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Dassault teste deux IA souveraines dans le Rafale en plein vol

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Dassault Aviation a testé en vol deux nouveaux algorithmes IA à bord du Rafale. Développés en France, ils doivent assister les équipages sans prendre leur place aux commandes.

L’intelligence artificielle ne se contente plus des laboratoires et des simulateurs : elle monte désormais à bord du Rafale. Dassault Aviation a annoncé avoir testé en vol deux algorithmes souverains, l’un conçu en interne et l’autre développé avec Thales et son entité cortAIx.

Deux IA prennent l’air

Ces essais font partie du partenariat noué en 2025 entre les deux industriels français. Leur objectif est de préparer des technologies destinées aux futurs systèmes de combat aérien, tout en conservant la maîtrise des données et des outils employés. Une question particulièrement sensible dans le domaine militaire, où l’autonomie technologique compte presque autant que les performances. Le constructeur reste toutefois discret sur le contenu précis des essais. Il ne détaille ni les missions confiées aux algorithmes ni les résultats obtenus. Dassault indique seulement que ces technologies ont atteint « un niveau de maturité » leur permettant d’être envisagées pour de prochaines évolutions du Rafale.

La ligne directrice est plus clairement formulée : développer « une IA maîtrisée et supervisée au service de l’équipage humain ». Autrement dit, l’algorithme peut trier des informations, repérer des éléments importants ou accélérer certaines analyses, mais la décision finale reste entre les mains des militaires. Pas question, à ce stade, de laisser l’avion faire cavalier seul. Installer de l’IA dans un avion de combat est nettement plus compliqué que d’ajouter une application sur un téléphone. Les capacités de calcul embarquées sont limitées, les informations doivent être traitées très rapidement et le système doit rester fiable dans des conditions particulièrement exigeantes.

Dassault insiste donc sur plusieurs ingrédients indispensables : disposer de données opérationnelles de qualité, qu’elles proviennent de situations réelles ou de simulations, réunir les connaissances des différents métiers et concevoir des algorithmes peu gourmands en ressources. Dans les airs, l’IA doit savoir voyager léger.

Thales travaille déjà sur ce type de technologies. Son entité cortAIx, créée en mars 2024, rassemble plus de 600 spécialistes de l’IA et accueille une centaine de doctorants chaque année. Le groupe intègre cette technologie dans plus d’une centaine de produits et services, qu’il s’agisse de radars, de sonars, de communications ou de coordination de drones.

Sur le Rafale, le pod de désignation Talios bénéficie par exemple d’un processeur neuronal capable d’analyser des images en vol et en temps réel. Selon Thales, ce traitement peut être jusqu’à cent fois plus rapide que les méthodes classiques. La sécurité reste évidemment au cœur du discours commercial de Thales, qui présente son IA comme transparente et protégée contre les cyberattaques. L’objectif n’est pas de remplacer le pilote, mais de lui éviter de chercher trop longtemps la bonne information.

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