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Spider-Man 3 ce soir à la TV : comment expliquer cet énorme gâchis ?

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Le cycle Spider-Man se termine ce lundi 24 août sur TMC. Le troisième film de Sam Raimi est diffusé et c’est un douloureux rappel de ces adieux chaotiques à une saga qui aurait pu être parfaite. Retour sur le chaos en coulisses.

Raimi avait une vision, le studio en avait une autre, et un personnage cristallise le conflit. Le réalisateur avait livré la parfaite duologie et a chuté dans la dernière ligne droite. Si son Spider-Man 3 n’est pas au classement des pires apparitions du tisseur de toile, il fait pâle figure à côté de ses prédécesseurs.

La faute à un trop-plein de méchants, d’enjeux… et une cohérence complètement aux fraises. Spider-Man 3 n’est pas mauvais parce qu’il ne sait pas raconter la mutation de son Peter Parker, il l’est parce qu’il veut trop en raconter.

Si Spider-Man 3 s’en est bien sorti au box-office mondial, 885 millions de dollars contre 788 millions pour Spider-Man 2, c’est une autre paire de manches pour la réception critique. Il affiche seulement 51% de notes positives sur Rotten Tomatoes du côté du public, sur plus de 250 000 évaluations. Des années après ce fiasco, on en sait un peu plus sur le bras de fer qui s’est joué en coulisses.

Une ingérence des producteurs

Le plus gros impair de ce Spider-Man 3 se résume à un mot : Venom. Si les fans espéraient voir le symbiote affronter Peter Parker, il été introduit au chausse-pied dans une intrigue déjà très fournie. On voit d’ailleurs ce basculement dans le dernier acte, où il accapare soudainement toute l’attention. Si cette introduction semble particulièrement bâclée… c’est parce qu’elle n’était pas prévue.

Sam Raimi expliquera plus tard ne pas s’intéresser à l’antagoniste, il voulait faire de Sandman le point central de cette histoire. Mais les producteurs, et en particulier Avi Arad, ont poussé pour que Venom entre au casting. Sam Raimi a d’ailleurs frontalement évoqué ces divergences lors d’un entretien avec Empire. “Ils m’ont laissé une grande liberté sur les deux premiers. Mais ensuite, il y a eu des divergences d’opinions et je n’ai plus vraiment eu le contrôle créatif, pour ainsi dire”. 

Pauvre Gwen Stacy
Ne nous lancez pas sur le sujet Gwen Stacy .. © Sony Pictures

Avi Arad a admis sa responsabilité dans cet échec au micro de ScreenRant avant la sortie de Venom par Rubei Fleischer. “J’assume la responsabilité, Sam Raimi disait souvent en interview qu’il se sentait coupable de m’avoir laissé le forcer à faire ça. Vous savez ce que j’ai appris ? Ne forcez jamais quelqu’un à faire quelque chose. Il ne s’intéressait pas à la manière de faire vivre Venom comme nous le faisions”. 

En résulte un acte risible sur “Emo Parker”, un Eddie Brock intégré en urgence et surtout un Sandman bâclé pour faire plus de place au basculement d’Harry Osborn. C’est le bazar.

Des délais intenables 

Outre ces ingérences du studio, et alors que la dernière trilogie Venom a prouvé qu’Hollywood ne sait toujours pas comment adapter le symbiote, Raimi et ses équipes ont dû composer avec un planning très serré.

Le tournage a eu lieu entre janvier et octobre 2006 à Los Angeles, Cleveland et New York pour une sortie en mai 2007. À peine un an pour la post-production, autant dire que la pression exercée sur les équipes était énorme.

Eddie Brock Spider Man 3
Un arc fait de bric et de broc © Sony Pictures

Ajoutez à cela la difficulté de faire éclore la forme visqueuse de Venom avec les moyens techniques de l’époque et vous obtenez un film qui peine à convaincre autant par le fond… que la forme.

Le superviseur des effets numériques, Peter Nofz, expliquera en 2008 à VFXWorld. “Le temps nous a manqué”. Les équipes ont dû trouver un moyen d’allier techniques d’animation classiques et effets numériques pour rendre les scènes le plus vraisemblable possible.

Vingt ans plus tard, Spider-Man 3 reste un immense gâchis et la fin prématurée d’une saga culte des années 2000.  Un quatrième film devait voir le jour, mais il a été annulé en 2010 suite à de nombreux différends créatifs… et la mauvaise réception critique de la précédente aventure de Peter Parker.

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