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« Le monde a besoin de Dacia » : pourquoi la voiture populaire est en danger

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Fabriquer une voiture en Europe n’a jamais été aussi compliqué et couteux. Face à ce casse-tête industriel, les constructeurs rencontrent un grand public désabusé.

107 nouvelles règles doivent encore arriver avant la fin de la décennie. Ce millefeuille réglementaire n’a pourtant rien d’appétissant pour les professionnels du secteur de l’automobile. Depuis 2019, tous les constructeurs font face au même double problème.

D’un côté produire et commercialiser des voitures en Europe est de plus en plus compliqué (et couteux). Dans le même temps le grand public n’achète plus de voitures neuves, elles qui sont devenues inaccessibles pour une grande partie des ménages.

L’entrée de gamme, devenu inatteignable

Katrin Adt, la nouvelle patronne de Dacia résume cet état des lieux en une seule phrase : «Le monde a plus que jamais besoin de Dacia, mais il n’a jamais été aussi difficile d’être Dacia.» Le constructeur roumain mise sur des véhicules qui vont à l’essentiel, permettant de tirer les prix le plus bas possible.

Mais la nouvelle génération de Dacia Spring, les petites dernières de la gamme, coûte tout de même 20 000 euros. Une somme pour des millions de ménages à travers le vieux continent. Or Dacia l’assure, ce prix de vente ne lui permet pas de faire des marges mirobolantes.

Le constructeur l’impute surtout à la montagne de réglementations que nous évoquions plus haut dans cet article. L’Union européenne multiplie les normes, sécuritaires comme environnementales. Dernier texte en date, le règlement GSR2 demande à tous les véhicules neufs d’adouber des aides électroniques à la conduite (reconnaissance des panneaux et adaptation automatique de la vitesse, freinage autonome intelligent, système de surveillance de la distraction du conducteur).

Dacia Spring 2027 12
© Jérémy FDIDA

Pour Dacia et d’autres constructeurs, les demandes de Bruxelles sont un vrai défi technique. « 25 % de notre budget R&D et de nos effectifs d’ingénieurs sont actuellement consacrés au seul respect de ces règles », assure de son côté une Katrin Adt qui milite pour un assouplissement des réglementations.

Le point de vue est partagé par l’ensemble du groupe Renault. Fabrice Cambolive, le directeur général de la marque au losange parle de son côté d’un «tsunami réglementaire venu d’Europe». Il demande un «gel» des normes pour les 10 prochaines années. C’est selon lui la seule solution pour «donner une chance [aux constructeurs] de proposer une mobilité abordable.» 

La menace chinoise en toile de fond

L’arrivée de toutes ces réglementations n’avantage pas les constructeurs européens et peut même créer une concurrence avec les fabricants chinois. Soutenus par leur gouvernement à coup de millions, voire de milliards de dollars, ces marques avancent à une vitesse folle.

L’arrivée de ces nouveaux acteurs sur le marché européen est une menace de plus pour des constructeurs historiques déjà en difficulté.

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