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Une IPTV pirate peut vous coûter 300 000 € : en France, cette amende record risque d’en dissuader plus d’un

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Quatre ans de trafic, de la prison ferme et une facture à six chiffres pour ce couple du Vaucluse.

En janvier 2026, 11 % des internautes français utilisaient une IPTV illicite, selon l’Arcom. Le boîtier miracle (et illégal) qui promet des centaines de chaînes pour le prix d’un menu Maxi Best Of n’a jamais été aussi populaire. En face, la justice est de plus en plus punitive. Cette fois, ce sont deux revendeurs du Vaucluse qui ont écopé d’une amende record.

8 000 abonnements et un bracelet électronique

Le 10 septembre, le tribunal correctionnel de Carpentras a rendu son délibéré dans une affaire examinée début juillet. Un couple a écoulé plus de 8 000 abonnements IPTV pirates via une plateforme dédiée. La sanction est lourde : le mari écope de 30 mois de prison, dont huit ferme. Son épouse, de 24 mois, dont six ferme. Les deux peines sont aménagées sous bracelet électronique, et les deux devront verser plus de 300 000 € de dommages et intérêts au groupe Canal+, qui s’était constitué partie civile.

Étonnamment, le tribunal n’a pas retenu les qualifications les plus graves, à savoir l’escroquerie et le blanchiment en bande organisée. C’est pour contrefaçon et délit de propriété intellectuelle, que les deux revendeurs sont condamnés. Reste la question de l’argent, pour laquelle Canal+ chiffrait son préjudice à 700 000 €. L’amende retenue n’est finalement “que” de 300 000 €. Une tolérance liée au refus de l’idée avancée par Canal+, que chaque utilisateur pirate serait un client perdu.

Que risquez-vous vraiment ?

Cette condamnation n’a rien d’un cas isolé. En avril, deux revendeurs de codes IPTV ont été condamnés à un an de prison avec sursis et 15 000 € d’amende. Un mois plus tôt, en mars, le parquet d’Arras sanctionnait 19  utilisateurs d’IPTV identifiés à partir de leurs revendeurs. Depuis le début de l’année, 8 325 sites et noms de domaine ont été rendus inaccessibles. Le régulateur revendique une chute de 70 % du visionnage sur les sites de streaming illégaux en quatre ans. Une victoire en demi-teinte, puisque l’IPTV illégale a continué de progresser.

Reste le problème du morcellement de l’offre. Pour suivre l’intégralité de la saison de foot, de F1 et ses séries du moment, il faut aujourd’hui cumuler Canal+, beIN Sports, Ligue 1+, DAZN et une poignée de plateformes de SVOD. Une offre éclatée, amsi surtout très chère, qui fait de l’IPTV pirate une alternative, certes illégale, mais aussi beaucoup moins chère à court terme.

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