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IPTV : la Ligue des champions arrive et voici toutes les dispositions mises en place pour empêcher le visionnage illégal

Le coup d’envoi approche et la justice française a déjà sorti l’artillerie lourde. Cette année, passer entre les mailles du filet va devenir un sacré casse-tête.

Canal+ n’a pas attendu le premier coup de sifflet pour dégainer. Le 17 juillet, le tribunal judiciaire de Paris a signé 14 ordonnances d’un coup en faveur de Canal+ et le message est en clair : cette saison, la chaîne cryptée veut couper le robinet du streaming pirate partout en même temps. FAI, DNS, VPN, moteurs de recherche, tout le monde est convoqué.

73 domaines et tous les intermédiaires visés en même temps

Concrètement, ces décisions se répartissent entre la Premier League (47 domaines) et la Ligue des champions (26 domaines), soit 73 adresses à faire disparaître des radars. On y retrouve les suspects habituels : Totalsportek, LiveTV, Kevinsport et une belle brochette de passerelles IPTV.

Mais le vrai changement, c’est l’ampleur. Canal+ ne se contente plus de taper sur les gros fournisseurs d’accès. Cette fois, tous les maillons de la chaîne sont visés en même temps :

  • Les FAI (Orange, SFR, Free, Bouygues) doivent bloquer l’accès aux domaines.
  • Les DNS publics (Google DNS, Quad9, DNS4EU) doivent empêcher leur résolution.
  • Cloudflare doit filtrer via son DNS, mais aussi son CDN et son reverse proxy.
  • Les VPN (Proton, CyberGhost, ExpressVPN) doivent couper l’accès à ces sites.
  • Les moteurs de recherche (Google et Bing) doivent les déréférencer en France.

Et cerise sur le gâteau, ces blocages sont dynamiques. L’Arcom peut ajouter de nouveaux domaines en cours de saison, sans repasser par la case tribunal. Les mesures courent jusqu’au 30 mai 2027 pour la Premier League et jusqu’au 5 juin 2027 pour la Ligue des champions.

Les VPN dans le viseur, mais l’Europe n’est pas d’accord

Petit rappel, Canal+ visait cinq VPN lors des procédures précédentes. Là, il n’en reste que trois (Proton, CyberGhost et ExpressVPN), NordVPN et Surfshark ayant disparu de la liste sans explication. CyberGhost et ExpressVPN ont tenté de se défendre en s’appuyant sur un arrêt qui juge en substance qu’un fournisseur de VPN n’est pas responsable quand ses utilisateurs contournent un blocage.

Le tribunal de Paris a balayé l’argument, estimant que cette affaire concernait une autre réglementation et une publication parfaitement légale, rien à voir avec des sites pirates. Résultat, les VPN doivent bloquer.

Le blocage en temps réel arrive

Ces 14 ordonnances font déjà presque partie de l’ancien monde. Quatre jours après leur signature, le Parlement a adopté le 21 juillet 2026 une loi qui réforme l’article L.333-10 du Code du sport pour permettre un système automatisé de blocage en temps réel.

Fini la validation manuelle de chaque domaine par les agents de l’Arcom. Désormais, le système peut transmettre de nouvelles cibles aux intermédiaires pendant la diffusion d’un match. Les ayants droit repèrent un flux pirate, l’info remonte à l’Arcom, et l’ordre part vers les FAI, DNS et VPN dans la foulée. Écran noir en plein match, sans attendre des jours.

Le dispositif s’inspire du « bouclier anti-piratage » italien, avec un garde-fou en plus : une supervision humaine a posteriori, pour éviter les blocages abusifs qui ont fait polémiques au pays en forme de botte. La loi doit encore être mise en œuvre, sans doute d’ici la fin de l’année. Autrement dit, la saison 2026-2027 pourrait bien être la dernière à l’ancienne.

Du coup, ça coûte combien de regarder légalement ?

En France, la Ligue des champions et la Premier League sont chez le même diffuseur, Canal+. La chaîne a raflé les droits UEFA pour 2024-2027 (480 millions d’euros par saison), avec la C1, la Ligue Europa et la Conference League, et elle détient aussi la Premier League jusqu’en 2028-2029. Un seul abonnement couvre donc tout le foot européen premium.

Pour la rentrée, Canal+ a dégainé une offre « 100% CANAL+ » à 19,99 €/mois pendant 24 mois, avec la Ligue des champions et les Coupes d’Europe incluses même après la promo. C’est le tarif le plus agressif du moment.

Attention quand même, hors promo l’addition grimpe vite. Le pack Canal+ Sport, qui embarque aussi beIN Sports, tourne plutôt autour de 34,99 €/mois, et peut monter jusqu’à 45,99 €/mois une fois la première année passée. Côté gratuit ? Rien. Aucune chaîne en clair (ni TF1, ni M6, ni France 2) ne diffuse le moindre match, finale comprise.

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