Meta a longtemps pu financer ses paris les plus coûteux grâce à sa machine publicitaire bien huilée. Les lunettes connectées, la réalité virtuelle, le métavers : tout cela a été payé par Facebook, Instagram et WhatsApp. Mais avec l’IA, les montants changent de catégorie. Centres de données, puces spécialisées, recrutements à prix d’or : Mark Zuckerberg a sorti le grand carnet de chèques.
Un cloud IA façon Meta
D’après Bloomberg, Meta planche donc sur une activité cloud qui permettrait de vendre une partie de cette infrastructure à des clients extérieurs. L’idée n’est pas encore finalisée, et l’entreprise n’a pas souhaité commenter. Mais le principe est simple : si Meta construit des montagnes de puissance de calcul pour ses propres modèles, pourquoi ne pas en louer une partie quand elle n’en a pas besoin ?
Plusieurs pistes seraient à l’étude. La première consisterait à donner aux développeurs un accès payant à des modèles d’IA hébergés sur l’infrastructure de Meta, un peu comme AWS Bedrock chez Amazon. Le géant des réseaux sociaux ferait tourner les centres de données, les puces et les modèles, dont le dernier né Muse Spark, puis facturerait l’accès. L’autre option serait plus brute : louer directement de la capacité de calcul à des entreprises qui veulent entraîner ou faire fonctionner leurs propres modèles. C’est le marché d’acteurs comme CoreWeave, ces fournisseurs spécialisés qui profitent de l’appétit énorme du secteur pour les serveurs IA.
Le projet serait porté par Meta Compute, une initiative interne lancée en janvier pour gérer les infrastructures IA du groupe. Pour le groupe, l’intérêt est évident : il a annoncé des centaines de milliards de dollars d’investissements dans l’IA et ses centres de données. Les investisseurs, eux, aimeraient savoir quand tout cela commencera à rapporter autre chose que des communiqués enthousiastes.
Mark Zuckerberg avait déjà laissé la porte ouverte en mai, lors d’un échange avec des actionnaires. « C’est clairement sur la table », avait-il dit à propos de la vente de puissance de calcul ou d’un service d’API IA. Pour l’instant, l’entreprise garde ses serveurs pour elle. Si elle se rend compte qu’elle a vu trop grand, elle pourra toujours louer le surplus. Pas bête, surtout quand le surplus coûte des milliards. Mais Meta peut-elle vraiment devenir un fournisseur cloud ? AWS, Azure et Google Cloud n’ont pas seulement des serveurs. Ils ont aussi des plateformes, des outils, des équipes commerciales, du support et des années d’expérience…
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