Passer au contenu

Heures creuses : 9,3 millions de foyers vont changer d’horaires, comment savoir si vous êtes concernés ?

3 min
0 commentaire
Partagez

La deuxième vague de la réforme a démarré chez EDF le 4 novembre. Le changement est automatique, ses pièges beaucoup moins.

Pendant des décennies, la règle était gravée dans le marbre des foyers français : on lance la machine à laver après 22h, on laisse le cumulus chauffer la nuit, et on économise quelques euros sur la facture mensuelle. Cette routine est en train de voler en éclats. Après une première vague discrète l’an dernier, c’est désormais le gros des consommateurs qui passent à la caisse, avec des millions de factures concernées d’ici fin 2027.

La réforme des heures creuses passe la seconde

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a décidé de revoir le placement des heures creuses, et c’est Enedis qui applique le changement à distance, via le compteur Linky. Une première phase, lancée en novembre 2025, a déjà concerné 1,7 million de clients jusqu’en juin 2026. La seconde, bien plus massive, touche 9,3 millions de clients supplémentaires. Enedis l’annonce entre décembre 2026 et octobre 2027, mais EDF a pris un peu d’avance : ses clients basculeront de façon échelonnée entre le 4 novembre 2026 et le 30 novembre 2027.

Au total, 11 millions de foyers verront leurs horaires bouger. Sur les quelque 14,5 millions d’abonnés en option heures pleines / heures creuses recensés début 2025, seuls 3,5 millions avaient déjà des plages conformes aux nouvelles règles.

La bonne nouvelle, c’est que le volume ne change pas. Chaque foyer conserve 8 heures creuses par jour. Ce qui change en revanche, c’est leur emplacement. La nuit garde au moins 5 heures creuses consécutives entre 23h et 7h, et les 3 heures restantes peuvent désormais glisser entre 11h et 17h. L’objectif affiché est de faire coïncider les heures creuses avec le pic de production solaire de la mi-journée, quand l’électricité abonde et ne coûte presque rien.

Comment savoir si vous êtes concernés

Premier réflexe : retrouver ses horaires actuels, indiqués sur la facture ou dans l’espace client du fournisseur. Si une partie de vos heures creuses tombe entre 7h et 11h, ou entre 17h et 23h, il y a de fortes chances que vous soyez concerné, au moins une partie de l’année. Dans le détail, les créneaux à libérer varient selon la saison : 7h-11h et 17h-21h en hiver, 7h-10h et 18h-23h en été.

Inutile en revanche d’appeler Enedis pour choisir son nouveau créneau. Les horaires ne se négocient pas, ils sont fixés en fonction des contraintes locales du réseau. Notez aussi que ce changement ne peut pas être refusé. C’est le fournisseur, et non Enedis, qui se chargera de vous prévenir, au moins un mois avant la date effective. Si vous ne recevez ni courrier ni mail, c’est que vos horaires restent ceux de votre contrat actuel, au moins pour l’instant. Attention cependant, plusieurs profils échappent à la réforme : les abonnés Tempo, les offres à heures « super creuses », les offres semaine / week-end, les offres indexées sur le prix de marché, ainsi que la Corse et l’outre-mer. Les clients professionnels, eux, passeront en dernier, au second semestre 2027.

Le vrai piège est là

Si le Linky s’adapte tout seul, ce n’est pas forcément le cas de vos appareils. Un ballon d’eau chaude relié au compteur par un contact suivra automatiquement les nouvelles plages. Celui qui est piloté par une simple horloge, en revanche, continuera de démarrer à l’ancienne heure, et risque de chauffer une partie de son eau au tarif plein. Attention donc à bien penser à mettre à jour vos appareils en conséquences, sous peine de devoir payer plein pot dans les prochains mois.

Articles sauvegardés