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Test Steam Machine : 5 trucs qu’on a aimés, 5 qu’on a détestés sur la console de Valve

Dix ans après un premier flop retentissant, Valve rebranche son cube noir sur la prise du salon. J’ai passé plusieurs jours manette en main pour voir si cette fois, c’était la bonne.

Il y a comme un air de déjà-vu. En 2015, la première Steam Machine s’était vautrée dans les grandes largeurs. Dix ans plus tard, Valve remet une pièce dans la machine, mais cette fois en maîtrisant tout de bout en bout, du silicium à SteamOS. La promesse est limpide, toute votre bibliothèque Steam sur la télé du salon, sans prise de tête, et ce avec 6 fois plus de puissance que le Steam Deck, version portable de la machine donc. Et pour le coup, elle est en grande partie tenue. Le hic, c’est que la Steam Machine démarre à 1 039 euros, un prix qui a surpris tout le monde, et pas dans le bon sens du terme. Après avoir testé la console/le PC, voici selon nous cinq raisons de craquer et cinq raisons de fuir.

Test Steam Machine
© Robin Sabbadini

Avant de rentrer dans le vif, un mot sur ce qu’il y a sous le capot. On a affaire à un CPU Zen 4 semi-custom en 6 coeurs/12 threads poussé jusqu’à 4,8 GHz, épaulé par un GPU RDNA 3 avec 28 unités de calcul et 8 Go de GDDR6. Ajoutez 16 Go de DDR5-5600, une alimentation interne de 300W, et un SSD de 512 Go ou 2 To selon le modèle. Sur le papier, ça pose de belles bases. La réalité, on va le voir, est plus nuancée.

Une installation express et un silence d’or

On commence par du concret et du positif. Sortir la Steam Machine du carton et la lancer relève de la formalité. Deux câbles à brancher, l’alimentation et le HDMI (ou le DisplayPort si vous partez sur un écran de PC), on connecte le Steam Controller ou un combo clavier/souris, et tout est reconnu du premier coup. La machine enchaîne quelques mises à jour rapides, vous fait choisir votre config audio entre stéréo, 5.1 et 7.1, puis se connecte à votre compte Steam en trois secondes si vous avez déjà l’appli. Pas de galère, pas de pilote à chasser, on est bien sur une logique console.

Et une fois lancée, la bête se fait oublier. Au sens propre. Au repos elle est carrément inaudible, et sous charge elle reste d’une discrétion exemplaire. On tient là une vraie sensation de console de salon, pas de PC qui vrombit à côté du canapé. Sur un meuble TV, à trois mètres de nous, c’est impossible de l’entendre.

C’est une Wii ou une Steam Machine ?

La Steam Machine est un simple cube noir, mais heureusement, elle est personnalisable. La façade est interchangeable avec son système aimanté. On peut aussi changer la couleur de la bande lumineuse en façade, et j’ai évidemment mis la mienne en orange, hommage direct à la mythique Orange Box de 2007.

Mais au-delà du gadget, cette barre a une vraie utilité. Quand on lance un téléchargement, elle se remplit progressivement au fil de l’avancement. Un coup d’œil depuis le canapé suffit à savoir si le jeu est prêt, sans même rallumer la télé. C’est le genre de détail pensé pour l’usage salon, et ça marche très bien ici.

La communauté SteamOS toujours aussi impliquée

Comme souvent avec l’écosystème Valve, c’est le soutien des joueurs qui fait la différence. J’ai lancé Plants vs Zombies Remastered et, en un clic, j’ai pu télécharger une configuration de commandes taillée pour le Steam Controller. Résultat, je jouais au trackpad comme à la souris, aussi précisément, mais avachi dans mon canapé. Aucune console classique ne propose ce niveau de personnalisation communautaire. Et l’interface joue le jeu de la transparence, chaque titre est étiqueté selon son niveau de compatibilité avec la machine.

Petite, mais quand même costaud

Avant l’arrivée de la Steam Machine, je pensais sincèrement tester une machine uniquement bonne à faire tourner du jeu indé peu gourmand, et pas grand-chose d’autre. Sur ce point, j’avais tort. La Steam Machine encaisse du triple A actuel, à condition de composer intelligemment avec l’upscaling d’AMD, le FSR. Uncharted 4 tourne à 60 FPS en Ultra en 3440x1440p, et reste jouable autour de 50 FPS en 4K toujours en Ultra. 007 First Light passe en 4K, FSR mode qualité, détails moyens, à 45 FPS bien stables. Halo tient 40 FPS en élevé en ultrawide et reste stable à 30 FPS en 4K.

Le mérite revient en grande partie au FSR, dont la gestion au niveau de l’OS fait des merveilles pour lisser les images. Et contrairement au Steam Deck, où il fallait systématiquement trifouiller tous les paramètres pour que chaque jeu daigne tourner correctement, ici la puissance supérieure de la machine simplifie grandement les choses. On lance, on ajuste deux curseurs, on joue. Pour un boîtier de cette taille et de cette discrétion, le résultat force le respect.

Un vrai PC déguisé en console

C’est peut-être son plus gros atout, et celui qu’on oublie trop vite. Sous ses airs de console, la Steam Machine reste un ordinateur complet. Vous n’êtes pas (totalement) prisonnier de l’écosystème fermé d’un constructeur. Pas d’abonnement à payer pour jouer en ligne, une bibliothèque Steam bien moins chère que les stores console avec ses soldes à répétition et ses jeux offerts régulièrement, et surtout la liberté d’installer d’autres logiciels, d’autres boutiques, voire un autre système d’exploitation.

