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Génération sans tabac : l’assurance maladie veut interdire la cigarette aux Français nés après cette date

Dans son rapport annuel, l’assurance maladie propose d’interdire définitivement l’achat de tabac à toute une classe d’âge. Une idée que la Nouvelle-Zélande avait été la première à tester, avant de l’enterrer.

13,8 milliards d’euros de déficit prévus pour 2026, 17 milliards attendus à l’horizon 2029. Chaque été, l’assurance maladie publie son rapport « charges et produits », un pavé censé éclairer les débats budgétaires de l’automne, et dicter le prochain budget annuel. Celui de 2026, dévoilé ce jeudi 2 juillet, contient une proposition inédite chez nous : interdire progressivement la cigarette, et commencer par les jeunes générations.

Une interdiction qui ne s’efface pas avec l’âge

Interdire le tabac aux mineurs, c’est déjà la loi depuis longtemps, sauf que la barrière saute mécaniquement le jour des 18 ans. Ce que propose la Caisse nationale d’assurance maladie consiste à instaurer interdiction basée non pas sur l’âge, mais sur l’année de naissance. Concrètement, toute personne née après le 1er janvier 2009, c’est-à-dire les Français aujourd’hui mineurs, ne pourrait jamais acheter légalement de cigarettes, même une fois adulte.

La frontière entre celles et ceux qui peuvent ou ne peuvent pas fumer avancera logiquement avec le temps. Si la France se tient au projet, dans quelques années, un jeune de 25 ans pourrait se voir refuser un paquet. L’objectif affiché repose sur un constat simple : si personne n’entre plus jamais  légalement dans le tabagisme, la consommation s’éteindra d’elle-même à mesure que les fumeurs vieillissent. En tout cas, en théorie.

L’inspiration est directement britannique. Le Royaume-Uni a voté une mesure identique, devenant selon la Cnam le deuxième pays du monde à légiférer en ce sens, en visant lui aussi les personnes nées à partir de 2009. Malgré tout ce qui a été fait chez nous (affichages sur les paquets, hausse des prix…), la France reste mauvaise par rapport à ses voisins. Le tabac demeure la première cause de mortalité évitable dans le pays, et 9,5 % des lycéens déclaraient encore un usage quotidien de tabac ou de cigarette électronique en 2024.

Prendre exemple sur la Nouvelle-Zélande (ou pas)

Reste que le modèle brandi comme un précurseur du genre bat de l’aile. Avant le Royaume-Uni, c’est la Nouvelle-Zélande qui avait ouvert la voie, dès 2022, avec la toute première loi « génération sans tabac » au monde. Sauf qu’un changement de gouvernement a suffi à la faire abroger en 2024, avant même son entrée en vigueur. Et c’est bien là que le bât blesse. La confédération des buralistes, qui a immédiatement dénoncé une « fausse bonne idée, profondément inadaptée aux réalités françaises », met le doigt sur la vraie faille du dispositif. La France compte huit points de passage frontaliers, soit autant de canaux d’approvisionnement avec leurs propres prix et leurs propres règles. Interdire la vente d’un côté de la frontière quand elle reste libre de l’autre, promet déjà d’alimenter le scénario du marché parallèle. Seul un texte Européen (et encore) pourrait faire le poids face aux mauvaises habitudes des fumeurs.

Dans tous les cas, les préconisations de l’Assurance Maladie ne sont qu’un rapport d’orientation destiné à nourrir les discussions du prochain budget de la Sécurité sociale. Rien ne garantit que le gouvernement s’en empare, encore moins tel quel. Et le tabac n’est qu’une pièce d’un ensemble plus vaste où l’assurance maladie érige la prévention en « bataille de la décennie » : Nutri-Score rendu obligatoire sur tous les produits emballés, mention du caractère ultratransformé des aliments, ou encore casque imposé aux plus de 12 ans à vélo et en trottinette électrique… les points de friction sont déjà nombreux.

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