Newcleo, la start-up franco-italienne qui développe des petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, avance sur la partie peut-être la moins visible, mais indispensable, de son programme : le combustible de ses futurs réacteurs. En France, l’entreprise a obtenu un premier avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour son projet d’usine de fabrication de MOX.
Des essais dans le Gard avant la production
Le 13 juillet, l’ASNR a jugé « satisfaisantes à ce stade » les dispositions retenues par Newcleo dans son approche de sûreté. L’entreprise avait transmis son dossier en décembre 2024. C’est un feu vert très préliminaire. Il ne s’agit pas d’une autorisation de construire et le régulateur a identifié plusieurs points qui devront être davantage développés. Newcleo prévoit d’intégrer ces recommandations à son projet avant une future demande formelle.
Le MOX, pour « mixed oxide fuel », est constitué d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium. Newcleo veut notamment récupérer des matières provenant de combustible nucléaire usé pour alimenter ses futurs petits réacteurs à neutrons rapides refroidis au plomb.
L’entreprise prépare déjà les procédés nécessaires à cette fabrication. À Chusclan, dans le Gard, elle développe FASTER (« Fuel process Assembly Storage Training and Enhanced Reality »), un centre d’ingénierie fonctionnant sans matières nucléaires. Plusieurs prototypes et maquettes y sont installés afin de tester, valider et améliorer les procédés destinés à une future ligne de production de MOX. Le site doit à terme réunir environ 100 salariés et servir également à leur formation.
Newcleo prévoit par ailleurs une ligne pilote à Nogent-sur-Seine. L’entreprise a engagé des démarches pour acquérir le terrain et lancé le processus de concertation publique autour du projet. Tout cela doit alimenter son propre programme de réacteurs. Newcleo vise un premier prototype non nucléaire de son réacteur à neutrons rapides en Italie cette année, puis un premier réacteur opérationnel en France dès 2032. La décision finale d’investissement pour la première centrale commerciale est attendue autour de 2029.
Newcleo veut désormais suivre une trajectoire comparable outre-Atlantique. L’entreprise vient de transmettre à la Nuclear Regulatory Commission (NRC) un « Regulatory Engagement Plan » pour une future usine américaine de combustible MOX. Là encore, aucune licence n’a encore été demandée. Ce document sert à organiser les échanges préalables avec le régulateur : sujets techniques à examiner, documents à transmettre et calendrier indicatif des discussions.
Pour Stefano Buono, patron et fondateur de Newcleo, l’objectif est de transformer des matières nucléaires existantes en combustible utilisable localement et de réduire la quantité de déchets à gérer sur le long terme. Après la France, l’entreprise commence donc à préparer le même dispositif industriel aux États-Unis.
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