À la rédac’ du Journal du Geek, il y a de tout. Il y a ceux qui aiment tester les produits gastronomiques les plus délurées (Elisa, on parle de toi), ceux qui aiment se lancer dans la construction des Lego les plus longs (coucou Robin et la réplique de Minas Tirith du Seigneur des Anneaux) et ceux qui aiment vraiment beaucoup Star Wars (Julie et son inséparable Grogu). La liste est longue, chacun de nous, vous l’aurez compris, a sa part de geekerie et la mienne tourne autour des super-héros en collants. Oui, on parle de Marvel (et de DC aussi hein attention). Alors quand il a fallu envoyer un d’entre nous tester Marvel’s Wolverine, le dernier gros bébé d’Insomniac Games et l’un des gros jeux de cette (fin) d’année, forcément j’étais tout désigné.
Wolverine, c’est une grande partie de mon enfance. L’un des premiers super-héros que j’ai adopté, au point de rêver secrètement, comme des millions de jeunes avant moi, d’avoir des griffes en adamantium sortir de mes phalanges. A l’époque, on ne l’appelait même pas Logan ni même Wolverine mais Serval. Autre époque (boomer va), autre temps mais surtout traduction française oblige, qui faisait du X-Men trapu et poilu un glouton incontrôlable. Depuis l’annonce du jeu par PlayStation et le teaser le voyant sortir ses griffes iconiques dans un bar, j’étais dans une attente folle. Attente née en 2021, en septembre, lors d’un Playstation Showcase, qui a pris fin cette semaine, après deux heures passées sur une version preview du jeu.
Un des plus beaux jeux de la PS5, avec tout plein d’acteurs connus
Deux heures, cela peut paraître court. Mais c’est aussi suffisant quand ladite version est faite pour nous montrer les points forts et principaux du jeu. J’étais assez inquiet du rendu visuel de Marvel’s Wolverine sur les vidéos de gameplay ici et là. Mon inquiétude s’est envolée dès la première cinématique. Déjà réputés pour la qualité graphique de leur jeu et les travaux colossaux réalisés sur les jeux Spider-Man, les développeurs d’Insomniac Games ont encore franchi un cap supérieur en matière de photo réalisme. Les expressions faciales sont bluffantes, vraiment et je n’aurais jamais assez de cette preview pour vous lister le nombre de détails impressionnants mis en lumière à chaque plan.

La ville de Madripoor m’a particulièrement impressionné, les émotions sur le visage de Logan m’ont scotché et la modélisation des personnages est si réussie que je n’ai pas eu de mal à reconnaître les quelques acteurs connus qui ont prêté leurs traits à certains personnages. J’aurai pu citer évidemment Liam McIntyre, l’interprète de Wolverine et que j’ai découvert comme tout le monde dans Spartacus. Mais j’ai surtout été agréablement surpris de retrouver Jeffrey Nordling (Suits, 24 heures chrono, Deuxième Chance) au casting. Mais le vrai choc, c’est de retrouver Kelly Hu dans le jeu. Si son nom ne vous parle pas, vous l’avez déjà vu dans bon nombre de seconds rôles et de productions super héroïques. Kelly Hu, c’est China White dans Arrow. Pearl Zhu dans Vampire Diaries (oui, je sais, on n’est plus sur le thème des super-héros là). Mais c’est surtout Lady Deathstrike dans X-Men 2. L’easter egg est plutôt bien trouvé, la boucle est bouclée et le fan service, forcément, a bien fonctionné sur moi.
Logan est petit, trapu et poilu et c’est déjà mieux que dans tous les films
Wolverine, c’est beau comme une belle double page de comics. La mise en scène est folle, digne des standards de grande qualité de la maison Insomniac. S’il y a bien un studio qui n’a pas déçu sur cette génération de consoles, c’est bien celui-là. Les cinématiques et les phases de gameplay s’imbriquent parfaitement, sans perdre en qualité visuelle lors de la transition – une transition, quelle transition ? – entre les deux types de séquences. Les détails, on y revient, sont vraiment spectaculaires. Je pense au rendu de la peau de Logan, à ses poils. Mais aussi à des éléments plus environnementaux, comme les fissures sur les murs, les textures, les flaques et les reflets de lumière. En plein jour ou dans la nuit noire – oups, c’est pas le bon univers là – Marvel’s Wolverine claque tout simplement. Évidemment, c’est dans les conditions les plus optimales que j’ai pu tester le jeu, autrement dit sur PlayStation 5 Pro. Il faudra voir la qualité du jeu sur la PS5 Standard et voir surtout si celle-ci gère bien le mode Performance, qui offre une fluidité dingue à l’ensemble.

