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Prévue pour tenir 32 minutes sur Vénus, cette sonde a résisté plus de deux heures

Le 1er mars 1982, la sonde soviétique Venera 13 se posait sur Vénus, avec un programme plutôt serré : survivre 32 minutes dans une atmosphère à 465 °C et sous près de 90 fois la pression terrestre. Elle a finalement transmis pendant 127 minutes, photographié le paysage en couleur et analysé le sol.

Venera 13 n’était pas vraiment partie pour s’installer. Le 1er mars 1982, la sonde soviétique touchait le sol de Vénus après environ une heure de descente, comme le raconte Space Daily. Ses concepteurs lui demandaient de fonctionner pendant 32 minutes. Elle en a tenu 127, soit deux heures et sept minutes ! Et pas dans les meilleures conditions : sur son site d’atterrissage, la température était d’environ 465 °C avec une pression de 89,5 atmosphères.

Photos couleur et coup de foreuse

Pour protéger l’électronique, les ingénieurs soviétiques l’avaient enfermée dans une cuve pressurisée en titane, entourée d’isolants et refroidie avant son entrée dans l’atmosphère. Une fois au sol, en revanche, pas question de climatiser tranquillement l’intérieur : avec plusieurs centaines de degrés à l’extérieur, la chaleur finissait forcément par gagner.

Les fameuses 32 minutes n’étaient d’ailleurs pas une date d’expiration. Elles correspondaient à la durée pendant laquelle le fonctionnement scientifique pouvait être garanti. Le matériel a simplement largement dépassé les prévisions. Venera 13 a profité de ce rab de temps. Deux systèmes panoramiques ont photographié les alentours en couleur, ligne par ligne et à travers plusieurs filtres. Les images montrent un terrain couvert de plaques rocheuses et de petits fragments, le tout baigné d’une lumière orangée.

Les Soviétiques avaient déjà photographié Vénus avec Venera 9 et 10 en 1975, mais en noir et blanc. Venera 11 et 12 embarquaient des systèmes couleur, sans succès en raison de protections d’objectif restées en place. Venera 13 a donc fourni les premiers panoramas couleur réalisés directement depuis la surface.

La sonde avait aussi une foreuse. Elle a prélevé du matériau, l’a transféré dans une chambre puis l’a analysé par fluorescence X. Les résultats étaient compatibles avec un basalte alcalin riche en potassium. En 1982, prendre des photos sur Vénus aurait déjà constitué une belle journée de travail. Y ajouter une analyse géologique complète n’était pas du luxe.

Les récits de Venera 13 donnent parfois l’impression que la sonde a fondu ou été écrasée à la 127e minute précise. C’est plus compliqué que ça. Ces minutes correspondent à la durée des transmissions reçues, pas forcément à la durée exacte de fonctionnement de l’atterrisseur. Venera 13 communiquait avec un vaisseau porteur qui s’éloignait de Vénus, et la liaison radio finissait donc elle aussi par se dégrader.

La sonde a peut-être continué à fonctionner après la dernière donnée reçue. Impossible de le savoir… Peut-être est-elle toujours là haut, parfaitement fonctionnelle ! Venera 14, presque identique, se posa quatre jours plus tard et transmit pendant 57 minutes. Les dernières sondes à avoir touché Vénus remontent aux missions Vega de 1985.

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Source : Space Daily

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