C’est le feuilleton de l’été qui oppose la presse numérique à sa principale vitrine, à savoir Google. Depuis le 22 juillet dernier, une fenêtre baptisée “Aperçu IA” apparaît lorsque l’internaute effectue une recherche sur Google et résume à l’utilisateur tout ce qu’il doit savoir. Le problème, c’est que Gemini va ponctionner les informations partout sur le web sans jamais rediriger vers les sources, leur faisant perdre un trafic non négligeable.
Pour l’Alliance de la presse d’information générale (APIG), cette nouvelle fonctionnalité représente un réel danger pour des milliers d’emplois en France, mais pas seulement. L’alliance, qui représente près de 300 quotidiens français, a saisi l’Autorité de la concurrence afin de contraindre Google à respecter les engagements que la société avait pris en 2022.
Des engagements non tenus
A l’époque, après de nombreux démêlés avec l’Autorité de la concurrence, Google avait annoncé prendre des engagements formels de négociation de bonne foi, de transparence et de non-discrimination. Des engagements qui étaient alors rendus obligatoires par l’Autorité et qui devaient, initialement, courir jusqu’en 2027.
“Ce lancement [celui d’Aperçu IA, NDLR.] est intervenu avant l’ouverture d’une négociation transparente et de bonne foi”, explique Marc Feuillée, président de l’APIG. “Les éditeurs se sont vu proposer une simple actualisation du contrat de licence existant, avec pour seule alternative un retrait technique entraînant une perte de visibilité. Ils ont été mis devant le fait accompli.”
Pour les éditeurs et organes de presse, il ne leur restait donc que deux options imposées par Google : soit ils coopéraient avec Gemini et voyait leur contenu être “volé”, soit ils subissaient un déréférencement et perdaient donc en visibilité sur Google.
L’IA oui, la méthode non
Concrètement, les éditeurs ne reprochent pas à Google d’innover et de parier sur l’intelligence artificielle. Ce qui est ici critiqué, c’est le manque de transparence. Google a déployé sa fonctionnalité sans prévenir au préalable les organes de presse, et violerait délibérément la loi. En effet, la loi du 24 juillet 2019 “impose aux services de communication au public en ligne (moteurs de recherche, réseaux sociaux…) d’obtenir une autorisation avant de reproduire ou de communiquer du contenu de presse”.
Les éditeurs ne demandent pas d’arrêter l’innovation. Ils demandent que cette valeur soit partagée et que l’utilisation de leurs productions soit rémunérée, comme la loi l’exige.
Le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique, l’Arcom, “évalue entre 33 % et 38 % la perte de trafic attribuable aux résumés générés par intelligence artificielle”. Ce risque intervient alors que le secteur de la presse fait déjà face à une baisse de ses revenus, accentuée depuis la crise du covid. Pour contrer Google et soutenir vos organes de presse préférés, parmi lesquels JdG, il existe heureusement une astuce pour masquer ces Aperçus IA.
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