Passer au contenu

Cette série avec des chats par l’auteur de The Office, cartonne sur Netflix

Le créateur de The Office, Ricky Gervais, a encore frappé. Mais cette fois, le scénariste, acteur, réalisateur et producteur a décidé d’imposer son style grinçant et irrévérencieux dans une série animée mettant en avant des chats. On a regardé cette mini-série, dont l’intégralité est disponible sur Netflix. Et voici notre verdict.

Les chats. En photo. En vidéo. En live. Dans un film ou dans une série. Voire même dans un jeu vidéo (oui, Stray, c’est à toi qu’on cause). Peu importe le format, cet animal domestique fait un malheur à chaque fois qu’il se montre à l’écran. Trop mignon, trop chou… les superlatifs ne manquent pas quand il s’agit d’expliquer ou de manifester l’attachement viscéral des gens pour ce petit félin. Alors, forcément, quand Ricky Gervais s’intéresse à eux et décide d’en faire les vedettes de son nouveau show, forcément, ça attire l’attention.

C’est fait par qui ?

Petit rappel au cas où si le nom de la personnalité cité juste au-dessus n’a rien évoqué dans votre esprit : Ricky Gervais, connu pour ses spectacles comiques et son humour particulièrement acerbe, n’est autre que le créateur, scénariste et acteur, entre autres, de la version britannique de la série iconique The Office.

Iconique car dérangeante, drôle, maligne dans son écriture, parfois fine, parfois balourde mais surtout pleine d’émotions, dont la version américaine, portée par Steve Carell, a marqué les esprits et la pop culture. Ricky Gervais, lui, a changé de dimension grâce à cette série. L’humoriste et touche-à-tout britannique a obtenu le Golden Globe du meilleur acteur en 2004. Et dans la foulée, il a présenté à cinq reprises la célèbre cérémonie.

Pourquoi des chats ?

Oui, tiens, pourquoi mettre en avant des chats dans son nouveau projet ? Parce que Ricky Gervais les préfère aux humains. Parce qu’il est fasciné par leur comportement et leur changement d’émotions. Parce qu’il a pensé cette série pendant le Covid et le confinement. Parce que Gus, le « héros » d’Alley Cats, c’est une fusion de lui-même et de son propre chat, Pickle.

Parce que quand les animaux sont ainsi mis en valeur, on a droit à un produit de la qualité de BoJack Horseman, disponible lui aussi sur la plateforme Netflix. Et enfin, parce que dans ce projet, il a pu réunir deux de ses passions : les chats donc, mais aussi les insultes.

De quoi ça parle ?

Alley Cats nous fait suivre le quotidien de cinq chats errants, en Angleterre, qui squattent le salon d’une vieille bâtisse abandonnée et plus précisément son canapé, super confortable pour dormir et sa télévision et ses programmes, prétexte à lancer moults débats entre eux sur la vie, son sens, les humains et leur place à eux, les chats, dans cet ensemble.

Les Chats D'alley Cats
© Netflix

Gus, doublé par Ricky Gervais, est le leader de cette bande. Bourru au premier abord, mais qui a surtout une sensibilité à revendre, qu’il s’évertue à cacher constamment aux autres, de peur d’être jugé. Il est régulièrement accompagné dans son quotidien par Ponce, un chat au train de vie bourgeois, Fang, un chat toujours prompt à se battre, Puke et son hygiène de vie douteuse et Olive, la demi-soeur un peu simplette de Gus. Chaque chat a sa propre personnalité et son propre background, les vannes et les insultes fusent et tout y passe : le sexe, les relations entres membres d’une même espèce, la société, et un des thèmes favoris de Gervais, la mort.

La bande, qui va s’étoffer au fur et à mesure des épisodes, va néanmoins rapidement se trouver une mission commune, celle qui va rythmer les six épisode de la série : aider un chaton perdu à retrouver sa maison. Une tâche pas compliquée sur le papier, sauf si ledit chaton ne reconnaît pas son chemin ni ne fait preuve d’un minimum de mémoire. Et il n’est pas franchement aidé par cette bande de bras cassés, que le moindre événement suffit à distraire.

Pourquoi ça mérite d’être vu

Pour être tout à fait honnête, Alley Cats nous a fait le même effet que The Office lors de notre visionnage. On est passé par plusieurs émotions. Ok mais, pour quoi faire ? Au début. Ok, c’est pas mal mais qu’est-ce que ça raconte ? Ensuite. Et enfin, en fait, y a quand même quelque chose dans cette série.

Six épisodes de quinze minutes environ, c’est court et c’est bien suffisant aussi pour ce qu’Alley Cats veut nous raconter. L’idée, c’est de suivre cinq chats en galère, qui déblatèrent sur eux, sur le monde et tout ce qui les entoure à longueur de temps, sans but aucun. Aider le chaton perdu va pousser leur réflexion un peu plus long et, surtout, démarrer un travail d’introspection chez chacun d’entre eux. Oui car derrière leur réplique Pipo-caca, leurs réflexions parfois justes et souvent sorties de nulle part, il y a des enjeux, majeurs et mineurs, pour chacun de ces chats.

Canapé Alley Cats
© Netflix

On peut ne pas aimer le style et l’humour de Ricky Gervais, qui s’amuse à choquer en permanence. Mais on ne peut enlever à cette série un certain talent : celui de nous faire nous attacher à ces chats. On a envie de les revoir galérer. Quant à la portée réelle de cette série, si ce n’est celle d’exister, elle fait du bien sûr des thèmes toujours autant sources d’émotions. On pense à la mort, à la solitude, à la place des uns et des autres. Alley Cats ne réinvente pas la roue, non. Mais elle fait du bien. Elle fait rire (ou au moins sourire, selon votre degré d’humour). Mais elle peut faire pleurer aussi.

Pourquoi vous risquez d’être aussi (un peu) sur votre faim

Six épisodes, c’est bien pour l’intrigue principale, à savoir ramener le chaton perdu chez lui. Mais c’est excessivement court pour développer tous les personnages présentés au cours de ce périple. On s’attache oui mais on aurait aimé en savoir plus. Tous les chats ne sont pas logés à la même enseigne et ça se voit. On pense notamment au chat précieux, Ponce, qui est un sujet de blagues en tout genre tout du long mais qui n’est pas vraiment approfondi. Par moments, Alley Cats donne surtout l’impression d’être un projet carte blanche offert à Ricky Gervais et uniquement validé par Netflix sur son nom et sa réputation, moins par la consistance du produit.

Ponce Alley Cats
© Netflix

Dans cette série animée, l’animation, qui est correcte, passe totalement au second plan. Et c’est normal : les dialogues ont été écrits et joués avant la création des storyboards. Les dessins et les plans sont venus accompagner le texte et non l’inverse cette fois. Au-delà de cet aspect technique, Alley Cats souffre de son format. Il aurait peut-être fallu conserver l’aspect tranche de vie uniquement pour un total aussi faible d’épisodes. Reste à savoir si une saison 2 pourrait suivre. Et si c’était le cas, elle serait la bienvenue.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode