Un meurtre non élucidé depuis 1936, une baraque isolée au bout d’un chemin boueux, et vous, des décennies plus tard, armé d’un appareil capable de faire ressurgir des bribes du passé. Voilà le point de départ de L’Affaire de la Maison Galley (The Incident at Galley House en VO), sorti le 14 juillet 2026 sur Steam. Derrière ce pitch un poil banal se cache l’un des jeux d’enquête les plus malins sortis cette année, signé Evil Trout Inc., déjà responsable de l’excellent The Roottrees are Dead.
C’est justement après avoir poncé le dysnasty-game sur la famille Roottree que nous avions glissé L’Affaire de la Maison Galley dans notre liste de souhaits. Le jeu est finalement sorti au milieu de l’été, nous laissant tout le temps libre nécessaire pour plonger dans cette nouvelle enquête.
Un jeu chrono-logique
Dans L’Affaire de la Maison Galley, vous assistez à une étrange réunion de famille. Un invité que personne ne semble connaître débarque, et la situation dégénère rapidement : un premier corps est découvert, puis un second, sur fond d’événements qui virent rapidement au surnaturel. Des années plus tard, vous suivez l’enquêtrice chargée de faire la lumière sur ce massacre auréolé de mystère.

Votre seul outil pour reconstituer l’histoire est une machine étrange, à mi-chemin entre le standard téléphonique et l’appareil de spiritisme, qui vous permet de revoir certaines scènes du passé en entrant les coordonnées correspondantes sur l’interface. A force de déductions et de (trop nombreuses) notes, vous allez devoir remonter le temps et le fil de la soirée.
Entre Obra Dinn et Roottrees are dead
C’est là que les choses se corsent. Car le jeu vous fait partir de presque rien. Pas de tutoriel pour vous apprendre à manipuler la machine en détail, des protagonistes anonymes et numérotés qu’il va falloir identifier au fur et à mesure du jeu… À vous de tendre l’oreille, de recouper les dialogues et de reconstituer peu à peu qui est qui, qui fréquente qui, et surtout qui ment.

Pour qui avait aimé The Roottrees are dead, L’Affaire de la Maison Galley rejoint la lignée des jeux de déductions popularisés par l’excellent Return of the Obra Dinn et autres Her Story. La progression ne repose ni sur des points d’expérience ni sur de l’action, mais sur votre capacité à prendre des notes et à faire des liens entre les informations qui sont à votre disposition. Le jeu propose heureusement des outils pour ne pas sombrer dans le chaos, avec un système de tri des scènes par lieu, par personnage ou par moment de la chronologie, une fonction de recherche par mot-clé, et un système d’indices progressifs et non punitifs. Un équilibre suffisamment généreux pour éviter la frustration sans jamais faire le travail à votre place.

Douze heures de tension, et un dénouement glaçant
Comptez entre dix et douze heures pour venir à bout de l’enquête, portées par un doublage en version originale anglophone, mais intégralement sous-titré en français. Avec son air de roman graphique interactif, sa bande son oppressante à souhait et sa capacité à nous retourner le cerveau à chaque nouvelle révélation, L’Affaire de la Maison Galley fait partie de ces expériences qui vous marquent, et qu’il est impossible de lâcher en cours de route. Le seul bémol à notre sens, réside dans le dénouement du jeu, qui finit par se complaire dans les explications à rallonge, nous exposant pendant de longues lignes de dialogues des conclusions qu’on avait déjà tirées. Pas de quoi gâcher notre enquête ou nous faire regretter notre investissement.

Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence entre le fond et la forme. La machine à échos n’est pas qu’un prétexte scénaristique, elle façonne littéralement la manière dont l’histoire est racontée, par fragments, hors chronologie, avec cette satisfaction très particulière de sentir un déclic quand deux scènes séparées de plusieurs heures de jeu finissent par se répondre. Un genre de plaisir que ni un film ni une série ne sauraient vraiment reproduire, et qui justifie à lui seul qu’on y consacre quelques soirées.
Prix et disponibilité
L’Affaire de la Maison Galley est disponible depuis le 14 juillet 2026 sur Steam (Windows, macOS, Linux) au prix de 19,99 €. Le jeu est aussi proposé en bundle avec le non moins excellent The Roottrees are Dead pour les curieux qui voudraient découvrir les deux enquêtes d’Evil Trout Inc. d’un coup. Promis, ça vaut le coup.
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