J’attendais de voir si Wolverine tenait la baraque visuellement. Il le fait et même au-delà de mes espérances. Mon autre exigence concernait le gameplay. J’ai adoré la saga culte des Batman Arkham et tout autant apprécié la jouabilité des jeux Spider-Man. Forcément, Wolverine n’est pas Peter Parker, il ne se trimballe pas au bout d’une toile et j’étais forcément assez curieux de voir comment ses déplacements allaient être retranscrits dans le jeu. Là encore, Insomniac a joué la carte du comics accurate, avec un personnage qui bondit partout, peut s’accrocher à tout type de paroi et est en majorité en posture accroupie lorsqu’il se déplace en présence d’un ennemi. Logan est petit, trapu et musclé, trois éléments que les films de la Fox puis de Marvel Studios ont eu du mal à intégrer dans leur totalité. Se déplacer avec Logan est un bonheur de fluidité. Se battre avec lui aussi, tant les développeurs ont joué la carte de la furie à fond.
Logan a la rage, moi aussi, on était fait pour s’entendre
Marvel’s Wolverine est un sacré défouloir et franchement, j’ai pris mon pied à y jouer. J’ai toujours eu une affection particulière pour les scènes gore et les cris de douleur – non, je suis quelqu’un de parfaitement équilibré -. Et le jeu n’en manque pas. En tout cas, en deux heures, j’ai eu droit à une spectaculaire démonstration de ce que Logan a dans le ventre ou plutôt de ce que ces ennemis ont dans les tripes. Bras, jambes, tête, tout doit disparaître ou plutôt s’envoler lors des combats. Logan n’éviscère pas systématiquement les ennemis qu’il affronte. Il a des combos automatiques, qu’on n’est pas obligé de suivre et d’exécuter jusqu’au bout d’ailleurs. La rage du personnage est vraiment bien appuyée et elle l’est d’autant plus que ce dernier a une barre à remplir dans ce domaine.

Plus Logan frappe et taille ses ennemis, plus sa rage animale prend le dessus. J’ai particulièrement apprécié de voir celle-ci être répartie sur trois niveaux. Le dernier nous offre un visuel mi rouge mi gris et un Wolverine totalement déchaîné, qui peut alors enchaîner les exécutions sanglantes pendant un certain laps de temps. J’avais peur d’un jeu d’action répétitif. Et je le reconnais sans peine, Wolverine l’est tout de même par moments. Il est linéaire et rappelle les jeux d’action d’un ancien temps, clairement. Mais il assume visiblement bien ce parti pris et met la gomme sur le spectacle proposé pour faire passer la pilule. Personnellement, je trouve qu’elle passe d’autant mieux que les ennemis n’attendent pas en ordre rangé pour s’attaquer à Logan. Cela m’a même surpris mais contrairement aux premières vidéos de gameplay proposés jusqu’ici, il ne faudra pas se contenter de foncer dans le tas. On pourra le faire et je l’ai fait mais face à des ennemis en nombre, qui attaquent tout le temps, l’entreprise mérite un peu de réflexion. Parer, esquiver, contrer, ces trois mécaniques s’imbriquent bien aux déplacements et avec la mobilité du perso. J’ai eu besoin d’un peu de temps pour prendre le rythme et tant mieux. Ma crainte était que Wolverine soit indestructible et trop « cheaté » à jouer. Il ne l’est pas.
Une histoire qui change des films et un héros de jeux vidéo, plus que de comics
Dans les comics, seule la perte de son facteur auto-guérisseur, entre autres, peut tuer Logan, ce qui est plutôt bien expliqué d’ailleurs dans le film du même nom avec Hugh Jackman. Le puriste de comics que je suis a forcément froncé les sourcils quand mon Wolverine s’est couché après une rixe mal gérée dans le jeu. Oui, Wolverine peut tomber et mourir sous une pluie de balles et de coups. Ce n’est pas très comics accurate ok, mais c’est probablement là, la grosse entorse que les développeurs d’Insomniac Games ont choisi de faire au personnage. Parce que bon, cela reste un jeu vidéo et il faut bien un challenge à relever. Mourir n’est cependant pas aisé. Ma barre de vie se rechargeait toute seule, elle était automatiquement remplie après avoir triomphé d’un combat et j’ai pu me régénérer après avoir mordu la poussière, parce que j’avais assez de niveau de rage pour le faire.

