Il y a des évolutions bien plus perceptibles que d’autres, comme la montée des eaux et le réchauffement climatique, par exemple. Les records de température tombent les uns après les autres depuis le milieu de l’année. La Terre a récemment connu le mois d’août le plus chaud depuis le début des relevés en 1940 avec une température moyenne de l’air à la surface atteignant 16,96 °C.
Un autre changement, totalement impossible à détecter, se joue aussi sous nos pieds. Des chercheurs ont constaté que le sol de nombreuses grandes villes du monde s’affaisse de plusieurs centimètres chaque année. Qu’en est-il dans les communes françaises les plus peuplées ?
Plusieurs grandes villes s’enfoncent de plusieurs cm par an, ce n’est pas le cas de Paris
Les chercheurs Shengli Tao et Xie Hu de l’université de Pékin ont publié une étude dans Nature Cities concernant l’affaissement du sol en milieu urbain, appelé la subsidence. Ce lent affaissement de la croûte terrestre est causé par une surcharge, les mouvements tectoniques et le pompage excessif des eaux souterraines.
Il s’agit de la première évaluation mondiale fondée sur une méthodologie cohérente. Les spécialistes, assistés par d’autres professionnels, ont utilisé des données radar à ouverture synthétique interférométriques satellitaires couvrant la période 2014-2023 afin d’établir des cartes à haute résolution de l’affaissement local relatif du sol pour 465 villes du monde entier comptant plus d’un million d’habitants.
La ville de Medan, en Indonésie, est celle dont le sol s’affaisse le plus rapidement sur Terre. Il descend à une vitesse médiane d’environ 33 mm par an. La deuxième position revient à Bandung, toujours en Indonésie (22 mm), Torreón au Mexique (17 mm) et Ispahan en Iran (11 mm). À Mexico, la médiane est seulement de 8 mm, mais certains quartiers s’affaissent d’environ 21,7 cm chaque année.
L’affaissement est le plus marqué en Asie du Sud-Est, en Asie centrale et occidentale ainsi qu’en Amérique du Nord. Il reste également important en Amérique du Sud, en Afrique et en Russie. Les régions du monde où le ralentissement de l’affaissement du sol est le plus net sont les villes d’Asie du Sud-Est et d’Asie de l’Est.
« Dans l’agglomération urbaine de Pékin-Tianjin-Hebei en Chine notamment, des projets de transfert d’eau à grande échelle, tels que le projet de transfert d’eau du sud vers le nord, ainsi qu’une gestion renforcée des eaux souterraines ont contribué à reconstituer les nappes phréatiques dans certaines zones, atténuant ainsi considérablement l’affaissement », explique Xie Hu.
La France reste épargnée par la subsidience. Paris, Lyon, Bordeaux et Marseille s’enfoncent de moins d’un millimètre par an. Même chose à Londres. Nos voisines Rome, Madrid, Barcelone et Berlin restent stables également. Vous pouvez consulter l’affaissement des 465 villes concernées par l’étude juste ici.