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Cette RTX 2080 Ti a presque doublé ses FPS après ce simple changement de quelques euros

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Une vieille GeForce RTX 2080 Ti a retrouvé une grosse partie de ses performances après une opération qui coûte quelques euros : remplacer sa pâte thermique. Le résultat est impressionnant, mais il ne faut surtout pas en déduire que toutes les cartes graphiques gagneront 50 % de performances avec un simple repast !

Une carte graphique qui a perdu en performances ne devrait pas forcément finir à la déchetterie. C’est ce qu’illustre le cas partagé par un utilisateur de Reddit, qui a constaté une spectaculaire remontée des performances de sa GeForce RTX 2080 Ti après avoir remplacé sa pâte thermique pour quelques euros.

Cette carte lancée en 2018 n’avait pourtant pas l’air complètement à bout de souffle, mais le problème se trouvait ailleurs : elle chauffait suffisamment pour que ses fréquences soient fortement réduites lors des charges importantes.

107 °C au hotspot, la carte commençait à perdre les pédales

Le propriétaire, connu sous le pseudonyme Annihilator31YT, a surveillé sa carte avec GPU-Z avant de démonter quoi que ce soit. Le résultat est assez parlant puisque le GPU montait jusqu’à 87 °C, tandis que le hotspot, c’est-à-dire le point le plus chaud mesuré sur la puce, atteignait 107 °C en pleine charge. L’écart entre les deux mesures était donc de l’ordre de 20 °C.

Il faut toutefois éviter une petite confusion, car les 107 °C du hotspot ne sont pas directement comparables à la température maximale officielle du GPU donnée par Nvidia pour la RTX 2080 Ti, fixée à 89 °C. Le hotspot est une mesure différente, destinée à détecter le point le plus chaud à l’intérieur de la puce. Nvidia indique par ailleurs que ses GPU disposent de mécanismes de ralentissement thermique lorsqu’ils atteignent certains seuils.

Dans ce cas précis, le propriétaire constatait justement une baisse importante des fréquences lorsque la température grimpait. Le scénario est donc cohérent avec un thermal throttling : au lieu de continuer à pousser la puce à pleine fréquence, la carte réduisait sa vitesse pour contenir la chaleur.

Le changement de pâte a immédiatement fait une différence

La solution choisie est assez classique chez les amateurs de hardware : démontage du refroidisseur, nettoyage de l’ancienne pâte puis application d’une pâte thermique neuve.

Le joueur a utilisé de l’Arctic MX-7, un produit conçu notamment pour les CPU et GPU. Il a également remplacé au passage une petite partie d’un pad thermique endommagé, ce qui constitue une nuance importante dans l’interprétation du résultat puisque l’opération n’était donc pas strictement limitée à la seule pâte thermique.

Après remontage, le hotspot est descendu d’environ 107 °C à 97-100 °C. Dix degrés peuvent sembler relativement modestes sur une fiche de température, mais cela a suffi, dans son cas, à permettre à la carte de maintenir des fréquences nettement plus élevées. Et les résultats obtenus dans les deux tests utilisés par le joueur sont assez impressionnants.

Dans Unigine Heaven 4.0, la RTX 2080 Ti passe d’environ 65 à 106 FPS, cela représente une progression d’environ 63 %, pas un doublement. Dans Wuthering Waves, le compteur passe de 25-30 FPS à 55-65 FPS, dans certaines scènes, le résultat approche donc effectivement les deux fois plus d’images par seconde.

La pâte thermique n’a pas rendu la RTX 2080 Ti deux fois plus puissante

La carte n’a pas soudainement découvert une puissance cachée qui n’existait pas. Elle récupère des performances qu’elle perdait déjà parce que son système de refroidissement ne lui permettait plus de fonctionner correctement. C’est assez différent d’un gain obtenu avec un overclocking ou une modification matérielle.

Imaginez une voiture dont le moteur se met en sécurité dès qu’il chauffe trop. Réparer le refroidissement ne rend pas le moteur plus puissant, cela lui permet simplement de fonctionner normalement. C’est à peu près ce qui semble s’être produit ici.

Et puisque la température est encore montée à 97-100 °C sur le hotspot après l’intervention, le problème n’était d’ailleurs pas complètement réglé. Ce résultat “spectaculaire” tient probablement au fait que la carte était auparavant très fortement limitée par la chaleur !

Il serait donc risqué de prendre cette expérience comme une recette universelle. Sur une carte graphique qui fonctionne à des températures normales, avec des fréquences stables et sans signe de throttling, remplacer la pâte thermique ne va évidemment pas lui offrir 30, 50 ou 100 % de performances supplémentaires.

Le repast devient surtout pertinent lorsqu’on observe une dégradation des températures ou des fréquences au fil du temps, en particulier sur une carte ancienne qui a beaucoup servi.

L’écart entre la température moyenne du GPU et le hotspot peut aussi constituer un indice intéressant, mais il n’existe pas de chiffre magique à partir duquel il faudrait impérativement démonter la carte. Les seuils dépendent du GPU, de son refroidissement et de sa conception.

Dans le cas de cette RTX 2080 Ti, l’association d’un hotspot très élevé, d’un important écart avec la température GPU et d’une perte de fréquence rendait l’intervention beaucoup plus facile à justifier.

Le joueur a aussi travaillé sur un pad thermique endommagé, et simplement démonter puis remonter le radiateur peut modifier la pression exercée sur la puce et la qualité du contact thermique. Impossible donc, avec ce seul retour, d’attribuer précisément les 41 FPS gagnés dans Heaven à la seule MX-7. Cela signifie simplement que l’état du système de refroidissement d’un GPU vieillissant peut avoir un impact énorme sur ses performances.

Faut-il repast sa carte graphique tous les trois ans ?

Il n’existe pas de calendrier universel imposant de remplacer la pâte thermique d’un GPU tous les deux ou trois ans.

Une carte peut très bien fonctionner pendant de nombreuses années avec sa pâte d’origine. Tant que les températures restent correctes, que les ventilateurs fonctionnent normalement et que les fréquences ne s’effondrent pas en charge, il n’y a aucune raison particulière de démonter une carte graphique juste parce qu’elle a pris quelques années.

À l’inverse, une carte qui devient anormalement chaude ou qui perd brutalement ses fréquences mérite d’être examinée avant d’être remplacée.

Le premier réflexe devrait donc être de mesurer avant de sortir le tournevis. GPU-Z, HWiNFO ou les outils fournis par le fabricant permettent de surveiller température, fréquence et comportement de la carte pendant un jeu ou un benchmark.

Une opération efficace, mais pas anodine

Remplacer la pâte thermique d’un GPU demande aussi davantage de précautions que sur un processeur, car la puce est directement exposée et le refroidisseur est souvent associé à différents pads thermiques pour la mémoire et les composants d’alimentation. Leur épaisseur et leur position ont leur importance, et un mauvais remontage peut dégrader le contact thermique au lieu de l’améliorer.

Sur une carte encore sous garantie, il faut également vérifier les conditions du fabricant avant de l’ouvrir. Pour une RTX 2080 Ti de huit ans, la situation est évidemment différente, mais même sur une vieille carte, mieux vaut prendre des mesures précises avant l’opération et ne pas se contenter d’un “elle chauffe donc je change la pâte”.

Cependant, le résultat de cette expérience reste intéressant : 65 à 106 FPS dans Heaven, jusqu’à 65 FPS dans Wuthering Waves après une intervention réalisée sur une carte graphique qui avait déjà huit ans !

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