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Un nouveau record mondial effrayant : août 2026 devient le mois le plus chaud jamais enregistré

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Le mois qui vient de s’écouler vient de gagner sa place au sommets des archives climatiques mondiales. Un trophée empoisonné et honteux, qui vient de lui être délivré au terme d’une période estivale que nous n’oublierons pas de sitôt.

Les signes précurseurs ont commencé très tôt cette année : dès le mois de juin, une canicule aberrante frappait l’Hexagone, suivie de pics de températures toujours plus insupportables au mois de juillet. Selon les données publiées, hier, le 10 septembre par le service européen Copernicus, août vient tout juste de les rejoindre sur le podium. La température moyenne de l’air à la surface du globe a atteint 16,96 °C au cours du mois d’août, ce qui en fait le mois le plus chaud jamais mesuré depuis le début des relevés en 1940, à égalité statistique avec juillet 2023 et ses 16,95 °C. Une différence si infime que Copernicus considère les deux mois comme ex æquo.

La fièvre ne redescend plus et vraisemblablement, selon Météo-France, il y a de fortes chances que les mois de septembre et d’octobre soient « plus chaud[s] que les normales de saison », selon nos confrères de Presse-citronUne anomalie climatique qui a touché l’entièreté de la planète, comme l’explique Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT). « Cet été a vraiment été exceptionnel. Nous avons vu des records qui tenaient depuis près de 100 ans être battus, aux États-Unis en particulier », explique-t-elle.

Interrogée par l’AFP, elle a affirmé : « Les humains n’ont pas connu des températures aussi élevées qu’aujourd’hui depuis, selon toute vraisemblance, au moins 100 000 ans ». Estimation qui, s’il était encore nécessaire de le souligner, provient de décennies de publications dans les revues et rapports les plus rigoureux de la discipline (entre autres, Nature Geoscience, rapports du GIEC ou de l’OMM, archives isotopiques des forages EPICA et Vostok), un corpus qui n’a jamais été réfuté et face auquel les opinions partisanes n’ont rien à opposer.

Un cataclysme à ciel ouvert

Les effets les plus dévastateurs de la période estivale ont frappé l’Europe, qui, rappelons-le, se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Sa partie occidentale a été au cœur du brasier, avec des températures moyennes estivales (juin-août) qui ont atteint 21,69 °C, soit 2,54 °C au-dessus de la normale 1991-2020 selon Copernicus, confirmant sans le moindre doute que nos étés seront de plus en plus torrides.

Le 7 septembre, Météo-France a publié un bilan : une température moyenne de 24,0 °C sur l’ensemble de l’été, soit +3,6 °C par rapport aux normales, avec des maximales affichant un écart de +4,8 °C. Cinquante-trois jours à suffoquer sous d’intenses vagues de chaleur entre juin et août, un total inédit depuis le début des mesures en 1947, et 45 % du territoire métropolitain ayant dépassé les 40 °C au moins une fois.

Certaines villes, totalement étrangères à des températures si hautes, se sont retrouvées dans l’étuve : Nantes, Rennes ou Bourges ; Captieux, en Gironde, a culminé à 42,8 °C fin juillet, Tarbes a battu son record absolu à 40,2 °C. Le bilan humain, encore provisoire, est dramatique, puisqu’il dépasse les 7 300 décès excédentaires sur l’ensemble de l’été, dont près de 5 800 concentrés sur la seule canicule de fin juin, au cours de laquelle 72 départements avaient été placés en vigilance rouge. Une preuve irréfutable que la France n’est tout simplement pas prête à affronter des aléas de ce type.

Les océans, eux, continuent d’engranger une énergie excédentaire colossale : leur température de surface hors zones polaires a égalé en août le record absolu de mars 2024, à 21,07 °C, et les 24 et 25 août ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées pour les mers du globe.

La Méditerranée occidentale, la façade atlantique européenne et le Pacifique tropical ont tous été touchés par des vagues de chaleur marines qualifiées de sévères par Copernicus. Un réservoir thermique absorbant déjà plus de 90 % de l’énergie piégée par les gaz à effet de serre, qui finira tôt ou tard par être relargué dans l’atmosphère sous forme de chaleur.

On remet ça demain ?

El Niño étant de retour cette année, il a aggravé cette dynamique globale en déversant de l’énergie supplémentaire (sous forme de chaleur latente et sensible) dans l’atmosphère, amplifiant la puissance des canicules terrestres et l’inertie thermique des océans. Considéré comme l’un des épisodes les plus intenses, il n’a pas même atteint encore son pic, attendu entre novembre et février prochains.

Ajoutez à cela l’affaiblissement de l’AMOC, qui fait partie de l’un des 16 seuils critiques du scénario « Hothouse Earth », et nous vous laissons imaginer ce qui nous attend pour 2027, 2028 et la décennie à venir. Pour Andrew Dessler, climatologue à l’université Texas A&M, nous devons sortir de cette naïveté suicidaire. « Il est grand temps d’arrêter de faire les surpris en constatant que notre planète qui se réchauffe continue de se réchauffer. C’est exactement ce que les scientifiques avaient prédit, littéralement, il y a des décennies. Le vrai sujet n’est pas de savoir si l’on va pulvériser d’autres records (c’est une certitude), mais de décider si on bouge enfin le petit doigt ou si l’on regarde le train foncer droit sur nous sans broncher. »

Un discours qui a au moins le mérite d’être clair et qui devrait viser non pas nous autres, les petits citoyens abreuvés de leçons de moraline sur notre empreinte carbone, mais les industriels dont le modèle économique repose sur l’aggravation du problème. À commencer par ExxonMobil, Shell, Chevron et TotalEnergies, dont les émissions cumulées représentent à elles seules plus de CO2 que n’en produiront jamais l’ensemble des gestes éco-responsables de huit milliards d’êtres humains réunis. Des données qui paraissent complètement absurdes, mais elles sont pourtant bel et bien documentées dans Carbon Majors Report (CDP, 2017), la base de données mondiales impute aux cent plus grands producteurs fossiles 71 % des émissions industrielles mondiales depuis 1988. Quoi qu’il en soit, gardez bien en mémoire ces 16,96 °C, parce qu’ils ne tiendront pas longtemps. L’article que vous lisez en ce moment sera sans doute périmé dans un ou deux ans, mais nous serons toujours là pour vous en écrire un autre au ton similaire, mais avec des chiffres élevés. Rendez-vous dans un ou deux ans, peut-être même avant, le temps qu’El Niño ait fini de nous rouler dessus ; il y aura encore, malheureusement, matière à disserter.

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