Tout est nerveux dans l’action, une fois que celle-ci s’installe et franchement, j’en attendais pas moins de Wolverine. L’autre élément, le dernier, sur lequel j’avais aussi des attentes, c’était sur le scénario. Spider-Man 2 nous a offert le seul bon Venom en activité en dehors des comics et a fait de Kraven le Chasseur un méchant encore plus charismatique qu’il ne l’est en BD ou dans la peau d’Aaron Taylor-Johnson. Wolverine ne joue pas la carte de la facilité, en introduisant les X-Men ou le Professeur Xavier, malgré une introduction durant ma session qui pouvait laisser planer un léger doute. Non, Insomniac Games s’est affranchi de cet élément pionnier pour mieux se concentrer sur le passé de Logan. Dans la temporalité choisie par les développeurs, les X-Men n’existent pas encore. La Team X, oui. Elle est formée d’une belle brochette de futurs méchants, comme Mystique, Dents-de-Sabre, Logan donc, l’exception à la règle et Nathaniel Essex. Là encore, ce nom ne peut pas tomber dans l’oreille d’un sourd une fois entendue. Il s’agit tout simplement de l’identité civile de Mister Sinister, le méchant qu’Adam Driver va incarner dans le MCU dans le prochain film X-Men.
Madripoor, ma grosse claque personnelle
Forcément, je n’ai pas pu m’empêcher chaque interaction d’Essex. Et j’enfonce probablement déjà une porte bien ouverte mais tout porte à croire que c’est lui le véritable méchant du jeu. Parce que c’est sa nature, parce que c’est ce qu’il est, parce qu’il est bizarrement obnubilé par la race mutante et parce que les scénarios des jeux Insomniac Games aiment bien jouer avec les intentions de leurs personnages. Dans ma session, c’est Bolivar Trask, l’homme à abattre, lui, sa haine des mutants et ses sentinelles. L’une d’entre elles a d’ailleurs fait office de boss. Si ses paterns n’étaient pas bien compliqués, elle m’a plus fait penser à un énorme sac à PV plus qu’à un véritable challenge à relever.

En tout cas, la mise en scène m’a paru prometteuse. Cet univers où les mutants ne sont pas encore considérés comme de potentiels sauveurs est particulièrement attirant. En deux heures, j’ai ressenti le poids de la haine de Trask, la filouterie d’Essex, la relation tendue entre Dents-de-Sabre et Logan et celle, plus dans le flirt, entre Jean Grey et ce même Logan. La ville de Madripoor est véritablement mon moment préféré de la preview, parce qu’il est un peu moins couloir et linéaire que le reste. J’ai pu naviguer dans une ville semi-ouverte, dans laquelle j’ai pu tester les souvenirs de Wolverine, qui sont des défis annexes à relever. Le Princess Bar, le lieu que l’on voit dans le tout premier teaser, semble être central à l’histoire et un point de ralliement pour les membres de la Team X.
Arbre de compétences, skins, le compte est bon pour tout tailler le 15 septembre ?
Évidemment, j’attends plus et mieux de ce que Marvel’s Wolverine m’a proposé. Mais je dois reconnaître que ce que j’ai vu m’a fortement impressionné. L’arbre de compétences a l’air classique mais efficace. Suffisant pour varier les plaisirs et atténuer la redondance des combos ? J’ai notamment pu débloquer le renvoi de balles avec les griffes en adamantium. Pourra-t-on associer les griffes de Logan avec une compétence de Jean ou d’un autre mutant, à l’instar de Gambit et ses capacités explosives dans X-Men 97 ? J’en rêve. On verra bien. Ce que j’ai vu aussi, c’est les différents costumes que l’on pourra débloquer, dont certaines tenues évidemment iconiques (comme la tenue portée par Logan au moment du projet Weapon X) ou le fait de pouvoir arborer tous les types de griffes du personnage, dont celles en os avant l’arrivée de l’adamantium et après l’avoir perdu. J’ai aussi pu voir la liste des mutants présents dans le jeu mais je vous laisse la surprise.

Est-ce qu’un jeu d’action à l’ancienne, très dirigé et dirigiste peut fonctionner et être l’une des grosses réussites de l’année ? Pour moi oui, parce qu’il est un produit Marvel que tout bon fan se doit d’avoir et d’explorer, avec son scénario prometteur, sa mise en scène ambitieuse et son gameplay jouissif. Reste à savoir si tout cela va tenir sur la durée et si celle-ci sera conséquente. Moi, j’y crois et on en reparle dans quoi ? Quelques semaines ?
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