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Ni téléphone, ni appli : Nothing dévoile un mystérieux appareil IA

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Carl Pei, le patron de Nothing, a annoncé que le premier produit “natif IA” de la marque sortirait le mois prochain.

Dans un long texte intitulé Toolmakers, il explique que la course au moment iPhone de l’IA arrive trop tôt, et que son appareil sera d’abord un outil de travail.

Un produit sans nouvel écran, prévu pour décembre

Carl Pei n’a donné ni le nom, ni le prix, ni la forme de l’appareil. Il précise seulement, à la fin de son texte, que le produit “n’a pas de nouvel écran” et qu’il “n’aurait pas pu être une application”. “C’est un outil, mais conçu avec la personnalité et le soin qui sont devenus la marque de fabrique d’un produit Nothing”, ajoute-t-il. Le teaser publié par la marque ne montre qu’un objet sombre et mat aux coins arrondis, avec la mention “Coming soon”. Nothing avait déjà annoncé en septembre 2025 qu’elle préparait un appareil pensé pour l’IA, au moment de lever 200 millions de dollars auprès du fonds Tiger Global, pour une valorisation de 1,3 milliard de dollars. La marque avait alors levé plus de 450 millions de dollars au total depuis sa création en 2020, et dépassé le milliard de dollars de ventes cumulées.

Dans son texte, Carl Pei cite les pistes explorées par le reste du secteur, “le pendentif, le badge, les lunettes, le compagnon”, et estime que “chercher l’iPhone de l’IA aujourd’hui, c’est une impasse”. Selon lui, l’iPhone est arrivé “à la fin d’une histoire de trente ans”, qui a commencé avec les bipeurs des médecins dans les années 1990 et le téléphone de voiture des années 1980, alors que l’IA “n’en est qu’au début de son histoire”. Les précédents ne lui donnent pas tort. Humane, qui vendait depuis 2024 son badge Ai Pin, a fini par céder ses actifs à HP en février 2025, et le Rabbit R1, présenté au CES 2024, n’a survécu que grâce à des mises à jour logicielles.

Un outil de travail pour combler le “manque de contexte”

Pour Carl Pei, l’IA va d’abord s’imposer au travail, comme l’ordinateur personnel avec les tableurs avant les jeux vidéo. Il rappelle que le développement informatique représente à lui seul plus de la moitié de ce que les entreprises dépensent en IA spécialisée, devant l’informatique, le service client et le juridique. Le principal problème de l’IA serait aujourd’hui son manque de contexte. “La moitié du travail quand on utilise l’IA, c’est de faire entrer le contexte dans la zone de texte”, écrit-il, en citant ces idées lancées autour d’un café qu’on oublie de noter. “Le contexte ne vit pas dans une fenêtre de chat. Il vit dans les outils que vous utilisez et que vous portez tous les jours”, poursuit-il. Il illustre aussi son idée d’outils de travail plus beaux avec la machine à écrire Valentine d’Olivetti, dessinée en 1969 par Ettore Sottsass, à l’opposé du téléphone de conférence Polycom, qu’il décrit comme “présent dans toutes les salles de réunion, aimé de personne”.

Des écouteurs IA, puis des lunettes en 2027

Carl Pei rappelle que Nothing a déjà des dizaines de millions d’appareils dans les poches et les oreilles des utilisateurs, alors que le cabinet IDC ne comptait que 5,1 millions de téléphones vendus par la marque en septembre 2025. En juillet 2025, il estimait encore que le smartphone resterait pendant au moins trois à cinq ans le principal support de l’IA grand public. En avril 2026, plusieurs médias ont rapporté que Nothing préparait des lunettes connectées pour le premier semestre 2027, avec caméras, micros et haut-parleurs, mais sans écran, précédées par des écouteurs dédiés à l’IA d’ici la fin de l’année 2026.

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