C’est la première question qui vient à l’esprit une fois le pass Navigo basculé dans le téléphone. Depuis le début de la dématérialisation du précieux titre de transport francilien, les usagers sont de plus en plus nombreux à vouloir passer au numérique. Mais la tentation de garder son pass physique sous le coude en cas de batterie à plat de téléphone oublié ou d’écran cassé est grande. La réponse d’Île-de-France Mobilités ne s’est pas faite attendre, et elle risque d’en décevoir plus d’un.
Un seul support actif autorisé
Chez l’autorité des transports franciliens, la position ne souffre aucune ambiguïté. Impossible de détenir simultanément un Navigo annuel sur carte physique et sur smartphone. Dès que le transfert est validé, la carte se désactive. On ne peut donc ni la conserver comme roue de secours, ni la prêter à un proche, ni la revendre en fin d’abonnement.
L’opérateur assume la contrainte au nom d’un impératif financier. « Pour des raisons de lutte contre la fraude qui coûte 700 millions d’euros par an aux transports franciliens, nous n’autorisons pas d’avoir un passe physique et un passe sur smartphone de manière simultanée », justifie Île-de-France Mobilités. Un seul titre actif, c’est un titre plus difficile à dupliquer ou à faire circuler sous le manteau. Valérie Pécresse promet d’ailleurs depuis des années de réduire de moitié cette fraude, et la traque aux doublons s’inscrit dans cette croisade.
Le vrai perdant, c’est le filet de sécurité
Sur le papier, la règle paraît logique. Dans la pratique, elle risque surtout de freiner certains réticents à passer définitivement au pass numérique.
Reste la question qui fâche : le téléphone déchargé. Île-de-France Mobilités tente de désamorcer l’inquiétude en avançant une puce NFC basse consommation, capable de valider le titre même lorsque la batterie à plat. La promesse est réelle, mais elle a une limite évidente.
Une contrainte que les habitués du numérique connaissent déjà
Cette exclusivité du support n’a rien d’une nouveauté propre au Navigo annuel. Le forfait mensuel dématérialisé fonctionne sur le même principe depuis 2024, tout comme la plupart des systèmes de transport passés au tout-numérique. La France ne fait que rattraper son retard, avec la prudence d’un réseau qui a longtemps repoussé l’échéance.
Passer au numérique, c’est accepter de mettre tous ses œufs dans le même appareil, en priant pour éviter la perte, la casse et les oublis. Pas de panique toutefois en cas de pépin, il sera toujours possible d’obtenir un titre provisoire pour continuer à voyager en règle sur le réseau de transport.
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