur. D’autant plus que les experts ont déjà alerté sur le sujet : cet été caniculaire sera l’un des plus frais du reste de notre vie. En attendant, l’été prochain est déjà à l’horizon.

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