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Robert Laffont va publier un premier roman écrit à l’IA

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Alors que l’industrie du livre se relève tout juste du scandale Goncourt, Robert Laffont annonce un roman né d’un premier jet généré par une machine.

En France, il y a eu un avant et un après rentrée littéraire 2026. Fin septembre, un compte anonyme accusait le lauréat du Prix Goncourt C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien publié chez Grasset, d’avoir été largement écrit par une machine. L’auteur a reconnu des plagiats dans des textes antérieurs et l’usage d’outils pour ses recherches, tout en niant qu’une seule phrase du livre ait été générée. Trop tard : son éditeur québécois Boréal a rompu avec lui, et le roman a été retiré de la sélection du Goncourt avant d’être écarté de la dernière liste du Renaudot. Depuis, c’est un vent de méfiance qui souffle sur le monde de l’édition.

Un premier jet signé Claude

C’est dans ce climat que Robert Laffont a choisi de prendre tout le monde à contre-pied. La maison publiera en février 2027 Les Touches fantômes, troisième roman de Sébastien Bailly. Sa particularité : le premier jet a été produit en grande partie par une IA, principalement Claude, le modèle d’Anthropic. L’auteur a ensuite retravaillé le manuscrit pendant de longs mois, à travers une trentaine de versions successives. Sébastien Bailly estime lui-même qu’il reste « entre 2 % et 20 % » du texte initial.

Pas question de cacher quoi que ce soit au lecteur : un texte introductif avertira dès l’ouverture du modus operandi, et une postface détaillera les conditions de création. Derrière ce projet qui promet déjà d’être particulièrement controversé, Laffont indique vouloir rappeler que sans un bon auteur derrière, l’IA ne produira jamais un bon texte.

Un livre écrit par une IA, jusqu’où ?

L’annonce prend d’autant plus de relief qu’en face, le groupe Madrigall a choisi la méthode inverse. À partir de janvier 2027, les manuscrits reçus par Gallimard, Flammarion, ainsi que les autres maisons de l’entreprise, passeront par un logiciel de détection d’IA. L’idée n’est pas nouvelle, tant elle a fait du bruit ces dernières semaines. Mais les faux positifs existent. Pangram comme les autres logiciels reposent sur des modèles statistiques, et leurs scores sont souvent approximatifs. L’Éducation nationale demande d’ailleurs à ses enseignants d’éviter ces outils, jugés trop peu fiables pour justifier de sanctionner un élève.

Reste le lecteur. Selon une enquête Ipsos bva pour le CESI publiée fin octobre, 69 % des Français estiment qu’un texte écrit par IA n’est pas de la vraie littérature, et 92 % veulent que son usage soit signalé sur la couverture. Robert Laffont coche la case de la transparence. Il faudra attendre février pour savoir si le public suivra, ou si Les Touches fantômes restera dans les annales du flop.

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