Test Steam Machine
© Robin Sabbadini

Vous pouvez vous en servir comme machine de travail ou comme centre multimédia du salon. Bonus non négligeable : Valve bosse avec iFixit pour fournir des pièces détachées de tout, y compris l’alimentation sur mesure. Sur la réparabilité, c’est un signal fort et bienvenu.

Bon, passons maintenant aux aspects qui fâchent de la Steam Machine.

Cher, beaucoup trop cher

Le tarif bien trop élevé de la Steam Machine n’est un secret pour personne. La console démarre à 1 039 euros pour le modèle 512 Go sans manette, et grimpe jusqu’à 1 428 euros pour le bundle 2 To avec Steam Controller et façades supplémentaires. On est très loin des 500 à 700 euros qui circulaient à l’automne, un prix auquel le mini-PC de Valve aurait constitué une alternative redoutable à la PlayStation 5 ou à la Xbox Series X.

À ce tarif-là, le calcul ne laisse aucun doute. Une PS5 fait tourner du triple A dans de meilleures conditions pour deux fois moins cher. La faute en grande partie à la pénurie mémoire, certes, mais le portefeuille du joueur, lui aussi, est en pénurie dans ce cas là.

Une puissance sciemment bridée

Voilà le vrai drame technique, et la raison pour laquelle je parle de console du passé. Valve a serré le TDP à mort pour tenir dans son alimentation de 300W et rester silencieux. Le CPU est plafonné à 30W, le GPU à 110W. Conséquence directe, la machine ne sera jamais à la hauteur de sa fiche technique. Côté carte graphique, la Steam Machine se situe au niveau d’une RTX 3060 ou d’une RX 6600, soit du matériel de 2021.

Test Steam Machine
© Robin Sabbadini

Et c’est encore pire côté processeur où le Zen 4 tombe au niveau d’un R7 3700X ou d’un R5 3600, payer plus de mille euros en 2026 pour l’équivalent d’une config de 2019, ça a de quoi rester en travers de la gorge.

Le mur du ray tracing et les jeux qui refusent de tourner

Puisqu’on parle de puissance, autant enfoncer le clou. Dès qu’on active le ray tracing, tout s’effondre. Il faut oublier ces effets. Et il y a plus embêtant que les réglages à baisser : certains jeux ne se lancent tout bonnement pas à cause dont l’anti-triche est incompatible avec SteamOS. Un problème récurrent des jeux compétitifs sous Linux, qui rappelle qu’aussi impressionnant soit Proton, il reste des angles morts frustrants.

Sortir de l’écosystème Steam ? Un saut dans l’inconnu et la prise de tête

Tant qu’on reste dans le cadre douillet de Steam, tout marche plutôt facilement. Mais sortez-en, et l’expérience devient particulièrement lourde. Pour installer un jeu offert par l’Epic Games Store par exemple, il faut basculer en mode bureau et passer par une application comme Heroic Games Launcher. Même galère avec tout logiciel dépourvu de version Linux où il faut toujours trouver une alternative. Pas de Razer Synapse pour configurer ses périphériques, par exemple, ce qui est un comble sur une machine qu’on va justement tester avec du matos gaming.

Test Steam Machine
© Robin Sabbadini

J’ai aussi essuyé quelques bugs d’interface, dont un menu qui a purement et simplement refusé de s’ouvrir sans raison apparente. Rien de rédhibitoire, mais on sent une couche logicielle encore en rodage.

Une console parée pour l’avenir ?

On termine par l’aspect pérennité de la Steam Machine. Quand on achète une PlayStation, une Xbox ou une console Nintendo, on s’assure de jouer au triple A dans de bonnes conditions pendant au moins cinq ans. Avec la Steam Machine, il est impossible d’en dire autant ici. La console de Valve peine déjà à égaler une PS5 qui, elle, arrive en bout de course. Alors le jour où la PS6 débarquera, il ne faudra clairement pas s’attendre à des miracles sur les titres next-gen. Il faut être conscient qu’on achète ici une machine qui devrait très bientôt être dépassée.

Test Steam Machine
© Robin Sabbadini

Ajoutez à cela une gestion du stockage frustrante, où 512 Go sont trop justes pour les mastodontes actuels et où passer aux 2 To fait exploser la facture. Aucune option ne tombe juste. Et pour couronner le tout, l’absence de WiFi 7 sur un produit vendu à ce prix laisse un goût amer. Ce sont les détails qui, mis bout à bout, transforment un achat déjà discutable en pari risqué.

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Notre avis

Ne nous méprenons pas, la Steam Machine est une superbe pièce d’ingénierie. Silencieuse, compacte, facile à vivre, réparable, portée par un SteamOS dont j’aime sincèrement la direction. Elle prouve que Valve a retenu les leçons du désastre de 2015. Mais elle est une console du passé à double titre : sa puissance bridée la ramène cinq ans en arrière, et son concept même aurait fait un carton s’il était arrivé quelques années plus tôt.

À 700 euros, j’aurais fermé les yeux sur ses défauts en échange de ses vrais bonus, l’online gratuit et la bibliothèque Steam en tête. Mais à plus de mille euros pour une machine aussi peu taillée pour l’avenir, je n’y vois pas un produit viable dans le marché actuel. Exactement comme son grand frère le Steam Deck, qui vient lui aussi de se prendre une hausse de prix brutale dans les dents. Valve tient une bonne idée, mais le contexte et le tarif en font un mauvais investissement.

Les plus

  • Installation ultra-simple et silence de fonctionnement exemplaire
  • Force de la communauté SteamOS
  • Bonne tenue sur le triple A grâce au FSR
  • Un vrai PC déguisé en console

Les moins

  • Prix trop élevé
  • Logiciels sans version Linux à la traîne
  • Puissance qui ne devrait pas être suffisante prochainement

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